Retour � Photorock
Retour / Back

22 Pistepirkko Web Site
au
Le Grand Mix

Tourcoing, Le Grand Mix le 24 octobre 2002
English Translate at the bottom

La Finlande, c'est dans le grand nord ; ce nom ne signifie sans doute pas grand chose pour la plupart d'entre nous* en dehors d'Helsinky et des Trolls, sans oublier Odin et le père noël qui à coup sûr, à cet instant est en train de préparer son traîneau. Ce n'est pas lui qui nous a amené 22 PISTEPIRKKO, ces coccinelles sont assez grandes pour venir toutes seules fouler les planches du Grand Mix à Tourcoing recouvertes à cette occasion d’un tapis. Le chiffre 22 trompe, elles ne sont que trois, des mâles de surcroît. Un clavier où les boutons, ceux qui servent à jouer avec des sons bizarres et et des boîtes à rythmes, sont plus nombreux que les touches noires et blanches, une guitare, où plutôt un paquet de guitares pour un seul homme et un batteur qui s'amuse aussi à se promener en front de scène avec un micro faisant parfois office de chanteur, le lead vocal étant le guitariste. Voilà le décor est planté. 22 PISTEPIRKKO apparaît donc comme une formation réduite au minimum, ceci ne voulant pas dire que leur musique est minimaliste.

On y arrive à leur musique et malgré toute ma bonne foi, je n'arrive toujours pas à l'accrocher à un style ou un genre comme cela se fait dans les chroniques bien comme il faut. Le Net n’est pas d'un grand secours. On parle de pop alien , de délires arctiques, d'atmosphères étranges, de pop traficotée sans jamais en avoir une définition assez précise pour que l’esprit d’un auditeur même non néophyte, s’y retrouve.

Que dire alors si les professionnels de l’écriture se perdent dans les mots !

Tout d’abord, pas de doute, le cadre était à l’image du groupe. L’ambiance générale, le silence des spectateurs, les lights bleus, verts ou rouges saturés sans éclairage de façade ou presque, donnaient un côté un peu solennel, magique, mystérieux à une scène d’où ne se détachaient que des silhouettes à contre-lights, formes noires mouvantes qui accentuaient encore l’impression d’un irréel étourdissant. Ah que nous sommes loin de l'ultra réalisme pur et dur des peintres finnois du début du XXème s. La précision des traits, la finesse des sujets sont transcendées en figures vaporeuses par les guitares saturées et des bruits venus d’ailleurs, la froideur éclatantes des couleurs de l’arctique deviennent des halos vibrant aux rythmes des percussions et la gravité des sujets se fondent dans une pénombre d’où ne s’échappent que des voix.

Est ce de la pop alien ? de la pop psychédélique ? Le côté pop existe avec quelques ballades admirables à la guitare sèche, mais on penche plus du côté des promenades glaciales et psychés d’un Legendary Pink Dots que de celles sirupeuses d’un OASIS sucré de BLUR et autres groupes mielleux. 22 PISTEPIRKKO va au delà. Ils développent délicieusement ce que tentent de faire tant bien que mal des groupes dans l’air du temps comme ARCHIVE.

22 PISTEPIRKKO nous guide sans détours vers des mondes envoûtants et délicats, parfois angoissants ou menaçants, aux effets de surprises constants. Ils nous promènent dans une bulle musicale où l’auditeur est acteur, où le public devient artiste s’il ose se laisser aller. Comme un Modigliani, ce fils du soleil**, envoûté par ses femmes ouvertes, aux cheveux jais et aux yeux azurs insondables mais à l’âme inaccessible, on est ensorcelé par les ambiances de ces peintres des notes; leur palette de son, leur musique nous plongent dans des dimensions seulement limitées par notre imagination. Il est là, le rêve… Parfois, il devient réalité … au moins le temps d’un instant.

Frédéric Loridant
Octobre 2002

* : Et pourtant en moins d'un mois, c'est le second groupe que je vois venant de cette contrée -The Divisive au Centre Culturel Libertaire de Lille
** : En 4m sur 3m actuellement sur les panneaux pubs.


Set-List : She’s alone – D-Day – Truth – Don’t say I’m so evil – Texacoson – Quicksand – Movin’ along – Rally of love – Taxi 74 – This time – Blood stopper – Fire of love – Motorcycle man.




cliquer sur l'image - click on the pic










Et en première partie, AM60, qui fait dans une pop agréable où l'on entend parfois des relents de sons et de riffs très SEX PISTOLS expurgés de leur agressivité nihiliste !



info@photorock.com
Frédéric Loridant ©2002

english translate by SONJA WILLEMS

Finland, all the way up north; for the majority of us this doesn�t really signify a lot*, except the city of Helsinki and trolls, without forgetting Odin and Santa Claus, who surely at this very instant is preparing his sledge. It isn�t Santa who has brought us 22 PISTEPIRKKO, these ladybirds are certainly old enough to come all by themselves to trample the stage of the Grand Mix at Tourcoing, which has been covered by rugs just for the occasion. The number 22 is misleading as they are just the three of them and moreover, all male. A keyboard where the buttons, those that serve to play with bizarre sounds and rhythms, outnumber the black and white keys of the piano itself, a guitar, or rather a bunch of guitars for one man and a drummer who also enjoys to stand front stage with a microphone, the lead singer namely being the guitar player. Here you have the setting of the evening. 22 PISTEPIRKKO seemed to be a band reduced to its minimum, which doesn�t mean that their music is minimalist.

Now, more about their music, and in spite of all my good will, I still am not able to classify them under a certain style or genre, as is usually done and expected in the chronicles. The internet was of no help either. They talk of alien pop, arctic deliriums, outer space atmospheres, pop which has been messed up without having a precise definition in which the spirit of the audience, even the recent converted ones, can be recognized. What shall I say when even the professional writers lack words!

First of all, without any doubt, the setting matched the image of the group. The general ambiance, the silent audience, the saturated blue, green or red lights without almost any front illumination, gave the stage a solemn, magic and mysterious atmosphere, where black silhouettes even accentuated the feeling of a stunning unreality. How far we are drifted from the pure and austere ultra reality of the Finnish painters of the beginning of the 20th century. The precision of their lines, the subtlety of their themes is transcended by misty figures, saturated guitars and other outer space sounds, the dazzling coolness of the arctic colours become haloes vibrating to the rhythms of the percussion and the gravity of the individuals are held up in a twilight from where no more than voices elude.

Is this alien pop? Or psychedelic pop? Some admirable ballads played solely on guitar can certainly be called pop, but they rather tend towards icy and psychic walks like the Legendary Pink Dots , so unlike the mealy-mouthed OASIS songs, sugared with some BLUR or other smarmy groups. 22 PISTEPIRKKO goes way beyond. They deliciously develop what other groups like ARCHIVE have tried successfully or not. 22 PISTEPIRKKO guides us, without detour, towards enchanted and delicate worlds, sometimes frightening or threatening, caused by constant surprises. They lead us into a musical bubble where the audience becomes actor or artist when they dare to loosen up. Like a Modigliani, this son of the sun**, enchanted by overt women, with jet hair and unfathomable but soulless azure eyes, we are bewitched by the ambiance of these note painters, their music palette submerges us in dimensions which are only limited by our own imagination. It�s there, the dream� and sometimes it becomes real�or at least for a split of a second.

*and nonetheless in less than a month this is the second band from this part of the world that I have seen (The Divisive at the Centre Culturel Libertaire (Lille)
**at this moment 4 by 3 m on publicity boards

AM60 played the first part of the concert, an agreeable poppy sound, sometimes giving a hint to the sound and riffs of the SEX PISTOLS but without their nihilist aggressiveness.

info@photorock.com
Frédéric Loridant ©2002