69

Le Grand Mix - Tourcoing
le 30 juin 2004


69 année érotique ? Je l'ai déjà écrit pour le sextet 69 et je laissais plein de points d'interrogation faute de vérifier l'affirmation de GAINSBOURG. 69 chiffre sans queue ni tête, on pourrait y penser au premier abord quand on plonge direct, sans préliminaire, dans les méandres musicaux de 69. Et bien, en suivant ce deuxième concert, j'ai découvert ma propre réponse. Les 69 sont 6 : 2 basses, 2 batteries et 2 cuivres, une trompette et un saxo. En résumant à l'extrême, en formatant l'idée, je dirai que 69, c'est du MAGMA free rencontrant un KING CRIMSON tout aussi free. Le mélange est hardi et plein d'autres ingrédients viennent s'y fondre avec bonheur pour donner des morceaux allant du quart d'heure à 45 minutes. Finalement, le baroque ressenti la première fois se mêle avec une impression plus diffuse difficilement traduisible. Les 6 69 ont adoptée sur scène une disposition suggestive : les 2 basses sont au fond, forme l'ossature, le point de référence, le rocher auquel s'accrocher en cas de naufrage. Au centre, les 2 batteurs se font face, s'invectivent ou s'envoient des regards complices, c'est velouté tout en étant puissant, ils maintiennent sans forcer, sans casser. Et tout au dessus, au premier plan, se trouve le couple qui brille par ses cuivres ses entrelacs de notes bien chaudes ou à l'opposée, presque souffrantes... Bref on assiste à l'intimité d'un couple se connaissant bien, prét à toutes les extravagances, allant du 69 à la discussion métaphysique, le tout sur un matelas de grosses caisses, de cymbales et caisses claires, de baguettes et de broses à vaisselle. Limitant les excès, empêchant les débordements, cadrant matelas et couple, le solide sommier de basses cimentait l'ensemble. Après, je vous laisse imaginer ce qu'il s'est passé, mais sachez qu'un 69 sur un lit au Grand Mix, ce n'est pas banal. Avec en prime une ambiance plus qu'intimiste, un clair obscur digne d'un Quentin de la Tour, bonjour les photos... Le noir et blanc s'impose de lui même

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Frédéric Loridant
juin 2004

Frédéric Loridant ©2004