ECLAT
Festival CRESCENDO
Saint-Palais-sur-Mer
16 - 17 août 2001
(les images sont après le texte)
(pics after the text)
Voilà un plaisir rare et français qui plus est ! Je ne connaissais absolument pas ce groupe et c'est sur les ouïes dire, à savoir un rock tendance seventies (? !), que je me dirigeais (mollement) vers la scène ce premier soir du festival Crescendo, quittant à regret le buvette. Stupeur, dès le premier morceau, on sent qu'il y a quelque chose de nouveau, quelque chose de rarement entendu qui ne recopie pas servilement les ambiances des grands groupes de rock progressif, voire même pour certains, les notes ! Eclat est prog pour la structure même de ses morceaux et par ses sources d'inspiration variées allant de la musique populaire d'inspiration médiévale aux parties de guitares frisant avec le hard des "guitars heroes" ou Zappaiennes en passant par des climats jazzy, et même franchement jazz dans certains passages au piano.
"Séquoia" en est un bon exemple. La guitare se veut dès les premières mesures douce, légère voire lointaine. Les nappes de synthé la soutiennent, puis la batterie arrive de l’horizon. Peu à peu, tout s’accélère, le piano prend la relève, les cymbales tremblent, la basse se met en branle, l’ambiance devient jazzy. Le retour de la guitare dynamise plus encore l’ensemble et on repart vers de nouveaux climats plus musclés avec une basse en solo se surimposant à la guitare, tout s’enflamme, tout s’éclate avant l’apaisement... Retour aux sources...
Dans d'autres morceaux comme "Circus", "Runes"
ou "le chemin vers les Nornes" tirés des premiers albums, c'est le
grand prog français des années 70 et 80, celui qui avait une
dimension internationale avec Atoll, Ange ou Mona Lisa, que l'on redécouvre*.
Et l'ensemble est servi par d'excellents musiciens entre lesquels règne
une parfaite osmose. Chacun à sa place, aucun n'écrase l'autre
même si la guitare d'Alain Chiarozzo reste prépondérante.
Le duo basse (Bruno Ramousse) / batterie (Fabrice Di-Mondo) assure pleinement
sa mission en offrant une base solide, tout en finesse ou très musclée,
lourde à souhait, pour les envolées des claviers (Thierry Massé)
ou de la guitare ou des deux ensembles, tout en se permettant des fantaisies
nombreuses et variées.
Du grand art ! Plus que
Quidam ou les hongrois d'
After Crying et de Janos
Varga Project, Eclat propose un rock plein d'originalité et d'énergie
dans lequel les redites volontaire ou non ou les déjà entendus
quelque part semblent absents où sont bien cachés. Tout comme
Iconoclasta qui travaille dans des registres un peu similaires, Eclat
a été le moment fort de cette première soirée
du festival Crescendo. Et je suis loin d'être le seul à le penser.
* C'est d'ailleurs Christian Descamps
qui assure le chant dans le Circus d'origine (CD Eclat, vol 1 &
2) -
Eclat, 1 plateau de l'église,
F 13014 Marseille
Set List
1 : Ouverture - 2 : Le chemin vers
les Nornes - 3 : V.I.T.R.I.O.L. - 4 : Runes - 5 : Séquoia - 6 : Eternité
- 7 : La machine - 8 : Le cri de la terre - 9 : Tri-Un - 10 : Circus et Ekla
en rappel.