The DOMESTICS - GERALD

AEROFLOT - LaBO


Lille, La Malterie / nuit des Fignoss,
le 22 novembre 2003

Les soirées lilloises réservent de multiples surprises et ce samedi, les surprises furent pour photorock, de taille ! Et pourtant, à première vue les idées de sorties avaient de la peine à rivaliser avec la TV où sans doute Star Ac divertissait la France d'en Bas pendant que Raff and co réfléchissaient à comment développer la précarité. La Malterie m'ouvrait les bras avec un concert de The DOMESTICS et un truc sans doute a�rien d'AEROFLOT qui laissait présager peut-être des hôtesses de l'air, pensée machiste j'en conviens mais... Et pour couronner la soirée, j'avais prévu d'aller croquer LaBO dans le top of the top, dans la plus in des soirées, le gala de l'Ecole Nationale des Arts et M�tiers ! Au moins, là je savais à quoi m'en tenir.

20h30, le peu de monde présent à la Malterie s'agglutinait au bar autour duquel s'activaient The DOMESTICS. Peu à peu la salle s'anime, des ombres l'emplissent, les lumières s'éteignent, la cacophonie ambiante non mais le concert commence, amplis branchés à fond pour couvrir les caquetages. The DOMESTICS, je connaissais pour avoir vu leur premier concert au Biplan le 19 mars 2003. A l'époque, ils faisaient essentiellement dans des reprises bien rock et bien faites mais des reprises sans pour autant se définir comme un tribute band. Quelques compos encore fortement empreintes d'ambiances pêchues ici ou là laissaient cependant envisager un avenir plus personnel pour ce groupe. Et bien, bien m'en a pris de venir ce soir à la Malterie. Je ne m'imaginais pas que The DOMESTICS avaient acquis autant d'assurance et de personnalité depuis mars dernier. Faisant toujours dans un rock bien déjanté, ce trio, basse, guitare, batterie, alignent des morceaux tous plus musclés les uns que les autres, la basse batterie faisant mur de son dans lequel la guitare et la voix percent des ouvertures salvatrices. The DOMESTICS se sont visiblement affranchis des contraintes d'un rock plus consensuel pour aller fricoter avec des constructions plus hardies et surprenantes. Belle évolution, belle première surprise. La suite en allait révéler d'autres.

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Après une séance photo photos avec une BETE de SCENE, différents commentaires avec les copains sur l'évolution positive de The DOMESTICS, la scène s'anime. GERALD vient nous présenter ses dernières créations basées sur la merveilleuse électronique qui permet selon lui de rassembler tous les genres musicaux dans une mémoire, projet qui se défend si l'on suit à la lettre ceux qui disent que tout a déjà été fait ! Au milieu de deux claviers se faisant face à face en plus d'une guitare et d'une batterie, GERALD au look de capitaine (coeur de miel ou Sergent Pepper) annonça sur des rythmes endiablés l'arrivée d'AEROFLOT.

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Les synthés et autres machines électroniques à faire du bruit semblaient indiquer que l'on a affaire à une formation faisant dans l'electro mais la suite allait me prouver le contraire à moins qu'il ne s'agisse d'electro sous haute dose d'amphétamines ! Tout de suite, on sent qu'AEROFLOT ne fait pas dans la guimauve mais dans un rock musclé iconoclaste et déjanté. Les deux claviers s'éclatent complétement, les synthés explosent les sons pendant que des lignes de basse (électronique) vous tombent sur la tronche sans prévenir. Au chant et à la gratte, un virtuose des roulades surtout quand elles sont agréablement amorties par le tapis recouvrant la scène et par la danseuse qui anima une bonne partie du concert. La scène disparaissait, spectateurs et musiciens se mélangeaient, s'enlaçaient. Impossible de retranscrire ces ambiances décalées, décadentes (?), ces façons de vivre intensément la musique et les quelques images ne sont qu'un faible témoignage de ce qui a été vécu ! Et pourtant rien ne laissait présager un tel concert. Il faut dire que The DOMESTICS nous avait furieusement emmené dans des ambiances déjantées et AEROFLOT, ce groupe bordelais totalement inconnu qui ne possède même pas une démo, les a largement exploitées, développées les nourrissant de leur constructions apparemment instables mais si habilement agencées. AEROFL0T va sans doute au delà du rock and roll traditionnel et le triturant avec passion ce qui ne plaît pas à tout le monde, mais l'exploration de nouvelles voies est loin de me déplaire.

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0h00, aprés un retour fort remarqué de GERALD et de sa machine incroyable qui contient tout, la soirée s'achève, au moins à la Malterie. Certains vont traîner derrière un verre, d'autres derrière une clope. Moi, je m'empresse de rejoindre la haute, le gala des Arts et Métiers ! La classe en quelque sorte même avec un tee shirt à l'effigie des GIRLSCHOOL ! D'un concert l'autre ! Du déjà lu, mais copier Céline dans ces circonstances ne me déplaît pas.

A minuit quinze, ça bouchonne encore à l'entrée des Arts et Métiers. Des élégantes changent de pompes à l'entrée tandis que leur chevalier servant paient. Ce n'est pas vraiment mon monde mais cela m'amuse. Les fignoss en uniforme d'apparat accueillent tout ce beau monde et pour photorock, nul besoin de discuter, je suis cordialement inviter à me glisser dans le beau monde pour rejoindre LaBO. Mon look "normal" tranchait un peu sur les uniformes, les complet-vestons, les robes longues et la quincaillerie allant avec, mais sitôt rejoints les LaBOrantins, je retrouvais mes marques pouvant scruter tout ce beau monde, l'élite de demain, d'un oiil amusé. Succédant à des rocks (la danse), LaBO commença sous le regard curieux et interrogateur des danseurs visiblement déçus de me pas pouvoir continuer leurs passes. Côté lights, c'était limite ! LaBO baignait dans des lumières plus tendance "bal populaire" que concert ce qui m'apportait pas grand chose aux ambiances développées par le groupe, voire y nuisait. Mais assez vite, les plus remuants des Fignoss commencèrent sous les effets de l'alcool sans doute, à gigoter dans tous les coins et à certains moments, c'est l'ensemble du public qui se dandinait. Ce challenge, faire passer du LaBO dans une soirée très convenue, n'était pas facile à gagner (langage marketing mais...). Le rock y a ses droits mais pour le rock sortant des chemins battus, c'est bien plus délicat. Cependant LaBO s'est fort bien acquitté de cette mission. En outre cette soirée m'a conforté dans une opinion forgée au fil des années : ce n'est pas dans les endroits plus ou moins underground que l'on picole le plus, chez les Fignoss, c'était top ! Comme quoi !
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Fred Loridant
novembre 2003

Fred Loridant ©2003