Photorock


ANEKDOTEN

au
Spirit of 66
Verviers, le 11 juin 2003

N'étant pas marqué par ce concert
(sauf du tampon du Spirit sur la main droite), ce compte-rendu est directement tiré de notes griffonnées sur des fly d'URIAH HEEP et non d'une réflexion réfléchie et mûrie le temps du développement des diapos. Il va sans doute aller à l'encontre de certaines opinions que je respecte tout à fait, mais,
je n'ai pas été marqué par ce concert.

Des louanges presque dithyrambiques traînaient depuis quelques temps sur le web à propos de ce groupe suédois qui se produisait pour la troisième fois en Belgique après un passage au festival d'Orthez le week-end précédent. Bonne note, c'est DRUMPLAY , ou plutôt leur musique couleur du monde qui nous accueille. Le Spirit est relativement plein, on y est venu presque en famille voir ANEKDOTEN , ces prodiges de la scène prog actuelle. D'eux, je ne connaissais qu'un album, From Within, assez noir et lent, agréable sans plus n'étant pas fan des ambiances ténébreuses de peur de me perdre sans doute.

Pas de première partie, on entre directement dans le sujet et je me fraye un chemin pour gagner la scène où du monde se presse. Dès les premières mesures, le public s'emballe sur les nombreuses vagues distillées par Anne Sofi avec son mellotron.  Il est vrai que ce n'est pas tous les jours (sauf au moins pour un heureux quadragénaire) que l'on voit cette curieuse machine avec ses boutons en bakélite et son son si particulier. On plonge directement dans les années 73, dans les ambiances Watchers of the Sky (l'intro), époque où l'on explorait ses univers musicaux. Pas de doute, nos suédois savent manier le manche, la baguette et les touches, rien à redire. Musicalement, on est en plein dans du KING CRIMSON qui n'aurait pas évolué, un KC dont la croissance est restée bloquée à RED. C'est très bien fait mais j'aurais aimé plus de surprises, plus de créativité, plus d'invention. Le plus gênant est qu'ANEKDOTEN use mais surtout abuse du mellotron. Fini le relief, fini ces infimes instants où on a l'impression que le silence se fait permettant à la musique de repartir de plus belle. Les nappes dressées par cette machine recouvrent tout, occupent tout et occultent tout ; c'en est presque assourdissant, c'est étourdissant. Hypnotisé par à ces déferlantes, le public hochait la tête telle une poupée qui dit toujours oui, jamais non. Le gâtisme est proche et on ne peut rien faire ou presque. On est loin de la sauvagerie parfois salvatrice Vikings. Les ancêtres sont oubliés, gare à l'avenir, ANEKDOTEN risque de tomber dans l'anecdote (facile) tant les groupes de qualité se font nombreux et se pressent aux portes du Spirit.

Techniquement, c'est carré, c'est brillant comme de l'acier suédois, mais tout aussi froid et lisse. En parlant de RED, la claviériste tout comme le batteur, y sont restés toute la soirée dans le rouge. La présence scénique, ce plus qui transmet le surplus d'énergie entre le public et le groupe, fut 100% prog, à savoir des airs inspirés lors des solos (mais mention bien au bassiste qui parfois faisait corps avec son instrument). Puis un riff métal venu d'on ne sait où, vient rompre la régularité, donne du piment à une musique peu contrastée mais cela ne se rencontre qu'au détour d'un morceau ou deux.

Finalement, l'asthénie surgit, le seul remède étant d'observer le public prendre son plaisir avec ces plans déjà entendus dans sa jeunesse. ANEKDOTEN, cure de jouvence ou nostalgie ? Rappelons quand même que KING CRIMSON, le vrai, passe prochainement au festival de Dour et qu'en plus de la cure de jouvence, on risque fortement de s'enrichir et d'élargir sa vision de la musique ce qui n'est pas vraiment le cas ce soir. Après une heure trente de concert, on attendait encore l'originalité, un quelque chose qui différencie ANEKDOTEN d'un clone de qualité certes.

En rappel non prévu sur la set-list, preuve que le groupe a pris goût à jouer devant un auditoire tout acquis à sa cause (ou presque, je n'étais pas seul mais je tairais les noms), Easy Money ( j'avais parié pour 21th Century…), en version speedée mais qui montra vite les limites du guitariste notamment. Comme hommage à KING CRIMSON, j'ai entendu mieux et plus difficile à maîtriser, un certain GLOBALYS entre autre l' a fait, mais là c'est une autre histoire (où je gagne mon pari).

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Frédéric Loridant
juin 2003

Frédéric Loridant ©2003