OUTCAST

ANOREXIA NERVOSA


festival Alien,

Saint-André, le 28 janvier 2005


Il fait sombre à Saint André. Le festival Alien a commencé depuis déjà quelques heures et le public est bien chaud, le death métal des POSITIV'HATE et des brutaux OUTCAST ont bien excité les aficionados dont une bonne partie faisait dans le look corbeau ne connaissant qu'une couleur : le black ! Et ils ont du attendre la fin de la soirée pour prendre véritablement leur envol avec les black métalleux ANOREXIA NERVOSA qui bien campés sur leurs bottes Mad Max, ont offert à leurs dieux infernaux une bonne heure de métal zombie digne d'un remake d'un film de George A. Romero ou de Tarantino.

La salle est pleine et noire. POSITIV'HATE termine son set, ça pogote léger devant mais on sent la tension monter. OUTCAST et son death/trash métal la rend palpable. Malheureusement, OUTCAST est malmené non pas par le public qui en voulait, qui prenait son pied à secouer la tête, voire à l'exploser sur la scène face de leurs demi-dieux, mais par les lights récalcitrants passant du vert au noir total avec des passages sous néons ! A défaut d'alimenter les prises, le courant est bien passé entre un public demandeur et un OUTCAST qui avait beaucoup à offrir.

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a salle est de nouveau plongée dans le noir. Une musique pompeuse prélude à l'arrivée d'ANOREXIA NERVOSA. Et la machine démoniaque se met en route. Cinq ange noirs surgissent enfin. Futales moulants, bottes de sept lieues ferrées, visages maquillés et peints en blanc tranchant sur la noirceur des uniformes, les musicos en foutent plein la vue et visiblement ça plaît. Quelque part, ça me rappelle l'ange GABRIEL (le Peter, pas l'amant de la Marie) qui chantait en 69, Paint your face all white to show the peace inside*, depuis, Zombie ou la Nuit des Morts Vivants se sont glissés avec tout leur decorum dans la musique changeant radicalement le sens de la phrase de GABRIEL. Avec une mise en scène digne d'un série B des 80's, des accélérations vertigineuses entrecoupées de nappes d'orgues de messe un peu boostés, des grimaces et des cheveux l'oréal secoués dans tous les sens ajoutés à des fans connaissant par c½ur la discographie, voilà en quelques mots résumé le set des ANOREXIA NERVOSA. Musicalement, je n'ai pas tout compris restant assez peu réceptif à ces sons venus d'outre-tombe mais qui visiblement plaisent. Par contre, visuellement, ANOREXIA NERVOSA gagne en intérêt. Pour peu, on pourrait se croire au beau milieu d'une Nuit en Enfer, pogotant sous les attaques de quidams patibulaires qui, plus le concert avançait et le maquillage se putréfiait, ressemblaient à des morts vivants gavés de chair humaine. Pari gagné, les ANOREXIA NERVOSA sont au moins aussi laids que MICKAEL JACKSON mais infiniment plus intéressants dans leurs délires théatro-soniques.

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* : GENESIS, From genesis to revelation, Decca, 1969, - When the sour turns to sweet.


Frédéric Loridant
Janvier 2005

Frédéric Loridant ©2005