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et


au
Festival Musikampus

Arras, Université d'Artois
le 27 mars 2003.

Une rue déserte dans les faubourgs d'Arras, une signalisation presque déficiente mais des personnes sympas connaissant le quartier et un amphithéâtre caché dans l'Université d'Artois, voilà pour l'entrée en matière. Ce n'est pas courant, un festival de rock dans les murs de la maison du savoir. Et en plus les étudiants ont répondu présent, préférant sans nul doute les Marschall aux bachotages. Sur l'ensemble du festival, je n'ai eu l'occasion de ne voir que DEGADEZOO et KAOLIN. Dommage car KINO et d'autres avaient la veille inauguré la manifestation transformant les notes des profs en guitares électrique et les diapositives en light show conséquent pour un amphi.

Passant juste avant la tête d'affiche, KAOLIN, DEGADEZOO a présenté ce soir à un public collant parfaitement à leur musique, une bonne partie de leur nouvel album dont le lancement officiel interviendra bientôt. Une avant-avant première en quelque sorte. Depuis le concert du Rockline, ils ont sacrément mûri, Et enfin sortis de leur cave, parcourant les festivals comme Rock la Pop , ils s'affirment avec un son très rock sur des paroles engagées, se ruant dans les brèches ouvertes par leurs aînés comme les KINO, MAUVAISES LANGUES (pour citer les régionaux) et autres groupes de la nouvelle scène chanson-rock française. Se définissant comme un groupe « à chanson politique », la peste brune, Le Pen et consorts sont des cibles privilégiées (au moins 2 titres) mais ont cette saveur de déjà goûté et n'atteignent pas le slogan BXN inégalé jusqu'ici : La Jeunesse emmerde le front national ! Le problème n'est-il pas dans un désintéressement de la jeunesse pour la société et sa conduite ? A l'opposé, la chanson sur Lille ou plutôt sa visite en musique et en images laisse présager le meilleur ! Résultat de ce show, des étudiants debout sur les sièges de l'amphi, un ampli explosé, de beaux passages au sax, un chanteur guitariste ne tenant pas en place, un bassiste se plaisant dans des titres exotique non prévus a capella et moins austère et un batteur peu expansif dans l'allure mais pas dans le jeu ! Au contraire ! Ils ont sans nul doute des atouts pour réussir dans le créneau finalement assez étroit de la chanson rock qui a tendance, mode du moment, à se muscler de plus en plus. Ce qui n'est pas pour me déplaire.

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Vingt minutes plus tard, les musclés avec KAOLIN qui balancent toujours ses riffs dévastateurs sur des passages très chanson française, montent sur l'estrade. Comme alchimiste, KAOLIN se pose en expert. D'un métal puissant il passe habilement à des ballades presque pop et tout cela dans un même morceau. KAOLIN , c'est trois rikenbacker, une basse, deux six cordes, un chanteur (le bassiste) et un batteur qui donne la mesure, la démesure étant accaparée par d'excellents guitaristes inventifs dont les jeux se marient habilement. J'avais souvenir d'un chant un peu plus remuant au festival un Printemps en Hiver à Lens , mais visiblement, le bassiste/chanteur avait la voix un peu faiblarde, faute sans doutes aux sautes d'humeur d'un printemps jouant au chaud / froid. Malgré cela, KAOLIN a confirmé ma conclusion sur leur passage à Lens : « A l'incertitude et au doute des passages softs s'opposent la violence et la rage des montées en puissance qui frisent souvent la perte de contrôle, ces instants où le déjanté prend toute sa grandeur, où les valeurs traditionnelles deviennent archéologiques… ». Et ces pertes de contrôle dans Caraïbes nous emmènent dans des univers rappelant MAN et ses célèbres C'Mon ou Spunk Rock. Quel voyage ! Et tout cela à 30mm de Lille.

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Frédéric Loridant
mars 2003
fred@photorock.com
Frédéric Loridant ©2003