ASHTONES

The GRAFT - YELLOW EYES


la Rumeur

Lille, le 10 décembre 2004


Encore les ASHTONES ! Et c’est dans la cave de la Rumeur cette fois ci, dans l’antre même des BUNNIES, ces lapines plus proches de leur cousin entre-aperçu dans Monty Python Sacré Graal que de celui du clapier de ma voisine (vide d’ailleurs, mon chat a bouffé son lapin). The great rock and roll invasion a commencé. Les inquiétants The GRAFT qui flirtent avec les 80’s ont assuré la deuxième vague avant l'assaut final porté par les protégés de Mister Ming, les YELLOW EYES. Une vraie Nuit en Enfer.

Rock and Roll Zombie ! ASHTONES Horror Show, Phantom of the ASHTONES Paradise, Faster ASHTONES Pussy ou ASHTONES, Ultra ASHTONES et MEGA ASHTONES. Hormis ces trois derniers, faute de rondeur montgolfière, tous ces qualificatifs collent à ce concert d’ASHTONES comme l’immaculée conception à la vierge ou Thriller (ou les petits garçons) à MICHAEL J. L’ambiance, rares lights, des flashs à profusion, une pénombre difficile à pénétrer, remplie de formes mouvantes associées aux allures rageuses et troublantes du chanteur et de son alliée à la basse, nous entraînèrent dans un monde irréel (mais sans zombie, on les laisse à MICHAEL J.), celui où la musique s’immisce par toutes les pores de votre peau pour venir touiller vos tripes. Avec ASHTONES, on visite l’américanie, l'urbaine, celle des villes de Détroit à NYC. Complétant le couple chant/basse, les grattes étaient tenues par un Bob DYLAN du punk, Stetson country vissé sur la tête et un lead guitar américain aussi clean qu’efficace, balançant des soli d’hard rockeux, BLACKMORE-sque oserais-je (preuve qu’ASHTONES faisait bien dans le mort-vivant), et aux drums, des lunettes cachaient une machine à frapper qui à l’abri des regards avait comme unique compagne, une poupée grimaçante, ultime survivante du Bal des Vampires... qui lorgnait sur lui. Sa compère à cheval sur un ampli, surveillait les autres. Le décor planté, il ne restait plus à ASHTONES qu’à allumer la mèche et... tout a accéléré. On se serait cru dans Fast and Furious, la bêtise et le tunning en moins. Tout s’est joué à fond de cinq sans stop ni feu, ni mémé qui traverse. Seule une panne, un sur régime, une corde surchauffée bridant du même coup la lead gratte, vînt ralentir un bref instant un ASHTONES infernal. Et c’est monté avec une guitare 666 que le rock movie, une vraie Nuit en Enfer, prît toutes guitares hurlantes la direction du finish. Le rappel n’a calmé les aficionados. Tous beuglaient, tous voulaient encore vibrer et frissonner. Une seule solution s’offrait à eux : claquer 5€ dans leur second opus, Santa Rocka Rolla, où une wonder woman, une Deb surgonflée (?), surmontant le chanteur consentant, donne juste un avant goût 2D de la galette intérieure. Elle s'offre entièrement à vous sur Amianteprod.

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ASHTONES a planté le décor, le sombre est de rigueur et ce ne fut pas The GRAFT qui apporta des fleurs pour décorer la cave ou alors des roses noires. Margot à la voix ensorcelante et ses acolytes ont poursuivi les traces rouges oranges dessinés par ASHTONES. La chanteuse épaules découvertes, tatouages serpentiformes ou cubiste en avant, collait à son micro, se soudant toujours un peu plus à lui à force d’incantations. Derrière, Fred the devil crachant son venin par sa De Armond numérotée 666, un Bob DYLAN à casquette, le solide Olivier qui semblait avoir pris racine derrière sa batterie et Crams le guerrier faisant place nette à grand coups de basse, formaient l’armée de la reine Margot, pas la malheureuse reine répudiée il y a quelques siècles, mais une souveraine haranguant, sûre d’elle et surtout dotée d’un organe vocal puissant et impérieux. The GRAFT annonce d’entrée la couleur. On passe d’une ambiance atmosphérique aux guitares aériennes à des rythmes souterrains bien tranchés sur lesquels la voix explose. Mélange de batcave, new wave et punk, la musique de The GRAFT surgit du sol, suinte des murs et a rempli la cave d'une Rumeur rock teinté d’un noir aussi soutenu que celui de la chevelure de la reine Margot.

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Le basculement vers l’irréversible, dans des ambiances salons intimes point de vue lumières, rock and roll décadent point du vue images du monde rock, fut l'œuvre au noir de YELLOW EYES. Avec ASHTONES et The GRAFT, les zombies nous guettaient... Raté pour ces bébêtes, nous avions encore de l’énergie mais sûr de notre force, on n’a pas pris garde aux Dalkoids... qui se sont pris un malin plaisir, à trois seulement, de nous achever. Trois accords et on s’est retrouvé dans Duel poursuivi par un truck type 35 tonnes crachant un hard rock ricain cracra tendance PRIMUS. Fini le monde des divinités chtoniennes, retour sur le bitume. Impossible de faire face. Impossible fuir. aussi La bête aux YELLOW EYES nous a écrasé, emmené avec elle dans sa folle cavalcade poussant même le vice à nous balancer deux ou trois rappels, juste pour faire crisser les pneus...

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Fin de la Nuit en Enfer, elle a duré quelques heures... Pas de morts-vivants, pas de vampires, simplement du rock and roll comblant largement notre manque quotidien de décibels et d’adrénaline. La packaging Amiante Prod a bien fonctionné. Trois groupes, trois étiquettes différentes, mais trois heures de plaisir intense, autant pour les oreilles et l’esprit que pour les yeux, les tripes et ailleurs...

Frédéric Loridant
Décembre 2004

Frédéric Loridant ©2004