ASHTONES

Le Balatum

Lille, le 19 septembre 2004

Le chanteur des ASHTONES est assis seul au fond de la cave, l'air un peu déçu du concert que le groupe venait de donner. Et pourtant... Tout a commencé par une nouvelle qui traînait depuis quelques temps déjà dans le monde des caves lilloises : le Balatum et sa catacombe culturelle était vendu ! Sursaut dans l'agonie, une série de concerts s'est programmée de façon un peu chaotique, les infos souvent contradictoires circulant au gré du vent... Et après les FOURMI DELTA, SICK LIVERS et les CO-TIZEUR, ce sont les ASHTONES qui participent ce dimanche soir, au chant du cygne. Et quel chant !

Tout commença comme à l'habitude, des sons venus du sous sol détachèrent les piliers du zinc pour les projeter dans la cave. Comme à l'habitude (sic), on ne sait pas vraiment si le concert est commencé ou si les balances s'éternisent... Un bon indice, si les bières sont arrivées jusque la scène ou plutôt l'espace qui tient lieu de scène, il y a de fortes chances que le concert débute. D'ailleurs, tous les membres du groupes tirent les dernières taffs de leur clopes. Un dernier réglage et on se retrouve dans un déluge de riffs avec Alive in Carcrash faisant vibrer chaque molécule du corps. Les heureux présents s'éclataient, se crashaient dans tous les sens à part quelques malheureux plaqués contre les murs. Impossible même d'accéder avec un plateau de bières vivifiantes dans cette ambiance torride sans laisser au passage 3, 4 demis qui s'explosèrent lamentablement sur la moquette rendant les pogos plus proches de la réalité originelle. Et ce ne fut qu'une suite de skuds, de tubes dont les refrains étaient repris à tue-tête, qui filèrent directement vers nous. La claque ! Et qu'il fut difficile de rester stoïque, chassant l'image rare, et bouger avec un canon à la main, les tripes serrées par des morceaux chocs puisant dans le meilleur du punk et du rock and roll, relève de l'exploit. On voyage à fond de 5 dans les mondes des STOOGES, RAMONES, AC/DC, du punk anglais, voire même les gratteux des inoubliables solos du hard seventies sans aucune pause. Et le chanteur, fruit étrange d'une rencontre entre Joey RAMONES et IGGY POP faisant corps avec son micro, tentait de se fondre dans les murs sans y parvenir ; sa rage vocale en était plus grande ! Il se collait au plafond comme un lézard pour ne pas dire un iguane ! Et en final, une première avec Déborah qui lâche sa basse pour le micro, pour se transformer en féline du chant en hommage à ce Balatum dont il ne restera bientôt que le souvenir du nom. Mais les ASHTONES restent et leurs âmes risquent de hanter longtemps les murs de cette cave.

Déçu de ce concert ? Impossible, ce fut trop fort ! Ce fut tout simplement un très grand moment de Rock and Roll qui résonne sûrement encore dans les cellules des veinards présents.

















Septembre 2004

Frédéric Loridant ©2004