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Festival ASTROPOLIS

Brest, 4-6 août 2005

Accès direct aux groupes -- direct access to the bands

HHM -- JUNIOR CONY -- HYDRA -- CELLULE X

BARBIROOZA -- ETHNOPAIRE

Kamouflage / BERURIER NOIR


Ambiances...




Le soleil d'août se fait rare à Lille, les concerts aussi. Finalement, tant mieux pour ceux qui triment, ils n'ont pas trop chaud et se couchent plus tôt. Mais, le manque s'installe vite et on est à l'affût des moindres infos... Un mail, un nom de festival techno renommé, Astropolis où apparaissaient les noms des activistes de l'écurie du FZM, initiales de Folklore de la Zone Mondiale, le label des BERURIER NOIR. Et à côté de HHN, HYDRA, CELLULE-X, ETHNOPAIRE, BARBIROOZA ou JUNIOR CONY, s'était glissé un KAMOUFLAGE. Le programme en parlait ainsi : "Boîtes à rythme et guitares frénétiques portent des paroles joyeuses et libertaires. KAMOUFLAGE renoue avec les années furieuses du punk". Ca sentait fortement des BxN camouflés. Un coup de téléphone, une idée folle et me voilà à 6h30 du mat le samedi 6 août assis dans une bagnole. Direction Brest, En route pour Astropolis.

Huit heures après et 763,8 km plus tard, me voilà dans la place. Récupération des pass, sieste régénératrice pendant les balances et réveil surprise par un concert impromptu de Laurent des Bérus, papotages divers et petits (et grands) pipis, voilà le programme de l'après midi. Astropolis s'active, les tentes-stage s'animent et HHN démarre la soirée FZM/Mekanik (scène hardcore techno). C'est un riot girl. Quatre musiciennes en chemises de nuit satinées voulaient faire croire grâce à des artifices grossiers qu'elles étaient des anges (mais il n'y avaient pas de plume sur les ailes) ! Avec en guest star, une jeune fille dansant gentiment aux bruissements des 4 anges. Anges ? Démones plutôt car les HHN ne font pas dans la dentelle même si elles l'apprécient, elles tape plutôt dans une version personnelle et féminine du son RAMONES bien crade. Ce n'est pas pour les petites filles. Belle entrée en matière. Je les verrais bien avec des BAM [dtg] ou des HARA KIRI pour venir secouer les manches (de grattes) dans une cave à keupons.

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Pas d'attente, JUNIOR CONY arriva, en plein jour, sous le soleil devant un parterre qui le temps d'un concert avait déjà bien étanché sa soif, et secoua les crêtes avec sa techno où en guest (décidément), Naïma la chanteuse du groupe dub DUBIANS est venue partager le temps d'une chanson sa voix langoureuse. Beau et surprenant.

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Pas d'interlude. A peine JUNIOR CONY parti, HYDRA occupe la scène avec son rap engagé à guitare et ses sons emprunts de chaleur méditerranéenne et de touches tziganes à la gratte. Curieuse et intéressante cette dérive vers les musiques du monde d'un genre qui prouve sa vitalité en jouant aux explorateurs.

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Le rap folklorique de la zone mondiale d'HYDRA laissa place à CELLULE-X, groupe de rap alternatif qui à la différence d'HYDRA, fait dans du boosté fricotant sans cesse avec le néo-métal tendance hardcore. Deux chanteurs puissants, un gratteux excité et deux seigneurs des platines et des ordi et un rap qui déménage autant musicalement que dans les textes ont fait trembler les crêtes encore dressées car quelques unes commençaient à pendre tristement, sans doute pour économiser leur énergie pour la nuit qui s'annonçait longue.

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A côté de la scène principale, sous les chapiteaux ou dans le manoir aux ruines romantiques, on s'agitait ferme sous les déferlements de techno, dance and so on quand ce n'était pas le dub de ZENZILE qui faisait planer une foule dense, très dense. Un coup d'oeil vers la scène principale permettait de voir qu'à ses abord, la masse devenait compacte. Beaucoup de keupons jeunes et vieux et c'est dans cette ambiance bien survoltée que le trio se lança dans son trip trip hop aux belles atmosphères déchirées par des guitares venues du bout de la galaxie. Difficile exercice pour BARBIROOZA que d'affronter un public qui n'attendait que les BxN Kamouflés et malgré l'absence du tulle qui isole habituellement le groupe du public, une Barbara toute en beauté dans une robe fourreau digne de l'Ange Bleu, tînt tête au public et le dompta sans difficulté, comme quoi les punks sont ouverts. Avec leurs belles ambiances habillées par des projections accrocheuses, BARBIROOZA prit plaisir à jouer ses nouvelles compositions et les keupons se sont visiblement pris au jeu et furent largement récompensés quand les rapeurs de CELLULE-X apportèrent leurs voix au projet sonique avant qu'un guitariste masqué vînt balancer des riffs furieux dans un déferlement sonore et visuel hallucinant.


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Ce fut une très habille transition avec le trio de space punk déjanté usant aussi du folklore de la zone mondiale, ETHNOPAIRE. On passait d'atmosphères déchirées à coups de gratte à des mondes où guitare, basse, boîtes à rythme et claviers puisent leur énergie dans les maelströms cosmiques. C'est drôlement efficace ce punk spatial pourtant venu de la France très profonde voire oubliée (comme quoi les astroports ne sont pas forcément urbain) et la masse humaine au pied de la scène qui s'était très fortement densifiée malgré le crachin brestois en invité surprise, faisait la danse des martiens.

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Après le déluge sonique d'ETHNOPAIRE, tout l'ensemble de l'esplanade était occupé. Et à l'arrivée de KAMOUFLAGE, groupuscule formé de François, Laurent et leurs acolytes, les BxN en personne, et d'ELIXIR qui transforment les Bérus en un BxN Circus, la foule s'est transformée en marée humaine, en tsunami dévastateur dès les premiers riffs si perso du Laurent ceux qui touillent les tripes. La suite ne se raconte pas, il faut la vivre. La scène était envahie de jongleurs, danseurs, acrobates, des baladins de toutes sortes venus dans un drôle de char, tuning à la Mad Max mais sans les armes. Ce fut un délire permanent malgré l'impossibilité due à l'entassement pour les keupons de pogoter joyeusement. Tout fut point d'orgue, de l'Enfant bleu à Salut à toi avec une pointe sonore lors de Porcherie où le beau slogan "La jeunesse emmerde le front national" a du retentir jusque dans les bars du port de Brest ! J'ai rarement vu une telle frénésie autant sur scène que dans la foule qui était scrutée en permanence par le responsable de la sécu béru, telle une figure de proue, repêchant les keupons en perdition. Logique, on était à Brest en pleine tempête... Toujours sur le front les BxN et leur présence est bien nécessaire en ces temps bien noirs. Je ne sais pas combien de rangos et de baskets foulaient la prairie, 10000 ? 15000 ? plus sans doute ? Mais tous ont vibré au son du folklore de la zone mondiale. Et pour la petite histoire et les éventuels septiques qui voient dans le retour des Bérus une opération commerciale, qu'ils sachent que ces mêmes Bérus ont acheté un bon paquet de places pour les filer gratos à l'entrée !

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La suite ? Divers voyages entre le bar et les scènes où la techno prolongeait le voyage. Rouge, bleu, vert, jaune... on en a vu de toutes les couleurs à Astropolis et la claque BxN y était sans doute pour beaucoup et c'est vers 7h00 que j'ai terminé la fête dans ma tente Quiès enfoncées jusqu'à la garde, la rave ne prenant fin qu'à 8h00. Huit heures de bagnole m'attendaient mais bon j'ai vu le mont Saint Michel après avoir été citoyen un instant trop bref de la Zone Mondiale.

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Août 2005

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