KINO - O.S.N.I. - LaBO - The DOMESTICS - SHEETAH et les WEISSMULLER

fête de la musique,
le 20 & 21 juin 2004


Lille grouillait de monde ce 21 juin. Des échoppes avaient envahi les rues donnant un air de braderie à cette nième fête de la musique qui au fil des ans s'impose voire s'institutionnalise. Des groupes étaient installés un peu partout à même le sol ou sur des podiums, les troquets dégueulaient des décibels et la bière coulait à flot malgré une interdiction de vente dans la rue. Le résultat ? Des monceaux de détritus, des milliers de gens déambulant dans les rues et des tas de groupes de toutes pointures dont il est impossible de faire la liste. La musique et plus particulièrement le rock, avait conquis la rue. Pour Photorock, la soirée était assez simple. Un vélo, un K-Way et direction le Balatum et la scène de la place de Béthune pour y croquer le passage des pointures lilloises que sont O.S.N.I., LaBO, The DOMESTICS et SHEETAH et les WEISSMULLER, des vieilles connaissances.

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La fête à Jack avait en fait commencé la veille dans le parc Yourcenar au Mont Noir, terrain idéal pour lâcher mes 3 lascars, parc où en plus d'une fête des écrivains, se produisait Jef KINO, le singer lillois qui monte, qui monte… Le Mont Noir n'est pas Lille et la salle se réduisait à une tente, des chaises de jardin, des néons bien blanc et des calicots portant les logos des organisateurs, d'ailleurs un lille2004 ( pas un 2004LilleRock) officiel se devinait. Pour plus de confort, des men in black se promenaient dans le parc au cas où ! Néanmoins, KINO nous a offert un spectacle reléguant largement le décor dans les arcanes de l'oubli et su emmener les spectateurs dans ses aventures par delà les monts, les faisant chanter et partager ses émotions. Mais aucune comparaison avec son spectacle du Splendid où KINO avait transcendé sa musique.

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Après ce début en demi sourdine, place au vélo et à la traversée de Lille. Direction le Balatum, petit troquet à 3 niveaux, bondé autour du bar et au pied de la vaste scène de 3m sur 2 éclairée par une verrière et quelques spots. O.S.N.I. est annoncé à 19h00 ! Bien entendu, ils ont une bonne heure de retard, voire plus, mais une heure durant laquelle la Wendy et les autres s'en sont donnés à cœur joie devant mon zoom ! J'ai de quoi en faire chanter (juste) plus d'un ! Vingt heure trente les O.S.N.I. attaquent. L'UFO 6 2 que l'on attendait pas, gagne en expérience et des tubes se profilent dans les étoiles. Bien qu'à l'étroit, les 2 gratteux se sont explosés les soucoupes, cirant de leur cuir, le plancher préalablement aspergé de houblon. Se prenant pour Jimmy Page, un des Roswell, celui à la belle chevelure popisante et aux lunettes de soleil top mode, a plusieurs fois tenté de scier sa gratte avec un archet sans résultat probant en dehors des couinements de la fender souffrant sans doute le martyr ! Du côté des filles, pas de soucis, elles assurent, tricotant avec leurs baguettes et leurs doigts de fée, des Tapis Volants de Rythmes Non Identifiés sur lesquels les mâles pouvaient se prélasser. Pour le reste, les images parlent d'elles même, ce fut chaud.

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Retour sur cette putain de selle qui m'éclate les fesses ! Direction la place de Béthune en slalomant entre les quidams, les bourrés et les bagnoles folles de s'aventurer dans cette foule. LaBO venaient achever leur tournée de printemps sur la scène Rtldeux. Comme au Balatum, la scène Rtldeux avait du retard, les (r)assurants DEGADEZOO n'avaient pas encore quitté leur tribune. Le temps de bavasser et le l'expérience LaBO commence. Pas de chance, ils ont enchaîné problème de son sur problème de son mais malgré tout et surtout l'impossibilité de jouer certains morceaux phares comme Inverse, les LaBO ont visiblement gravi plusieurs échelons depuis la dernière fois que je les ai vus. Pour preuve, le parterre impressionnant de jeunes qui s'éclataient sur Sys Error 14, un message subliminal de Windows. Les LaBOrantins ont gagné en assurance, LaBOBruno, le gratteux se balance plus, LaBOFredK le bassiste, sautille peut-être moins tandis que LaBOOl tient bien sa place de lead vocal envoyant des œillades au groupies amassées devant et qui n'en pouvait plus. Le dernier LaBOFredH, celui des baguettes et des peaux tendues, était malheureusement caché dans le fond de la scène. Malgré les quelques problèmes, LaBO a parfaitement réussi à captiver et à conserver un auditoire pourtant badaud, en promenade, butinant ici ou là, se nourrissant d'impressions glanées et cela malgré la profusion de sons venus de la rue.

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La selle torturante m'attend. Il est 22h59. Dans une minute, logiquement, The DOMESTICS tentera de mettre le feu au Balatum. Damn ! c'est au moins à 10mm de souffrances fessières. Le temps d'enchaîner le biclou, de me glisser dans un Balatum bondé, d'atteindre par le côté, la scène et me voilà au pied des 3 DOMESTICS qui éclate l'auditoire à grands coups de riffs garages de 6 et 4 cordes, soutenus par les directs du droit du batteur survolté, confondant ring et batterie ! La scène s'embrase, les DOMESTICS attisent le feu en y jetant des grands seaux de décibels. Leur hardcore-métal-punk à tendance garage nourrit le public qui faute de pogoter car serré comme des sardines, balance du cul ou hurle pour tenter d'exciter de plus belle les DOMESTICS déjà bien allumés. Leur sauce piquante a pris sans coller le fond de la casserole malgré le feu intense. Romain frappait ses bidons plus fort que Maïté et mère Denis réunies, les gratteux touillaient la mixture sans relâche avec fougue et précision et nous, téléspectateurs mélomanes, applaudissions à tout rompre faute de pouvoir bouger. Toute cuisson a une fin mais impossible aux DOMESTICS de repartir, ils étaient cernés de toute part. Se voyant pris au piège, le bassiste tenta le tout pour le tout, plongeant dans les casseroles du batteur, explosant la cuisine, et devenant fou subitement tentant de copuler avec son ampli ! Mais le bêta avait oublié de baisser son froc… On a échappé au pire !

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La nuit s'avance et toujours autant de lumière au Balatum. La foule en veut encore. Les 6m² de la scène s'encombrent alors d'une ménagerie colorée, les SHEETAH et les WEISSMULLER. Transformée en jungle, la scène s'anime. Le chanteur au look hindou et au regard perçant attaque. Son apparition au milieu de cette faune exotique déclencha une vague de plaisir dans les groupies du premier rang non encore refroidies du passage des DOMESTICS. Reste que leur prestation de haute volée souffrit d'un entassement comparable à celui d'un élevage industriel de poulets. Trop peu de m² pour accueillir le zoo de Tarzan ou de SHEETAH, je ne sais plus ! Mais, la profusion, l'amoncellement de WEISSMULLER, les lumières rouge et jaune, le bleuté du flash, le décor et le mystère du fakir chanteur donnait un côté baroque à cet alcôve digne des fastes hollywoodiens. Parfois, on aurait juré voir un WEISSMULLER traverser l'espace accroché à une liane… Je veux le suivre, m'accroche à la liane et… Arrghh, je glisse, je tombe et me retrouve assis sur ma selle de vélo. Aie ! La chute est rude, le 21 juin, c'est fini, le 22 est déjà là.

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Frédéric Loridant
juin 2004

Frédéric Loridant ©2004