BAM dans ta GUEULE

TOXIC WASTE - O.S.N.I.


La RUMEUR

Lille, le 10 novembre 2004

C'est BAM dans ta GUEULE qui a donné la couleur de la soirée ou plutôt Gypsie Rose, la lead vocal ! Je ne sais pas si c'est Gypsie qui a déteint mais franchement, l'effet sweet baby était là, tout baignait dans le rose, l'ambiance, les gens, les murs. Et les TOXIC WASTE qui suivirent, bénéficièrent de ce envoûtement empreint de romantisme à la ARLEQUIN. Mais, peu à peu les vapeurs roses s'estompèrent laissant place à des déchets toxiques rouges crus dans lesquels une fois la nuit bien entamée, apparurent les O.S.N.I.

BAM dans ta GUEULE, c'est un court set, une basse bien ficelée avec une batterie qui suit jusqu'au bout, une chanteuse rose pouvant être rageuse armée d'une télécaster et un lead guitar au look plus proche des métalleux que des keupons. Car il s'agit bien de punk. Un punk aussi rose dans l'ambiance que rock dans la musique. Malgré deux soucis techniques, un pétage de plomb (sûr que c'est l'excès de rose) et une corde de basse qui a préféré se suicider, tout a baigné dans la ouate rose et les compos furent drôlement efficaces à tel point que je croyais à tord qu'il s'agissait pour certaines de reprises. On est loin de leur premiers pas à Férin où visiblement et auditivement, BAM dans ta GUEULE se cherchait. Bref, BAM mérite bien son «dans ta GUEULE» et ceux qui ne sont pas d'accord, réfléchissez, ça va faire mal ! Et BAM dans ta GUEULE.

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Les briscarts des TOXIC WASTE lancèrent leurs effluves rock français bien ficelé juste après la tornade rose et commencèrent leur set en baignant dedans, à se demander d'ailleurs, s'il n'y a pas des accointances privilégiées entre les deux groupes... Mais peu à peu leur rock and roll bien sanglant aux refrains qui tuent fit virer l'atmosphère au rouge boucherie avec des vagues relents de bleu et jaune. Et c'est dans ce jus sans aucun doute méphitique (merci Open Office) que le public baigna durant une bonne bonne quinzaine de morceaux plus le rappel. TOXIC WASTE n'a plus à prouver son côté «bête de scène» et même dans l'espace restreint de la cave de la Rumeur, ce fut épuisant de les suivre, le chanteur passant d'un côté à l'autre, allant titiller ses comparses qui n'avaient pourtant pas besoin de lui pour grimacer et gesticuler en prenant garde aux effets de manches ; quand ça s'emmêle... Faut trancher dans le vif leur rock and roll à la française bien rouge s'en chargeait avec plaisir. Et bam dans ma gueule !

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Après la curée toxique, place à des sons plus garage avec les O.S.N.I. qui n'arrêtent pas de traîner les planches ces temps ci ! Bravo au manager mais gaffe à ne pas affaiblir ces poulains tout empreints de Russ Meyer, de sons rock and roll roots et de psychobilly, avec en prime, des babies dolls qui, solides, donnent le tempo. Les effets des TOXIC WASTE et des effluves colorées de BAM dans ta GUEULE, ont sans doute eu une influence sur mes capacités à capter l'énergie, mais j'ai senti les O.S.N.I. moins déjantés ce soir. La bassiste semblait préoccupée et les deux gratteux fous furieux d'habitude, apparaissaient comme gênés dans leurs délires. Seule Noémie prenait des aises avec un plaisir évident derrière sa batterie. Il est vrai que son espace vital était vaste par rapport aux autres. Il ne faut surtout pas en conclure que ce fut moyen. Au contraire, leurs morceaux débridés arrachaient avec une facilité déconcertante les derniers voiles de rose, ne laissant que des soupçons de rouge. O.S.N.I. se donnait au grand jour, en lumière presque réelle et l'effet sonique non identifié était toujours là. Mais, ce soir, pas de final totalement explosé où les chanteuses se transforment en chattes, puis tigresses sous les coups d'archer et les tortures soniques des gratteux. Qu'est ce qu'on devient difficile...

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Frédéric Loridant
Novembre 2004

Frédéric Loridant ©2004