BARBIROOZA

la Ferme d'en-Haut

Villeneuve d'Ascq, le 4 décembre 2004


BARBIROOZA ! Ce nom sonne déjà depuis quelques années dans le monde musical sans que l'on arrive toujours à les saisir. Car BARBIROOZA en live a l'habitude de se fondre dans un monde d'image et de musique enivrant. Le groupe entretient l'art du camouflage, n'exposant au public que de fugitives silhouettes difficilement déchiffrables à travers la tulle et les séquences d'images s'entrechoquant et s'emmêlant avec la musique. Ce soir, les BARBIROOZA pour une fois ont déchiré le voile. Et le résultat sonique fut à la hauteur du plaisir visuel. La musique est toujours aussi envoûtante que Barbara au centre de la scène, focalisant tous les regards*, reste mystérieuse. Strange Doll...

Ce trio électro-trip-hop-guitaristique se compose de Barbara, chant, guitare et trompette, Eddy à la basse, la gratte et à l'ordinateur et DJ Ill, à l'unique platine source des scratchs qui viennent vous gratouiller les oreilles. BARBIROOZA a attaqué très fort avec un morceau de prime abord, peu accessible où la trompette se lance dans des envols acrobatiques ou planants sur fond de rythmes lancinants et hypnotiques. Quelle pari que de plonger un public bigarré en partie sorti d'un défilé des allumoirs et où les enfants ne sont pas rares, dans un bain de sons venus d'ailleurs où les scratchs flirtent (et plus) avec la trompette pendant que la basse installe un solide paysage permettant toutes les audaces. Ce fut un beau moment que d'entendre cette musique nouvelle pour un bon nombre et voir les enfants bouger les yeux grands ouverts sur ces compos inhabituelles, fait plaisir à voir et montre qu'ils ne sont pas uniquement sensibles aux sirops TF1esques qui abrutissent l'esprit même à très faibles doses. La suite fut plus abordable avec des titres phares comme Strange Dolls ou Consumed sans pour autant tomber dans la facilité, dans ces sons qui entrent par une oreille pour sortir pas l'autre sans laisser de trace. Car BARBIROOZA ne fait pas dans cette electro de fin de soirée bourgeoise, d'ambiance lounge comme tant d'autres. C'est un groupe de scène ne se limitant pas à plaquer des accords mais qui crée ses propres univers, chauds et colorés. Et dans la platine CD, leur galette est un bon moyen de fuir la morosité musicale ambiante... Même mon ampli Rotel a pris des couleurs. * : sans toutefois enlever tout mérite à ses comparses qui... timides peut-être, prenaient plaisir à jouer avec les ombres et les clair-obscurs...

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Décembre 2004

Frédéric Loridant ©2004