SHEETAH et les WEISSMULLER

The BELLRAYS


Le Grand Mix,
Tourcoing, le 5 avril 2004


Des singes sur la scène du Grand Mix ! Avec un fakir en plus. On flotte dans l'orientalisant ! Bas les masques, on vous a reconnu les SHEETAH et les WEISSMULLER même sans les Bunnies de la Malterie. Le twist rock and roll punk chimpanz-esque de SHEETAH et tarzan accroche d'entrée de jeu une salle un peu frileuse, faut dire que les giboulées de mars perdurent en avril et n'aident pas aux sorties nocturnes. Les reprises se succèdent cachant parfois un morceau original qui laisse présager le meilleur quand leur répertoire propre s'étoffera. On prend vite plaisir à se baigner dans les ambiances sixties, ces twists à la sauce piquante dont SHEETAH et les WEISSMULLER sait bien tirer parti autant sur la plan auditif que visuel même si on aurait aimé que les gratteux s'agitent plus et surtout une présence féminine, ces Bunnies dont ceux qui les ont vues en chair et en os, ont du mal à s'en remettre.

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SHEETAH et les WEISSMULLER n'étaient que les préliminaires, voilà les BELLRAYS, une black imposante tant au niveau de la taille la stature et la coiffure accompagnée de trois mauvais garçons, blancs, armés d'une batterie et de guitares. La chanteuse aurait plus sa place dans un groupe de soul music, les acolytes se rencontreraient volontiers dans un garage de Détroit ou une cave européenne que sous les strass et les paillettes. Les quatre musicos qui se partagent la scène relèvent presque d'un mariage impossible entre Motown et le rock garage, entre la chaleur des savanes et les routes californiennes (celles qui mènent à Détroit). Les BELLRAYS sont une fusion improbable, une copulation illogique mais pas contre nature qui donne de la voix au rock explosif teinté d'un arrière goût "The WHO" prononcé et ô combien plaisant et énergique. Certains voient l'union entre Aretha FRANKLIN, Janis JOPLIN ou Tina TURNER et les guitares hurlantes des mécaniciens de Détroit (pour y arriver, ils ont suivis les routes). Il y a de cela mais ce n'est pas tout. Lisa colle à la musique de ses congénères. On assiste à un défrichement musical qui sonne neuf, qui ne résonne pas déjà dans les oreilles comme cela est trop souvent le cas. Même si les influences musicales du groupe puisent allégrement dans les expériences issues des fonds des garages de Détroit, on a l'impression de flotter dans quelque chose d'inhabituel. Plutôt que de lorgner du côté des artistes de la Motown pour la voix, du rock punk pour les musicos, allons en Europe pour comprendre et regardons du côté des Pay-Bas. J'ose dire que les BELLRAYS sont au rock garage punk ce que furent les MOTHERS FINEST au hard rock.



Sur scène, ça pulse ; les riffs se mélangent aux rythmes précis et puissants imposés par le batteur ; Lisa tient parfaitement sa place, semble dominer dans son monde de mâles qui s'en donnent à cœur joie sous son regard bienveillant : le gratteux sort du plus profond de ses tripes chaque note, le bassiste s'éclate littéralement et la batteur prend même, parfois, la vedette avec des solos bien balancés, un peu trop d'ailleurs à mon goût, on n'est pas à un concert de hard- rock ! Le public était béat, assommé par ce rock and roll pur jus. Soit il trépignait sur place, soit il regardait avec des yeux ronds la chanteuse noire qui trop souvent, se détachait avec peine de la pénombre. Car l'ambiance lumineuse était plus proche de l'intimiste que l'explosion énergétique rock punk. A se demander si on ne devrait pas mettre un monnayeur pour avoir de la façade, un peu comme en Italie, lorsque que l'on doit mettre 1€ pour éclairer un tableau ! J'aurais bien mis une paire d'euros pour mieux m'approprier les BELLRAYS et sa puissante Lisa !

Frédéric Loridant
avril 2004

Frédéric Loridant ©2004