FLAT CAT - TROUBLE JUICE

ARSENE LUPUNK - René BINAME

Les VIEILLES SALOPES

BetizFest, Cambrai-L'Eclipse, le 21 mai 2005


Le péage passé, il ne reste que 5mm pour rejoindre l'Eclipse et son BétizFest qui a débuté il y a déjà quelques heures maintenant avec entre autres les TOXIC WASTE que bien entendu j'ai raté. Par contre le gendarme, il ne m'a pas loupé, lui... Contrôle d'alcootest fort heureusement négatif. Plus que quelques minutes et j'y serai. Vingt heures sonnent, je suis juste à l'heure pour voir les TROUBLE JUICE qui préludent à ARSENE LUPUNK, René BINAME et aux VIEILLES SALOPES ! Pas besoin de sortir de l'ENA pour deviner qu'avec ces lascars, on ne fait pas spécialement dans la légèreté bien que les filles, et pas n'importe lesquelles, ont affirmé haut et fort leur présence.

L'Eclipse a été reconfigurée. Seule une partie de la salle sert le concert, le reste est mangé et bu par le bar et divers stands. Cette disposition confère un côté intimiste, voire club lounge à l'ensemble et est accentué par des lumières diffuses et une toile de tente de cirque ( ?) multicolore sui recouvre le tout. Le grand cirque peut commencer. Mais sur les planches, ce n'est pas de la musique à cocktail branché qui surgit, mais le bon punk rock and roll des FLAT CAT qui terminent leur set quand j'arrive. L'ambiance n'est pas encore cyclonique mais quelques pogoteurs imbibés commencent à bouger compensant le flegme relatif des musicos, calme qui tranche avec leur zique.

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TROUBLE JUICE ! Il y a peut-être un rapport avec une bière bien chargée en dépôt mais c'est surtout le groupe où chante Mistiti, la combattante de choc des BxN. Une bassiste séduisante, un guitariste overdosé de hard et métal et un batteur qui impulse un train d'enfer viennent troubler un peu plus le jus. TROUBLE JUICE se revendique comme un groupe de reprises mais quelles reprises (voir la set-list) et quelle interprétation. Démarrant par Bliesckii, xxxxxx et se terminant dans les bras de Rosie, ces concentrés de rock and roll sont parfaitement digérés. Et mettre dessus une voix féminine donne une dimension nouvelle à ces morceaux d'anthologie qui sont à l'origine de notre éducation rock and roll. Dans la set list, le seul morceau perso, un skud bien ficelé dans un style plutôt métal que punk, annonce des lendemains qui chanteront ou riff-eront plutôt, j'en suis sûr. TROUBLE JUICE a réussi à convaincre le public dès la bonne surprise du chant féminin sur la guerre éclair des RAMONES, morceau test qui nous mit très vite au jus. Et très vite, comme grisés par un parfum capiteux, emmenés par Mistiti est ses acolytes, des pogoteurs street fighters locaux prirent la salle pour une arène bousculant par pur plaisir (!!!), ne respectant pas les autres sauf en de rares occasions mises aussitôt à profit.

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Les plus calmes purent réoccuper le salle sans trop de problème, les pogoteurs street fighters locaux étant au bar, pour assister à l'interlude ARSENE LUPUNK, ce trio à base d'instruments à cordes à gratter et contrebassine. Faisant dans la chanson punk unplugged, ARSENE LUPUNK fut pour beaucoup plus qu'un interlude, c'était véritablement un concert quasi privé digne des fêtes de copains dans un troquet aux fûts bien pleins.

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Les chansons d'ARSENE LUPUNK tombaient fort à propos pour annoncer un autre trio qui tient aujourd'hui presque du mythe : René BINAME. Coincé entre de la chanson punk contestataire et délicieusement irrespectueuse et le punk tout court, le trio ne marque pas vraiment sur le plan scénique en restant assez statique. Mais ce fut largement compensé par un déchaînement généralisé dans la salle avec entre autres nos pogoteurs street fighters locaux (moins quelques uns tombés dans les bras de la fée houblon).

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La longue prestation des René BINAME allait-elle achever le public ? Sauf exception, il en fallait plus et les VIEILLES SALOPES allaient vite se charger de re-vitaminer les plus faibles. L'arrivée du groupe sur scène avec sa chanteuse qui n'a rien d'une statue en dehors des formes canoniques harmonieuses. Très vite, sous les coups de vrilles de Sarah, les riffs de Bozo et la puissance rythmique du couple Seb / Alex, l'arène s'est transformée en un véritable champ de bataille laissant ici ou là quelques cadavres...


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Les VIEILLES SALOPES n'ont rien à voir avec un mauvais site porno, ni avec des femmes mûres d'expérience, mais font dans un punk rock and roll aux paroles parfois osées pour quelqu'un qui milite au Lion's club ou est abonné à l'église le dimanche. En trouver des gugus comme cela ce soir à L'Eclipse relevait de l'impossible. La zique et le show des VIEILLES SALOPES ont coulé comme du miel dans la vallée heureuse, excitant nos oreilles et nos neurones tout en accélérant la production de testostérones qui laissa une puissante odeur de fauve en rut planant dans la salle. Je suis certain que l'Ange Bleu qui focalisait souvent les regards et qui ne se gênait pas pour venir titiller le keupon jusque dans la salle, n'était pas étrangère à cette hystérie collective qui touchait autant les filles que les mâles ! Ah les VIEILLES SALOPES...C'est comme cela qu'on les aime...

Frédéric Loridant © mai 2005