FULL UP - INTOX POPULI

BLACK MARKET CRASH


la Rumeur

Lille, le 7 janvier 2005


Une tintamarre sortant des soupiraux ne pouvait pas manquer d'alerter le passant attardé. Soit il fuyait, soit il osait passer le barrage des jeunes skateurs à vans pour pénétrer dans La Rumeur où se tenait une réunion assez éclectique balayant du ska-punk au punk tout court en passant par le ska-core. Tout un programme ! Les fautifs de ce tumulte cuivré : FULL UP from Paris, INTOX POPULI from Lille et BLACK MARKET CRASH from Genève*.

Il ne faut aller chercher loin pour connaître les mentors de FULL UP. Rien que la vue du chanteur, Jokoko, on sent d'emblée que les GUERILLA POUBELLE ne sont pas loin, musicalement du moins. FULL UP, c'est une petite tribu en promenade avec cuivres, grattes, batterie et chanteur voulant à tout prix faire voir aux spectateurs qu'il y a un logo sous leurs semelles. Bien balancés les riffs ska s'amusaient avec les cuivres dont un trompettiste croisé génétiquement avec un pois sauteur rivalisait avec le Jokoko du micro. A certains moments, des FULL UP, il y en avait autant dans les airs que sur terre excécutant une sorte de danse en 3D sur des rythmes endiablés. C'était devenu du jump-ska-punk ! Quelques compos sont encore un peu fraîches mais la pêche est là et les idées aussi. Bon saut...

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INTOX POPULI s'est vite chargé de nous faire revenir à la terre ferme en nous balançant un ska core hardcore (j'insiste) gravitationnel. Les INTOX POPULI ne font pas dans le léger et tiennent plus des piliers de rugby qui des danseurs presque étoiles des FULL UP. Avec INTOX POPULI, c'est le ciel bas et lourd pesant comme un couvercle de Baudelaire qui nous tombe sur la gueule, c'est la chape de plomb dorée aux cuivres, c'est P=mG, On a eu droit à une vérification en réel de la théorie de Newton et sa loi n'est pas de l'INTOX, POPULI l'a montré.

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Le passant qui avait osé rentrer a eu droit à sa dose de ska matinée de punk ou de hardcore, les cuivres étaient là pour le rappeler et même les ROGER RAPEAU, ces figures du ska lillois, ont eu droit a un hommage. L'empreinte était manifeste et les amateurs du genre ont été servis. Avec BLACK MARKET CRASH, on tomba dans un autre style même si pour faire plaisir à quelques braillards, des riffs ska fusèrent une fois des Marshall. Finies les chaleurs cuivrées, place aux grattes acérées du punk et à ses rythmes rapides fleurtant parfois avec des sonorités reggae. On est dans le monde du old punk tendance actuelle, le hardcore n'étant jamais loin. Leur set n'a pas arrêter de se balader dans des sonorités connues, et tellement évidentes qu'il me fut impossible de rattacher leurs skeuds à des groupes ou des titres plus connus. BLACK MARKET CRASH a déchaîné en quelques morceaux des pogos assez impressionnants vu l'exiguïté du lieu allant même jusque des slams rasant le plafond ou à des corps à corps appuyés avec le chanteur. Le final ne fut que tumulte et braillements. BLACK MARKET CRASH ne put même pas quitter pénard ses instruments, le public réclama et certains firent presque barrage de leur corps. Leur courage dopé au houblon fut récompensé, les BLACK MARKET CRASH repartirent de plus belle pour un tour d'honneur bien mérité. Le passant survivant put alors quitter la cave, reprendre des forces au bar et se retrouver d'où il venait, dans la rue au milieu de braillards heureux.

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* L'anglais, c'est pour faire branché


Frédéric Loridant
Janvier 2005

Frédéric Loridant ©2005