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JIMI WAS GAIN - BLEWJOB

Lille,
Lavotec, le 18 décembre 2009

Rock and Roll et Omo, même combat ! Quoique je ne sois pas sûr que le rock and roll lave plus blanc que blanc vu la crasse sur les genoux du guitariste des BLEWJOB. La comparaison peut paraître un peu bizarre mais pas autant que le lieu où les BLEWJOB et JIMI WAS GAIN étaient venus laver leurs décibels jusqu'à en essorer les oreilles des blanchisseuses et des lavandiers présents dans le seul lavomatic de la rue d'Arras à Lille.

L'ambiance au Lavotec tire vers le blanc, pas celui de Monsieur Propre mais plutôt un blanc un peu blafard type CHU à rénover. Contre les murs s'alignent sagement des machines Primus, la gueule ouverte en attendant leur ration de fringues et de slips sales. Au milieu, une batterie sous la machine à jetons, 2 amplis, un micro et deux mecs qui s'agitent sous l'œil étonné d'un black qui plie sa couverture toute propre. Devant, un parterre où les jeunes filles, en nombre, avaient investi les lave-linges... La lessive, une histoire de filles ? Le rock and roll une histoire de mecs ? Propos hautement machistes car si c'est un fait que les JIMI WAS GAIN sont burnés, les filles les enviaient et ne s'occupaient absolument pas des machines Primus (je l'ai dit plus haut c'est un black qui lavait plus blanc). En tout cas, rien de Les Claypool dans le jeu des JIMI WAS GAIN. Ce duo percutant fait dans un excellent garage déjanté et estampillé rock and roll sixties poussant jusqu'aux STOOGES au point que les compos perso n'ont rien à envier à celles de leurs mentors. Pas de lavage, que de l'essorage. Il faut quand même préciser que le gratteux est un ex-MEATLES, groupe météore qui œuvrait dans le même registre avec un côté early WHO qui anglicisait le son ricain. Comme premier concert, les JIMI WAS GAIN ont placé la barre assez haut au point que la compile Nuggets n'arrête plus depuis de se faire lessiver par le laser de ma platine...

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JIMI WAS GAIN JIMI WAS GAIN JIMI WAS GAIN JIMI WAS GAIN


Les mères Denis du garage ont maintenant laissé place au BLEWJOB et à un public venu sans son linge sale. Pas de changement à la batterie, c'est le même, mais un gratteux, un bassiste et un chanteur qui impose, viennent se frotter aux machines. Leur poudre à lessive, des reprises de tubes disco, variétoches et autres hits qui ont pollué les ondes, en les massacrant à grands coups de gueule et de riffs. Une variante un peu glam des ZEUDISCOMOBILE, un plongeon dans un Horror Picture show in the lavomatic à la limite du bon goût. Il ne manquait que du DIVINE ! Le pouvoir de leur lessive est impressionnant. Sans doute dopés aux enzymes gloutons, les BLEWJOB n'ont pas peur de choquer, horrifiant ici ou là des jeunes filles peu habituées à côtoyer ou à se frotter à des freaks soniques... On croyait presque revivre la pub où un éphèbe retire son jeans devant des demi-madones pour le laver. Mais à défaut d'éphèbe, on a eu droit à Mister Big encore plus imposant au grand angle et pas de lavage de fringues en vue, d'ailleurs, ce n'étaient plus des fringues mais des loques que même les machines Primus n'auraient su leur rendre leur virginité. Quant aux demi-madones, certaines se sont cachées les yeux redoutant une nuit agitée pleine de cauchemars. On n'en est pas ressorti propre mais ce fut un grand moment de rock and roll bien décapant. Logique pour un lavomatic. Non ?

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Frédéric Loridant / Photorock.com 2009

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