BOLLOCK BROTHERS

la Nébuleuse 48

Lille, le 4 septembre 2004

Lille, 4 septembre 2004, 2 millions de personnes arpentent les rues, certains disent 4 millions sur le week end, 100km d'étalages de toutes sortes et des centaines de tonnes de moules. Bref, il faisait bon de se planquer, de se cacher de cette ronde infernale aspirante. Et pourtant... Une rencontre, une info, une courée tangente au flot continue de badaud compressé et me voilà dans le bain humain fleurant bon la sueur pourtenter de rejoindre le Lieu. La traversée fut ardue et c'est tard, trop tard que j'arrive à la Nébuleuse 48 qui s'est développée au fond du cour de Pologne qui nécessite d'emprunter un étroit couloir sombre. Le tuyau glissé dans mon oreille, était " Les BOLLOCK BROTHERS font un concert, le premier depuis 15 ans en France ". Le nom a eu vite fait de mettre en connexion la paire de neurones laissés valides par BOLLOCK BROTHERS la veille, a titillé ma curiosité, a vaincu ma haine des bains de foule. Et me voilà après moulte tribulations, au fond de la cour de la Pologne, au sein même de la nébuleuse 48 devant une tente de jardin dressée contre un mur sous laquelle un groupe dépareillé jouait The Faith Hailer d'ALEX HARVEY BAND ! Puis plus rien ! Trop tard, Jock MsDonald a rangé son micro, sa bassiste, posé sa basse, le gratteux tout droit sorti d'un film d'hells angels, a fait de même pendant que le batteur, rangeait ses baguettes. Shit ! Ma tentative de découvrir les BOLLOCK BROTHERS semblait vaine. Avoir traversé un vrai Styx humain et les rater, c'était jouer de malchance.

Fort heureusement mes libations au dieu du Rock, le seul, le vrai, ont joué en ma faveur. Les BOLLOCK BROTHERS sont revenus pour quelques morceaux, quelques perles offertes aux privilégiés présents. Les BOLLOCK BROTHERS appartiennent à ces groupes mythiques dont tout le monde a entendu parlé sans pour autant connaître... Comment expliquer l'inexplicable écrit un spectateur les ayant vu à Dour. Même sentiment, inclassable, irrévérencieux sans doute. Jock McDonald et ses BOLLOCK BROTHERS se sont plongés durant les eighties dans des reprises des SEX PISTOLS (pour leur côté punk), se sont acoquinés avec notre GAINSBOURG national avec un Harley David, son of the bitch mémorable et ont pondu des trucs débiles et déjantés inspirés de horreurs séries Z comme les CRAMPS, des prophéties de Nostradamus (alors à la mode) ou ont fait dans des trucs homos kitchs ! Ce que j'en ai vu m'a scotché sur les pavés. Imaginez un quinquagénaire alerte, un poil poivre et sel, oeil moqueur, accompagné d'une bassiste au look sage, d'un gratteux tout en cuir et tout en tatouages et d'un batteur look monsieur tout le monde. Musicalement, c'est bien envoyé. Jamais punk, jamais rock, jamais blues, c'est un peu de tout mélangé savamment. Ici on capte des sons nirvanesques avec un Jesus lived six years than Kurt Cobain, plus loin, c'est un harmonica qui se joint au groupe pour jammer en chœur. Impossible d'aller plus loin. Pareil pour les images, que tirer des deux spots et d'une scène bricolée, j'en connais qui n'aurait même pas dégainé. Et pourtant, ça valait le coup cette expérience intimiste perdue au milieu de 2 millions de zombies déambulant compressés, sourire aux lèvres, même si les images ne valent pas celles d'une scène digne de ce nom. L'exiguïté et l'absence presque totale de lights n'aident pas à la capture d'images, c'en est frustrant mais... Comment expliquer l'inexplicable( bis) ? Enfin, la venue des BOLLOCK BROTHERS à Lille n'est pas le fait du hasard, on la doit à Wolf et Nora, des potes à Jock, mais surtout les cap'tain de la Nébuleuse 48, nuée où il paraît bon de se perdre.











Septembre 2004

Frédéric Loridant ©2004