ASHTONES

BOSS MARTIANS


Urban Chaos

Lille, le 23 novembre 2004


São Paulo, 20h30, la nuit tombe déjà, des gens bizarres s'attroupaient à l'entrée d'un bar peu avenant au premier coup d'½il. Une fois rentré, dans la moiteur, la pénombre et les fumée entêtantes, on sentait la conspiration, la révolution. Dans un alcôve sombre, de drôles de personnages, les ASHTONES comme ils aiment se faire appeler, se pressaient autour d'appareils électriques aux lumières rouges ; non loin, des étrangers, des gringos ricains appartenant à la faction BOSS MARTIANS, semblaient comploter tandis qu'au bar, les verres se remplissaient d'un liquide non identifié avec certitude.

Groupuscule rock and rolliste, les ASHTONES interpellent visuellement. Ce collectif encore underground réunit 2 gratteux américains, un de Floride avec ses lunettes noires, un des états de l'ouest, transfuge de la country avec son chapeau de cow-boy à la NEIL YOUNG, un chanteur new-yorkais, une femme, belle lionne sortie tout droit de la jungle, armée d'une 4 cordes et un batteur tapi derrière ses toms, ses baguettes prêtes à frapper. Et pour frapper, ils frappent vite et fort, les ASHTONES. Bien sûr, on n'étions pas à São Paulo mais à Lille. Ce n'est pas un bouge peu reluisant mais l'Urban Chaos, haut lieu de la culture punk-rock au nord de Paris et on n'a pas affaire à des terroristes nihilistes ou intégristes mais à des agitateurs soniques dont le combat est de faire du ROCK and ROLL, du ROCK and ROLL et encore du ROCK and ROLL (avec des pauses bières quand même). Et ils y arrivent. A tel point qu'il est temps pour ces guérilleros de la musique de quitter la jungle des caves pour attaquer et s'emparer du vaste monde. Les balafres noires taggant les joues de Deb et d'Olive, les ray-ban du roi David, le chapeau de Jessy James de Francis , la rock and roll attitude instinctive de Gérard et leurs morceaux, des perles de valeur, sont leurs armes ! A eux de remporter ce juste combat !


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Face à ces francs-tireurs du rock and roll, BOSS MARTIANS, des américains venus de l'Américanie, pas la profonde, pas la conservatrice qui bush, mais des ricains venus de Seattle, la ville de HENDRIX et du grunge mais aussi celle de Boeing jusque 2001 et d'Amazon.com maintenant. Révolutionnaires ou iconoclastes, les BOSS MARTIANS ont amené sur la scène de l'Urban, des claviers dont un Hammond. Une grande première dans l'histoire de l'Urban. De mémoires de piliers, jamais un clavier n'avait passé la porte (mais leur souvenir est-il 100% fiable ?). Les BOSS MARTIANS n'ont rien d'aliens, ni de Roswell. Ils ont de bonnes tronches de ricains, le chanteur en est presque une caricature quand il fait des mimiques. Ils transmettent de leur américanie, non pas une rage urbaine à la STOOGES, RAMONES et autres maîtres du punk-rock and roll américain, mais le vent du large venu du hard rock seventies soutenu par les vagues d'hammond qui incitent aux sea-surf-sex and drugs avec un pointe de rage qui montrent que tous les américanidiens ne sont pas des b½ufs juste bon à sucer des mac do. Le rock and roll, ils connaissent encore. Quelque part c'est rassurant.

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Deux points noirs toutefois : le manque de monde et une sono capricieuse. Il est vrai que jouer un mardi soir nuit à notre ratio quotidienne de 3h22 de télé par jour dont un match de foot ! mais bon, il y a mercredi jeudi vendredi samedi dimanche et lundi pour se rattraper. En plus des mecs qui viennent d'Américanie et pas celle de l'Est, celle de l'ouest ! Et en plus avec les ASHTONES en première partie ! Pour la sono, c'est technique, un larsen fuse et c'est tout la chaîne qui s'emballe, le micro rend l'âme et ainsi de suite. Tout c'est passé comme si les ASHTONES avaient fait péter les plombs à cette sono qui n'en pouvait plus de régurgiter les décibels. Nos desperados en ont fait les frais surtout le chanteur dont le micro s'est parfois rebellait, les BOSS MARTIANS aussi. Dans la galère du rock and roll, tout le monde rame... Mais quand on aime on ne compte pas (les coups de rames).

Frédéric Loridant
Novembre 2004

Frédéric Loridant ©2004