Th'LEGENDARY SHAKE SHAKERS - NASVILLE PUSSY
ZEA - The EX - The BELL RAYS - 3-1

The BLIND BOYS of ALABAMA
BLACK BOMB A - APOCALYTICA - AqME

GOMM - LCD SOUND SYSTEM
MARIE-FRANCE - DIDIER SUPER


Mardi 19 avril

18h32 le train me dépose à Bourges. J'ai quelques heures devant moi avant d'attaquer. Et ce mardi, l'affiche du 22 Est/Ouest valait la peine de prendre une ou deux heures de repos... 22h30, la soirée commence avec les Th'LEGENDARY SHAKE SHAKERS, un groupe sorti de je ne sais où, tapant dans un rock and roll sans nitrates tendance psycho ! Doté d'un chanteur taille M voire S totalement déganté, les Th'LEGENDARY SHAKE SHAKERS mirent le feu au 22 Ouest faisant chauffer les murs du 22 Est contigu ; il n'en demandait pas tant les NASHVILLE PUSSY s'annonçaient...

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Mais avant, un petit tour vers ZEA déjà vus et appréciés au Grand Mix avec leur electro déjantée sur refrains popisants. Pas de souci pour eux, le public accroche de suite et ce concert trop court a confirmé mes impressions précédentes. Je ne regrette toujours pas l'achat de leur CD même si en live, ça dégage plus !

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Le quatuor infernal AC/DCien cracra arrive encadrée par deux pépés bon chic bon genre qui traînent plus volontiers avec Stéphane Bern que dans le milieu des graisseux ! J'ai appris par la suite qu'elles bossaient avec le dit Stéphane à C+ mais pas dans le journal du hard, ce qui aurait sans doute plu aux NASHVILLE. Mais bon, il/elles ont eu droit à leur bises. Deux mil cinq est l'année du changement, je ne parle pas du pape, cet antirockeur con-servateur fraîchement élu mais de l'arrivée d'une nouvelle bassiste dans les NASVILLE. Finis les cheveux longs et le petit ventre, place à une courte tignasse et à plus de rondeurs absolument pas déplaisantes. En dehors de ce changement et peut-être à un peu plus de retenue dans le concert lui même, les NASHVILLE PUSSY sont restés fidèles à eux même et il en a fallu des litres de bière pour éteindre le feu qu'ils ont foutu...

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Après ces déferlantes rock and roll "classiques" oserais je dire, place aux The EX et leurs délires punko-altermondialiste où l'on sent aussi bien des influences World que du punk bénéluxien digne des ex-TC-MATIC allant même jusqu'à KING CRIMSON. Ils sont incroyables les The EX. N'ayant surtout pas l'air de rockeur, ils nous emmènent dans leurs aventures où les guitares sont reines, discutent, se complètent, où le chant parfois haché devient un instrument à part entière et où la section rythmique brille par sa précision ouvrant la porte à toutes les audaces des compères. The EX, vous l'aurez compris, c'est une sorte de contrée inconnue demandant d'être explorée. Ce sont des univers musicaux complexes où pour un peu, on se perdrait avec plaisir si la fin du concert ne mous ramenait pas dans la salle. The EX au 22, ce fut...trop court.

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Le temps de passer dans l'autre salle et les BELLRAYS attaquent. Elle est superbe Lisa Kekaula, dominant la foule par sa présence et sa voix soul/funk sur fond de rock and roll à la MC5. Le mariage est bien réussi tout comme sa nouvelle coiffure... Après Th'LEGENDARY SHAKE SHAKERS et les NASVILLE PUSSY, le public très nombreux était devenu explosif. Impossible de s'approcher de la déesse noire, ses fidèles, trop remuants, formaient un véritable barrage.

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Raison de plus pour me glisser au 22 Ouest où les 3-1 s'installent. Passer d'un rock and roll bien concentré à de la techno punk trash peut paraître curieux mais les 3-1 méritent largement d'être vus et entendu. C'est devant une salle pas trop remplie que le concert commence. A côté, les BELLRAYS attisent toujours les flammes... Peu à peu, le public arrive et le show des 3-1 décolle avec l'arrivée entre autres des danseuses érotico-trash réchauffant sensiblement l'atmosphère. Leur zique est le fruit défendu d'une union entre des hommes machines et un set vivant. Outre les outrageuses danseuses (rendez vous compte, les 3-1, le jour de l'élection du pape), deux chanteurs prennent vie sur les rythmes hallucinés vrillés par des sons fausse gratte saturée enfantés par les hommes machines sur fond de vidéo acides. Bref, les 3-1 se savourent toujours, mais dommage, pas chamallows ce soir...

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Vendredi 22 avril

Suite des Découvertes Rock avant une plongée dans le monde du métal dans un palais d'Auron blindé tout en faisant un saut chez les gospellistes ricains de BLIND BOYS of ALABAMA qui sont tous ou presque aveugles comme leur nom l'indique.

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Mais la soirée ne commence vraiment qu'avec BLACK BOMB A (j'ai honte de dire que j'ai raté GOJIRA) qui ont tout simplement transformé la salle en un vaste abattoir où nos hardcoreux ont déclenché une véritable tuerie. Slams sur toute la longueur de la salle, pogo généralisé, ovations continues d'un public aux anges, les BLACK BOMB A ont confirmé largement leur place au sein des grands dans le milieu du métal français.

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Par contre la suite fut à l'image d'un soufflé dégonflé mais gonflant. Les premiers, APOCALYPTICA, des scandinaves efféminés mêlant leur tignasse lavée avec du L'oréal aux cordes de leur violoncelle, font dans du RONDO VENENZIANO pour métalleux sans grand intérêt avec comme cerise avariée sur la gâteau à salmonelles, un "Dans le hall du roi de la montagne". C'est Edward Grieg qu'on assassine.

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Le niveau s'est légèrement relevé avec AqME (excès de chauvinisme). On n'avait dit du bien de cette pointure du team Nowhere. Après les doux PLEYMO (vu au concert de l'Aéronef), les néo métalleux bien sages d'AqME délivrent un son bien léché destinés aux ados sans grande originalité et surtout sans la rage qui colle au rock and roll. Peut-être la fatigue, la maison de prod ? Mais en tout cas, ça marche et le public ado avait l'air d'apprécier. Sans doute que les BLACK BOMB A résonnaient encore dans leur tête ! Autant aller se reposer.

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Samedi 23 avril Dernière journée Découvertes et soirée pèlerinage. Un saut au concert de GOMM qui semble cartonner devant un palais d'Auron bien plein avant de retrouver la grande MARIE-FRANCE.

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Elle a eu la bonne idée d'aller planter ses talons aiguilles à la Soute, et voir en vrai cette égérie du punk mondain parisien des seventies/eighties (les Pacadis, Man½uvre et autres) chantée par BIJOU tenait presque d'une démarche religieuse empreinte de respect et solennité ! BIJOU avait raison. MARIE-FRANCE vaut largement une chanson. Bien entendu, on était loin de ses frasques devant les assemblées de keupons hurlant à la vue de ses attributs virils mais dans une ambiance cabaret intimiste. Une grande dame, MARIE-FRANCE. Je n'ai pas pu tout voir mais ses interprétations "chattes" des chansons de Jacques Duvall laissait envisager une suite très heureuse au concert...

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Le temps de passer deux minutes voir de la musique de boîte en Live avec les LCD SOUND SYSTEM...

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...et ayant satisfait ma curiosité, ayant réalisé mon pèlerinage, j'ai enfin pu quitter le Printemps de Bourges officiel pour aller traîner mes patogaz du côté de la friche l'Antre-Peaux, une sorte de squatt culturel plus ou moins officiel, un des côtés obscurs du festival de Bourges. J'allais y retrouver Didier SUPER et les SUPRÊMES DINDES pour une fin de soirée destroy ! Disons le tout de suite, le timing n'est pas au programme et les concerts ont une heure et demi de retard de sorte que je n'ai pas pu déguster le blanc des SUPRÊMES DINDES... Dommage ! La salle de l'Antre-Peaux se présentait parfaitement pour un concert de Didier SUPER, Ni trop grand, ni trop petite, elle gardait un côté intimiste accentué par des tapis recouvrant le sol et autorisait le contact verbal et physique entre l'artiste et le public. On s'est même payé le luxe de rallumer les néons !!! sans que l'ambiance ne tombe d'un cran. Et voir Didier SUPER en animateur style MJC devant un parterre de gens assis tous pavillons ouverts, reste un moment fort. Didier SUPER sonna le final de mon festival de Bourges. Moins de 48 heures après, ce sont les ASHTONES et PETER PAN SPEED ROCK qui m'attendaient mais à 650km de là.

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Frédéric Loridant ©2005