BURNING HEADS - ALIF SOUND SYSTEM

La cave aux Poètes
Roubaix le 14 avril 2004


Explosions de lumières à la cave au poètes ! Renaud a les mains libres ; c'est aussi l'anniversaire de Mademoiselle S. et coïncidence heureuse, BURNING HEADS accompagnés d'ALIF SOUND SYSTEM offraient un concert à la limite d'une jam digne des grands soirs de la Cave, dixième anniversaire de son existence oblige...

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Les têtes brûlées attaquent les premiers. Virage sur l'aile, la cible est en vue, les guitares crachent. Tchack tchak tchack.... BURNING HEADS est l'une de ces formations rock françaises souvent oubliées des médias mais dont tout le monde a entendu parlé, un peu comme CHARGE 69, X SYNDICATE et (pleins) autres combos souterrains. Les BURNING HEADS font mouche dès les premières salves ; on est dans un pur punk rock à la française ouvert sur d'autres monde comme le reggae un peu à l'image des CLASH. Et cette recherche de nouvelles couleurs à marier avec un punk rock bien puissant portent également les BURNING HEADS à s'acoquiner avec des tribus bien différentes en l'occurrence ce soir, ALIF SOUND SYSTEM dont le nom parle de lui-même. Après avoir déchaîné la salle, exténués par cette première heure de concert débordante d'énergie, voilà qu'ils sont rejoint par un DJ version platine, un DJ expérimentateur version ordinateur et un chanteur. Mélange des genres, hip-hop sur fond de guitares saturées, dub sur tempo punk, chant rap sur skeuds lancés à mach1 (soit au passage, bien mieux que les Corsairs de Papy B). La Reggae Party qui a vu des BURNING HEADS vert, jaune et noir sur les routes en 2001 laisse aujourd'hui place à un punk drum'n bass, électro hip-hop à deux chanteurs. Après la bonne heure de rock alternatif, l'arrivé du sound system intriguait, inquiétait peut-être certains irréductibles des trois accords...

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Beau mariage, les lumières fusaient, les chanteurs emballaient la salle en s'appuyant sur des rythmes qui tenaient plus du hip hop hardcore punk que que d'un sound system guitarisé comme on aurait pu le craindre. L'énergie est toujours là et les déferlantes continues secouent la salle dans tous les sens en se nourrissant du fluide vital des pogoteurs déchaînés. La musique ne finit plus, devient éternelle, les sons s'enivrent, explosent avec une lumière qui rougit la Cave ou la blanchit au gré des feeling de Renaud. Au diable les ambiances intimistes, BURNING HEADS / ALIF SOUND SYSTEM pètent la joie, faut que cela se voie !

Achevés par ces combats victorieux, les BURNING HEADS se retirent, du carburant les attend. Brusquement la scène paraît toute vide malgré la présence d'ALIF SOUND SYSTEM, à savoir le chanteur et ses 2 DJ's. Impression fugace seulement... Très vite, les vides laissés par le départ de BURNING HEADS s'emplissent de sonorités bien rythmées, puissante avec lesquelles jouent les paroles du chanteur qui comble l'espace en arpentant en long en large la scène. On comprend bien mieux les cause du mariage avec BURNING HEADS.



Les ALIF SOUND SYSTEM font dans un sound system hip-hop à la limite d'un hardcore redoutable, véritable terreau pour des guitares saturées qui d'ailleurs reviennent pour un final déjanté où tout le monde s'emmêlent, musiciens et pogoteurs, dans un grand brassage sonique infini. Dernier accord, dernier scratch, le DJ's tape "QUIT" sur son clavier, les machines s'arrêtent. Les amplis aussi. Cela faisait trois heures sans interruption que la Cave s'éclatait en lumière, ses murs s'en souviennent. Moi aussi.

Frédéric Loridant
avril 2004

Frédéric Loridant ©2004