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UNCOMMONMENFROMMARS - BURNING HEADS

La cave aux Poètes,
Roubaix, le 10 avril 2006



J'ai encore l'impression deux jours après d'être passé dans une lessiveuse. Dos, côtes, genoux en compote... juste un ensemble de courbatures me rappelant qu'à mon grand âge, il faut éviter certains sports virils et violents faute d'avoir de la peine à s'en remettre. Je peux vous assurer qu'il ne s'agit pas de foot, ne comprenant pas pourquoi on peut s'amuser à courir après un ballon pour lui donner un coup de pied, ni de la boxe ni de... mais de 4 h00 passées en compagnie des UNCOMMONMENFROMMARS et des BURNING HEADS à la Cave aux Poètes. Par contre eux, ils sont en pleine forme et foi de Pierre (pas l'apôtre, le singer des BURNING), ils passent leur journée à se prélasser dans un bus tour, dormant ou somnolant en attendant le concert du soir. Car les enfants terribles du rock and roll mélodico punk à tendance skate se sont embarqués dans le concept, un concert par jour pendant 50 jours et sans pause !

Comme pour le précédent concert des UNCOMMOMENFROMMARS au même endroit, une bonne partie du public venait des states park et certains avaient encore des autocollants anti CPE collés sur leur baggy mais, BURNING HEADS obligent, des esthètes plus âgés étaient aussi de la partie. Le concert était complet, la cave était pleine, la température atteignait déjà des sommets alors que rien n'avait commencé et des odeurs tenaces flottaient, des effluves chargées en phéromones... Allez comprendre pourquoi... Ce sont les UNCOMMONMENFROMMARS qui ouvrirent les hostilités et compte tenu des aficionados présents, ils n'ont pas eu besoin de plus de trois accords pour lancer la lessiveuse. Et pourtant, j'étais bien installé, calé au pied d'un micro contre un retour mais c'était sans compter les tremblements de terre, les assauts sauvages de la mer et les pluies de sueurs et postillons torrentielles. Les éléments étaient déchaînés. J'avais beau m'imaginer que j'étais un roc face à une mer en crise, et bien le roc, il faisait grise mine entre des UNCOMMENFROMMARS qui tentaient de prendre leur envol et de skateurs qui confondaient Cave aux Poètes, ollie et kickflip ! Ils ne doivent plus apprendre beaucoup de poésies à l'école ! Mais mon intérêt n'était pas à ce genre littéraire, je voulais en fait m'assurer que les hommes rares de Mars étaient bien des humains et non des martiens. Et bien, j'ai des images, des dédoublements bizarres qui tendent à prouver que l'invasion a bien commencé.... La guerre des mondes ??? La vision qu'en a Mel Gibson me semble après cette expérience vécue de l'intérieur, bien édulcorée... et au moins ce soir, des martiens comme eux, on aimerait bien en croiser tous les jours. Mais ils sont trop rares.

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Face à cette invasion, de bons humains venus de la vraie France, de la ville, Orléans, où Jeanne a changé le destin du monde : les BURNING HEADS et leurs guitares brandies comme des étendards. On ne pouvait pas mieux espérer comme défenseur des vraies valeurs ! Le choc des mondes ! Plutôt le choc des générations et ces vieux routards que sont les BURNING, ces zouaves qui confondent vacances et tournées, ont donné une sacrée leçon aux jeunes martiens qui peuplaient la salle. Moins exubérants sur scène que les petits hommes verts, les BURNING HEADS nous ont achevé à grand coup de claques soniques entraînant par la même, de puissants pogos incontrôlés, les blancs entre les morceaux étant d'ailleurs fortement contestés par le public qui refusaient tout arrêt. BURNING HAEDS à force d'enflammer les planches, est devenu une redoutable machine de concerts, "machine" dans le sens où la fatigue ne semble pas avoir de prise sur eux. Plutôt que de balancer des ollie-riffs comme les martiens, BURNING HEAD joue plus dans la puissance ménageant parfois des plages plus calmes s'essayant avec succès dans des dub-reggae envoûtants. Le concert ne voulait plus s'arrêter. Les voyants de température étaient d'un rouge qui incita les rares martiens a venir se frotter aux BURNING pour des morceaux d'anthologie entrecoupés par Matt de CARVING invité à pousser sa voix le temps d'un titre, un grand moment du concert frisant presque avec du space rock à la OZRIC TENTACLES et consorts plus reggae. La tension était à son comble, matérialisée dans une énergie communicatrice. Bilan de la soirée : si on avait branché un fil à chaque spectateur, on avait assez d'électricité pour la consommation d'une bonne partie de l'année de la cave aux Poètes, un paquet de courbatures, des images prouvant que les UNCOMMONMENFROMMARS ne sont pas humains, des sauts en tout genre, des litres de bières avalés, des litres de sueurs saturant l'atmosphère, une complémentarité incroyable entre les deux groupes et surtout pas de gagnant, plutôt que des gagnants, le niveau était trop haut encore une fois. Il ne restait plus au soir de cette invasion que 25 concerts de ce World War Tour aux UNCOMMONMENFROMMARS et aux BURNING HEAD pour se départager mais je doute que cela soit possible.

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Frédéric Loridant / Photorock - avril 2006

Mél / Mail : f.loridant@photorock.com

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