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JIMI BEN BAND - CAFETERIA DANCE FEVER
JIMI WAS GAIN


Lens,
L'Underground, le 17 octobre 2010

"Allo ! Salut c'est Fred, tu ne fais rien demain ? - Euh, suis malade, je ne sors plus... - Il y a un truc à Lens décoiffant, qui a fait fuir la moitié de la salle à la MDE jeudi... - Ah, ça devient intéressant... On y va quand ?" Et voilà comment j'ai débauché un pote qui au passage n'avait pas peur d'être décoiffé pour voir une nouvelle fois les CAFETERIA DANCE FEVER, ce quatuor de Portland qui n'avait tant remué le jeudi précédent. Je voulais savoir si ce que j'avais vu était vrai et si au passage, cela ne tenait pas du masochisme. Eh bien même si je n'ai pas été décoiffé (ce serait difficile à mon âge), je suis sûr maintenant que je ne suis pas maso et surtout les CAFETERIA DANCE FEVER ont largement confirmé mes premières impressions. Les accompagnant, les fidèles JIMI WAS GAIN, toujours aussi efficaces et les JIMI BEN BAND, trio garage dont le nom commence à circuler dans le coin. Et tout ça pour 3€ à Lens, à l'Underground, troquet concert ultra prometteur où le rock est aussi bien accueilli que les mecs avec une écharpe sang et or.

Ouverture des hostilités à 18h30 (plus tôt qu'au Pits) avec les JIMI BEN BAND. Les lights sont anémiques, seule une guirlande de fête foraine anime un peu. Mon pote était très réservé sur ce groupe, les ayant vu une fois et qualifiant leur zique de garage de ducasse. Le set commence plutôt bien, du garage bien nerveux avec un effort sur les voix peu courant. Un morceau, deux... Ah le 3ème pourrait faire penser à du garage de ducasse... mais non, les suivants sont tout aussi efficace que les premiers. Les JIMI BEN BAND au final sonnent plutôt bien, voix bien travaillées se répondant entre bassiste et guitariste, batterie efficace, un bon garage dans du tout ennuyeux n'obligeant pas à aller se réfugier ailleurs. Belle surprise donnée par ce groupe venu de nulle part.

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JIMI BEN BAND JIMI BEN BAND JIMI BEN BAND JIMI BEN BAND


Les Portlandais s'installent. Le public nombreux (à en faire pâlir d'envie certains troquets lillois surtout un dimanche juste après les vêpres) se pressent autour. Et la déflagration arrive. Les CAFETERIA DANCE FEVER n'ont pas peur de bousculer les genres. Pas de doute, ils font bien du garage, mais un garage se foutant des convenances, totalement déstructuré, carrément noise à en devenir parfois indécent. Le guitariste figé est toujours planté sur son balai, s'excuse d'avoir perdu sa voix mais le principal est qu'il n'a pas oublié de jouer et son jeu est à l'image du personnage, déstabilisant. La batteuse bat la mesure à cette apparente cacophonie, à ce rock devenu fou et les deux autres s'en donnent à cœur joie pour tout faire exploser (eux aussi d'ailleurs). Le malade qui était venu avec moi ne l'était subitement plus, ses neurones travaillant à toute vitesse pour accrocher les CAFETERIA DANCE FEVER à quelque chose de valide. Un nom lui est passé par la tête, les SWELL MAPS (des iconoclastes anglais météoritiques de la fin des seventies) et il avait vu juste, le gratteux les confirmant. Zut j'ai raté ça ! J'ajouterai à l'influence des bandes live des concerts destructeurs des SONICS par exemple (sans le sax bien sûr) et du The EX en les imaginant en version garage. Avec ce 2ème show tout aussi déroutant et explosif que le premier, j'entends maintenant le garage d'une autre oreille ! On n'est pas près de revoir ces irrespectueux de l'ordre sonique établi qui vont puiser aux sources mêmes du rock and roll en la passant à l'essoreuse et s'il passe une jour dans votre village (qui sait...), ne les ratez pas.

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CAFETERIA DANCE FEVER CAFETERIA DANCE FEVER CAFETERIA DANCE FEVER CAFETERIA DANCE FEVER



Le final revenait aux JIMI WAS GAIN. A force d'user ses pompes à franges dans les cafés concerts, l'Aurélien a pris de la bouteille (préalablement vidée). Ravitaillement en vol, frottements appuyés avec le public, slams. Le batteur n'était pas vraiment abandonné vu que son homologue féminine des CAFETERIA DANCE FEVER, l'Iphonait sous toutes les coutures (il va être célèbre à Portland à moins que ce ne soit pour sa collection personnelle). Malgré tout, il assurait sans problème pendant les frasques rock and roll du gratteux tout en faisant sécher ses tee-shirts sur sa batterie. Même impression que 2 jours avant, le duo gagne en puissance avec ses compos bien fluides pour ne pas dire liquides et bien nerveuses qui collent à la peau comme la sueur qui trempait mon tee-shirt. Il faut plus qu'un strigile pour s'en défaire ! Il ne leur reste plus que de faire quelques beaux cachets pour pouvoir aller foutre le feu à Portland car sûr que les CAFETERIA DANCE FEVER aimeraient bien voir ces fils de la ville Sang et Or secouer un peu La Cité des Roses.

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Frédéric Loridant / Photorock.com 2010

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