Photorock
Festival CAMARACUM

Cambrai - l'Eclipse, le 9 novembre 2003

cliquer sur le nom du groupe - click on the band's name

BOULBALA and the BOULETTE FAMILY - BLOOM - GUERILLA POUBELLE

FREYGOLO - LOS GUERILLEROS - MINIMUM SERIOUS




Quel lien entre Bavay et Cambrai, entre ces deux chefs lieux de la cité des Nerviens durant l'Antiquité, et le rock ? Tout simplement, le nom qui résonne "patrimoine" dans les deux cas, Bagacum (l'antique Bavay) ayant appelé son festival de septembre, le Pat' Rock (et pat pour patrimoine, pas pour patachon ou patatra) et l'autre, se nomme Camaracum, le nom de Cambrai à l'époque gallo-romaine (et non pas bétises -facile- ou Juventus -déjà pris-). Autre point commun de taille, tous deux se tournent vers les musiques actuelles dont le ska-punk ou le punk-ska et produits dérivés. Au Camaracum's festival (faire englishe, c'est mieux), il arrive en force pour la dernière soirée. Six groupes se sont enchaînés à partir de 16h45, BOULBALA and the BOULETTE FAMILY, BLOOM, la GUERILLA POUBELLE, FREYGOLO, LOS GUERILLEROS et MINIMUM SERIOUS. Vaste affiche sur la vaste scène de l'Eclipse mais il fallait caser du monde et ce n'est pas les FREYGOLO ou LOS GUERILLEROS qui s'en plaindront. Question organisation, pas de souci, c'était parfait. La buvette restait accessible, le stands de CD et autres étaient bien achalandés avec des raretés. Le son très audible et pas trop fort permettait d'éviter les quies qui gratouillent (à moins que je ne deviennent sourd) et seuls les lights pêchaient un peu par un côté parfois intimiste ne collant pas aux déluges de cuivre et aux rythmiques d'enfer. Le public, logiquement le principal intéressé, s'est fait assez discret, s'étiolant d'ailleurs au fil de la soirée aprés le passage des GUERILLA POUBELLE. Et pourtant Star Ac, ce n'est pas avant minuit/une heure, je le sais je l'ai vu en entrant !



BOULBALA and the BOULETTE FAMILY

Ouvrant le thé dansant de 17h00, les BOULBALA and the BOULETTE FAMILY ne sont pas une formation minimaliste, mais collent à l'image de leur nom à rallonge, c'est toute une famille venue faire du bruit à grands renforts de trombones et autres cuivres bien frottés. Ca astique sec du côté d'Hasebroucq ! Il font dans un ska punk tendance ska avec du festif en plus. On mixe avec les BOULBALA une sorte de globibulga casimirien de qualité et un est hôte, le trombone de ROGER RAPEAU, les observait avec plaisir sans perdre une image et un son Sans doute un espion qui venait de Lille é moins qu'il témoigne d'un label de qualité pour la boulette BOULGALA. La famille Boulette qui comprenait jusqu'ici celle d'Avesnes, s'agrandit maintenant de celle d'Hasebroucq. L'aventure me semble loin d'être finie.



BOULBALA and the BOULETTE FAMILY

Cliquer sur l'image

BOULBALA and the BOULETTE FAMILY


BLOOM

Après la foule, voilà que monte une formation minimaliste, BLOOM. Finis les cuivres brillants, place aux grattes, à la batterie et au ska punk tendance punk ! BLOOM vient de je ne sais où dans un triangle entre Lille et Cambrai et l'Alsace, plus spécialement de la brasserie Kronenbourg de Strasbourg. Il ne font pas dans la dentelle et si le ska s'entend encore dans certains rythmes caractéristiques, sans doute des réminiscences enfantines, le reste est franchement rock, punk rock ou punk tout court ! C'est tout bon même si les voix restent le point le plus faible, une belle punkette déchirée pourrait admirablement compléter leur musique et aider le gratteux à montrer son string ou plutôt, le sien (rêve macho que je déplore). Trêve de plaisanterie, ce trio explosif ne demande qu'à être débridé et à prendre de la bouteille (à prendre bien sûr au second degré) et leur premier album au titre éponyme, est une capsule séduisante qui protège sans doute un délicieux breuvage.



BLOOM

Cliquer sur l'image

BLOOM



GUERILLA POUBELLE

Le keupon étant bien lancé par BLOOM, ce fut un jeu d'enfant pour TILL MEUH et sa bande, à savoir les GUERILLA POUBELLE de prendre la suite. Ce trio (plus un) a prouvé depuis longtemps qu'il est rodé transformant les concerts merdiques en parties réussies ! Ce fut un peu le cas ce soir é Cambrai. Se prenant les pinceaux dans les notes et les accords, se mélangeant les paroles et surtout jouant sur un ampli dont le son accrochait, voire arrachait les oreilles de TILL, ses meuh meuh acrobatiques furent moins nombreux qu'à l'accoutumé. Pas de problème, le décoiffant décoiffé JOKOKO, le + 1 du trio, s'en est donné à coeur joie sur la vaste scène et le suivre au télé n'était pas de tout repos. GUERILLA POUBELLE a visiblement définitivement tourné la page des BETTERAVES, sans doute trop cuites et les nouvelles compos présentes sur un cd collector aux multiples pochettes (tiens cela me rappelle les BxN, comme quoi les GxP ont récolté et font perdurer un esprit loin d'avoir disparu) radicalisent la cuisson des BETTERAVES. Certains veinards ont en profité pour se procurer pour une somme ridicule, le double CD posthume des BETTERAVES, Vide-Ordure et Sabordage ; ce dernier excellentissisme "navet" est une véritable gourmandise dont il serait dommage (et dommageable) de se priver.



GUERILLA POUBELLE

Cliquer sur l'image

GUERILLA POUBELLE



FREYGOLO

Après cette superbe prestation, du pur jus de BETTERAVES, retour à un formation cuivrée. Cela brille tellement que l'on se croirait au Chili ou dans l'Eldorado ! FREYGOLO attaque très fort, ça punk-ise à fond, ça saute dans tout les coins, ça fait crisser les pneus, la scène fume ! Puis tout se calme ça ska-ise, et ça recommence. Punk - ska - punk - ska - p.... Grosso modo, la prestation a fonctionnée en binaire 0 1 1 0 0 1 etc... C'est surprenant et ça me dérange un peu ces oscillations continues. Et pourtant, dans les deux genres, ils assurent les FREYGOLO, ça passe tout seul et leurs arabesques scéniques scotchent les yeux sur la scène ; le tout est de choisir un camp pour les compos sous peine à ressembler à des constructions progressives à la YES ou la GENESIS (que je trouvent excellentes d'ailleurs) mais qui ne conviennent pas vraiment à du rock ska punk rock.



FREYGOLO

Cliquer sur l'image

FREYGOLO


LOS GUERILLEROS

L'attaque tendance ska se poursuit avec l'arrivée des LOS GUERILLEROS, groupe lillois que j'avais vu à Bavay au Pat Rock. Cette armée sud-américaine (plutôt que mexicaine) remplit allégrement la scène, il ne reste que peu d'espace vital pour leur premier fan, un VIP toutou à poil ras muni d'un pass acces. LOS GUERILLEROS est un chanteur déglingué, se contorsionnant dans tous les sens, exploitant son espace avec une gestuelle digne d'un raid-def à l'alcool de qualità sans doute (ou plutôt j'espère), accompagné d'excellents musiciens dont le jeu capte aussi l'attention. LOS GUERILLEROS malgré ses fortes personnalités, forme un tout sans que l'un prime sur l'autre sauf le VIP qui prenait ses aises au pied du gratteux. Musicalement, LOS GUERILLEROS tirent tout azimut et il parfois difficile de suivre cette profusion de genres. On passe d'un habillage reggaisant à des machins keupons puissants. En tous cas, des (pico)connaisseurs en sont ressortis enchantés et c'est un gage de qualité musicale. LOS GUERILLEROS prendront ils un jour le pouvoir ? la tête d'affiche ? c'est à souhaiter, ils valent tout autant que les produits formatés qui se succèdent depuis quelques temps dans les grandes salles de la métropole Lilloise.



LOS GUERILLEROS

Cliquer sur l'image

LOS GUERILLEROS



MINIMUM SERIOUS

La nuit s'avançait, l'heure de Star Ac approchait, il était temps que MINIMUM SERIOUS monte sur scène. Avec ces grenoblois, on revient à une formation minimaliste qui fait dans le rentre dedans. Après l'embuscade LOS GUERILLEROS, on fait dans une guerre totale. MINIMUM SERIOUS frappent très fort et donne dans un hardcore que quelqu'un dont je tairais le nom avait décrit comme mélodique (ouaf) ! Croyez vous que les Bush's bomb ont quelque chose de mélodique ? Par ci, par là, on sent la présence de leurs maîtres comme une intro à la Overkill.... Des lettres, ils en ont ces MINIMUM SERIOUS. Des c....... aussi car sur scène, ils n'arrêtent pas de bouger. Le batteur mêne la danse fendant l'air avec sa crête et gesticulant sans cesse du haut de sa batterie. Devant, les deux gratteux balaient la scène sans relâche et malgré leurs airs gentils, trompent ainsi allégrement les belles mères et autres biens pensants se fiant à leur bonne gueule. Des filous ces lascars ! Musicalement, ça dégomme, pas plage de repos, tout s'enchaîne sans blanc, pied au plancher. Les feux et les stops, ils ne connaissent pas et à chaque riff, les radars de Sarko grillent leur capteur.... C'est normal, ils ne sont pas sérieux ou un minimum alors (sortie de route facile...., j'en ai honte de toute façon, j'arrète, il est tard, faut que je rentre chez moi...



MINIMUM SERIOUS

Cliquer sur l'image

MINIMUM SERIOUS





Frédéric Loridant
novembre 2003
fred@photorock.com