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M26-7

CHEPA

Lille,
la Rumeur, le 27 janvier 2010

La scolastique gothique a mis en avant un fondement de la pensée occidentale : thèse, anti-thèse et synthèse. Souvenez vous de vos dissertations au lycée ! Et bien ce soir on a eu droit à un bel exemple de dialectique sonique. Comme on dirait en chti, CHEPA qui faisait la thèse ou l'anti-synthèse entre les M26-7 et CHEPA mais il est sûr que la synthèse, une mutation M26-7 / CHEPA a fait trembler les murs de la cave de la Rumeur... Un bœuf entre punks n'est pas toujours carotte et même si la sauce est brouillée, qu'est ce que c'est bon !

Tous les ingrédients pour une bonne introduction étaient là : des potes, une bonne bière et surprise Lara, l'ex-patronne de la Rumeur, redevenue patronne. On se sentait chez soi. Le temps de tailler une bavette et les premiers bruits nous firent décoller du bar pour plonger dans la cave. Fidèles à eux mêmes les M26-7, ultimes survivants du Mouvement du 26 juillet (que ceux qui ne connaissent pas, aillent sur Wikipédia) font toujours dans leur punk clownesque coincé entre l'alternatif à la BERU et le bubble punk à la RAMONES. Certains diront que leurs shows se suivent et se ressemblent. C'est un peu vrai, il n'y a pas grand chose de nouveau depuis la dernière fois, mais les M26-7 ne se cherchent pas à se prendre la tête, ils veulent juste s'amuser et ils le font très bien. De mieux en mieux même et c'est toujours un plaisir de les voir faire partie de l'Histoire avec Popol ou Bush. Pas encore de Sarko ou de Benoît en vue mais toujours Franky et son caddy. A leur décharge, les M26-7 en sont restés au 26 juillet 1953 et ces bêtises, ce sera pour plus tard, il faut juste que l'info arrive à Cambrai (si si, Popol nourrit les radis et Bush n'est plus président).

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Les CHEPA ne le savaient pas , mais durant tout le concert, ils allaient faire la promo du BêtizFest, un habile communiquant ayant placardé une affiche derrière le batteur (subtile transition n'est-ce pas, avec le paragraphe précédent !). Les tee-shirts des parisiens (banlieue nord) en disent long sur leur déviance. Le chanteur se faisait juste de la pub avec un CHEPA blanc et rouge sur un fond noir (les couleurs du M26-7 par ailleurs) à la hauteur du cœur. Les autres, plus hardis, arboraient un PETER PAN SPEED ROCK, un APACHES et un NASHVILLE PUSSY sur leur torse viril. Le "la" était donné, la soirée ne s'annonçait pas pop. Les CHEPA se positionnent entre un PARABELLUM speedé et un SPERMICIDE en moins métallique avec une pointe de hardcore ricain. CHEPA peut se résumer sans trop se tromper à une grosse rythmique emmenée par une batteur survolté, titillé continuellement par un bassiste à 5 cordes et un gratteux stakhanoviste. Un activiste à la guitare les accompagne et en profite pour balancer des solos désintégrant les bouchons de cérumen. Et par-dessus cette mixture sonique toujours en excès de vitesse, le chanteur part en croisade aidé par des chorus quasi-permanents ou presque, avec comme armes des paroles engagées hurlées sans oubli malgré Alzeimer et entrecoupées par des refrains qui nous marquent au fer rouge. Et quand on tombe dans des hymnes quasi nationaux comme Cayenne, les murs de la cave tremblaient. Face à ce déluge, les M26-7 ne pouvaient pas rester indifférents, l'honneur du Cambrésis était en jeu. Ils ne pouvaient qu'aller se frotter aux CHEPA pour tenter de cuisiner un bœuf sur des morceaux d'anthologie (du SHERIFF, du PARABELLUM ou du BERU) découpés à coup de gratte ou par des chants venus de toutes parts. C'était pire qu'à l'abattoir, il a été haché menu le bovin... Et la voilà la synthèse, un mélange osé et tonique entre M26-7 et CHEPA, un bordel sonique qui sonna au bout de 3/4 tentatives, le terme d'une excellente soirée qui a contribuer à redonner du piment à une Rumeur qui avait perdu de son éclat.

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Frédéric Loridant / Photorock.com 2010

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