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CHICKEN


Lille,
Briko Tattoo, le 20 novembre 2010 / fin janvier 2011

Chicken persiste et signe. A peine entré chez Briko Tattoo, on se sent aspiré par des centaines de figures colorées. Des monstres qui dans leur version humaine, accrochent d’autant plus que derrière les visages plein de vie ou en putréfaction, on y retrouve des connaissances, des acteurs du monde de Chicken. Des mouches, mutantes ou non ont envahi l’atelier devenu sanctuaire. Accrochées au plafond, intouchables, elles semblent attendre le meilleur moment pour fondre sur vous. Aucun doute, elles cherchent à se repaître de vos pêchés pour le peu qu’ils soient mortels afin de vous amener devant le grand rédempteur pour un procès sans avocat. Le verdict vous plongera soit à sa droite, le paradis soit à sa gauche, l’enfer. Et ce n’est pas la Soubirou en prière extatique accompagnée de saintes majorettes qui viendra vous sauver.

Les quelques antiques portraits à la mode Harcourt, les nues lascives et consentantes pour calmer les ado boutonneux, les ruines de flippers, les cimetières d’ordi vérolés par windows, les restes de jeux cartes à jouer dépareillés ou des caddys n’arrivent pas à cacher que les visions de Chicken transpirent d’une foi très populaire fustigeant entre autres nos sept pêchés capitaux. Tout conduit à nous faire happer par ces tableaux. En leur sein, des personnages qui ne relèvent plus de la caricature mais d’un monstrueux bestiaire moderne, racontent mille histoires. Les doubles ou triples regards ne font pas que vous dévisager : ils vous décortiquent, vous déshabillent, piochent et grattent le plus profond de votre âme pour s’en nourrir. Des Méduses ? En tout cas, les filles alanguies et provocantes, aux seins dressés sont là pour vous emmener dans leur monde, paradisiaque ou infernal. Tout dépend où vous conduit la belle américaine, fruit des entrailles d’un Dieu justicier qui s’est fait harakiri. Il n’est même pas attendri par la Soubirou du IIIè millénaire du tableau voisin qui n’a même pas réussi à se trouver une grotte naturelle et bucolique mais juste un espace plus ou moins libéré des symboles de la surabondance qui sont (malgré nous ?) l’essence même de notre vie. Bien sûr on pense immédiatement à Jérôme Bosch dont les visions étaient empreintes de toute une mythologie médiévale apocalyptique et infernale. Mais à l’inverse de ce peintre en avance sur son temps, adoré et décrié, Chicken nous renvoie à notre existence. Tout semble réel même si les mutations génétiques qui touchent tous les êtres vivants de ses représentations ô combien religieuses, relèvent de la science fiction, mais un futur qui a force d’être vu sur Sci-Fi ou autre télé numérique, en devient réel et tellement quotidien... Ses enfers, ses paradis, son Dieu accusateur et ses fidèles diptères mutants, sa Soubirou, ses pin-up, ces viandes putrides ne paraissent plus alors relever d’un mysticisme chrétien transformiste mais de notre condition d’humain façonnée par une culture imposée bâtie sur le supplice de la croix. Attention, le purgatoire est pour demain et pas d’indulgence à moins de faire un chèque à l’ordre de Chicken.

Expo visible jusqu'en janvier 2011 chez Briko Tattoo, 26 rue Saint-Pierre Saint-Paul - Lille Wazemmes, Tél./ Fax : +33 (0)320 489 317


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Frédéric Loridant / Photorock.com 2010
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