CHOCOLATE - EXSON VALDEZ


Le Biplan
Lille, le 11 février 2004




Gourmand, je suis gourmand et je n'ai pas résisté à l'appel de CHOCOLATE qui proposait en guise de dessert un concert au Biplan avec le groupe parisien, EXSON VALDEZ, homonyme du tristement célèbre léviathan qui grâce aux hommes, vomit des centaines de milliers de tonnes de pétrole en Alaska ! Dédé surveille, non pas qu'il ait peur d'une marée noire, mais plutôt d'une marée humaine qui déferle. CHOCOLATE n'avait pas encore commencé que la cave était bondée, blindée jusqu'aux limites admises par l'administration.





Pour ne pas changer, au sous-sol, il fait noir ! La lumière se fait rare et rouge. Parfois des blancs, verts et bleus viennent sauver la mise, mais photographiquement parlant, même en 1600asa, la capture d'images tient de l'exploit ! Et le résultat est à la hauteur des conditions, pas des musiciens !
C'est seul avec une guitare sèche que Pierre de CHOCOLATE ouvre le set. Peu à peu, le public, très estudiantin, se tait respectant ce grand gaillard qui chante presque a capella. Chapeau, le personnage fascine et accroche l'attention. Au fil des morceaux, le groupe prend place et nous voilà partis pour une bonne heure d'une pop-rock un poil mélancolique aux solos de guitares appuyés. La disposition de la scène avec deux plans bien distincts a focalisé l'attention du public principalement sur le chanteur et le guitariste, dommage pour le bassiste et le batteur, tant mieux pour les spectateurs qui ont pu apprécier la gymnastique un poil frime du gratteux (mais c'est ça que l'on veut voir) et le grand escogriffe animant la scène de ses gesticulations et par ses approches vers une salle bien sage, trop sage sans doute mais tous étaient coincés par les tables qui encombraient la salle. Dommage, l'ambiance aurait sans nul doute monté d'un ou plusieurs crans. Les ambiances développées par CHOCOLATE rappellent celles de GIRL in HAWAII, de cette pop teintée de mélancolie, pensive, entrecoupées de passages plus rythmés sans déraper toutefois dans le musclé. Signe des temps sans doute, il est vrai que dehors, ce n'est pas tout rose... Dans la cave, c'était rouge, couleur qui ne sied pas à leur musique appellant àt des chocs visuels moins violents, parole de photorock qui aurait du sortir le flash !







Au rez-de-chaussée le beau Vincent s'inquiétait : les 120 entrées possibles étaient pulvérisées et CHOCOLATE ne savait plus s'arrêter... EXSON VALDEZ monte ou plutôt s'empare du renfoncement qui sert de scène. Ce groupe qui a l'air de tourner pas mal fait dans une pop plus rock, plus classique bien adaptée aux goûts du moment. Le rouge était toujours présent mais gênait moins, question d'atmosphère. Par contre, à l'inverse de CHOCOLATE dont le set s'articulait autour de la personnalité du chanteur et des figures du guitariste, EXSON VALDEZ m'a paru plus statique, moins vivant. Il est vrai que l'alcôve du BIPLAN ne facilite pas l'exubérance pour un groupe sans porte-parole bien identifié. Ceci n'enlève rien aux qualités des musiciens, mais dans les petites salles où les jeux de scène sont limités, une personnalité s'impose.




Frédéric Loridant
février 2004

Frédéric Loridant ©2004