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STEARICA - LULLABYE ARKESTRA
COLISEUM


Lille,
la Malterie, le 15 décembre 2007

Encore une fois, La Malterie nous a concocté une soirée sortant de l'ordinaire en programmant des groupes qui gravitent aux frontières du rock. Jouer avec les genres, surprendre, se moquer des convenances, prendre plaisir à torturer des instruments sans que ceux-ci se plaignent pour en sortir des sonorités hors normes, les nerfs allaient être mis à rude épreuve et les fautifs à cette montée d'adrénaline sonique étaient le duo canadien, les LULLABYE ARKESTRA et le trio libre italien, STEARICA. Mais grands seigneurs, les organisateurs avaient pensé rajouter à la dernière minute les COLISEUM du Kentucky qui nous ont ramené à la réalité plutôt brutalement ! Mais il fallait bien ça.

STEARICA ouvrait la partie. Le fait d'avoir fricoté avec des grands aventuriers du rock indépendant comme NO MEANS NO ou The EX était de bon augure. On allait attaquer la soirée directement dans les confins peu explorés de la nébuleuse rock. Le voyage ne fut pas de tout repos, zones calmes presque propices à la contemplation se télescopant avec des passages carrément violents arrivant sans crier gare. On passait du mélodique au noisy parfois brutal (au point que la peau de la caisse claire s'est déchirée) sans palier, à la limite de la surpression auditive. Mais c'en était pas fini pour les esgourdes.

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STEARICA STEARICA STEARICA STEARICA

Une basse, une batterie, voilà à quoi se résume LULLABYE ARKESTRA. La géante rickenbacker sur laquelle on voit volontiers se balader les doigts boudinés de Lemmy était maniée par une fille, la batterie, par un mec hautement décoré. Ce type de duo s'annonce souvent ravageur et les LULLABYE ARKESTRA ne dérogent pas à cette règle. Ils frappent fort et bien mais sans que ce soit continu, des passages lents presque dignes d'un cabaret enfumé ponctuent leur set avant de revenir à mach 5, la basse devenant guitare, sur saturée, la batterie s'emballant, source de tachycardie pour le public. Pas évident à absorber ce rock mutant et multiforme, mais une fois contaminé, on entre dans leur jeu et on se laisse secouer sans peine au gré de leurs pérégrinations soniques. Et encore ce soir, la version de LULLABYE ARKESTRA était light (mais absolument pas bridée), sur leur disque, une trompette pointe le bout de son pavillon, un clavier vient envoûter les délires de la basse/batterie/chant et d'autres se joignent à la troupe sur-enrichissant ce baroque and roll.

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LULLA ARKESTRA LULLA ARKESTRA LULLA ARKESTRA LULLA ARKESTRA

Après cette claque, il fallait quelque chose de plus rassurant pour retrouver ses points de repères et COLISEUM tombait à point. Curieuse formation en apparence, le bassiste a une tête de métalleux, le batteur est un petit nerveux exubérant tout en muscle et le gratteux, grand balaise barbu couvert de tatouages, appartient indubitablement à la caste des hardcoreux. Avec de telles tronches, on pouvait s'attendre à ce que le résulta musical de cette union n'enfante pas des ritournelles gnangnan mais plutôt un puissant hardcore, un savant mélange de crust british, de hardcore et de métal selon les spécialistes. Je n'en suis pas à ces subtilités, je prends juste leur mur du son en pleine poire, la descente tourna au coup de grâce sonique. Les oreilles en avaient pris plein les pavillons, il n'y avait pas que les oreilles d'ailleurs... Il était temps de retrouver Lille.

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COLISEUM COLISEUM COLISEUM COLISEUM




Frédéric Loridant / Photorock.com 2007