Retour à photorock.com

Contacts


JACKY STAR - COSTES

The REIGN PARADE - SHEETAH et les WEISSMULLER
Steve DIGGLE


Curiozone Punkoïde Week-End

Saint-André-les-Lille,
La Zone de Confusion, le 28 et 29 mars 2008

Dans notre environnement nivelé où les chemins de la culture sont tous asphaltés avec le sigle euros sentant la pisse comme borne kilométrique, il y a des directions improbables que l'on suit sans savoir où elles mènent. La Zone de Confusion en est une, un truc oublié des gps et profitant du flou, elle a accueilli le premier Curiozone Punkoïde Week End. Et l'affiche était presque aussi aussi hermétique que l'intitulé de ce week end était mystérieux. Que des noms de sentiers de traverse ou presque. Pas d'autoroute de la culture bitumées, juste des sentes dans un pays sauvage qui ont conduit JACKY STAR et COSTES à planter leur matos ouvrant la 66 pour SHEETAH et les WEISSMULLER, The REIGN PARADE et Steve DIGGLE.

JACKY STAR, la reine du Québec, celle qui a donné entre autre sa chance à Céline DION ouvrait ce week-end punkoïde. Habituée à jouer devant des milliers de personnes dans des shows à l'américaine avec pompom girls, c'est en toute simplicité qu'elle est venue nous conter ses boires et déboires avec Jean-Bernard et Jean-Emmanuel, deux trappeurs qui comptent beaucoup dans ses tubes internationaux. Charmante avec cette pointe d'accent qui fait tomber même les plus ours d'entre nous, elle nous donna chaud au coeur avec une simplicité digne des plus grandes.

Cliquer sur l'image - click on the pic

JACKY STAR JACKY STAR JACKY STAR JACKY STAR

COSTES, Il est trop grand pour une chronique ce petit bonhomme ! Et m'oblige à reporter mon premier jus en queue de chronique*, il y en avait trop, COSTES aurait tout déséquilibré. Et en tordu, il s'y connaît. Même habillé sans crotte, sperme ou autre, les Hps dégueulent d'un jus sonique destructeur sous les coups d'un électro baroque barré bontempi (selon Wolf) punkoïde distordu aux notes volontairement torturées. En dehors de ceux qui se sont barrés, les seuls restés indemnes (?), les survivants ont été aspirés ou torchés par ses angoisses et ses remises en question continuelles allant jusqu'au nihilisme sonique. Le pire est que nous avons eu les boules en voyant le COSTES vider à terre le fond de sa bouteille. Il restait au moins une chanson à boire ! Du gâchis ! On en veut encore ... du vin et du COSTES surtout.

Cliquer sur l'image - click on the pic

COSTES COSTES COSTES COSTES

Le second soir fut plus conventionnel. The REIGN PARADE ouvre la marche. Un excellent chanteur, des grattes sèches, un violoncelle et une batterie pour une pop rock folk supportable à mes oreilles 5/6 morceaux, m'envoyant au bar pour les suivants. On peut comprendre que le groupe originaire de Valenciennes et son chanteur anglais ait rencontrer de l'écho, ce ne sont pas des manches, au contraire. Ce n'est quand même pas trop mon truc surtout quand le chanteur martèle en refrain dans une chanson Jesus is in my head (sauf erreur de ma part) mais rassurez vous, rien de rock dit "chrétien", juste un refrain, ce n'est pas du Neil MORSE.

Cliquer sur l'image - click on the pic

The REIGN PARADE The REIGN PARADE The REIGN PARADE The REIGN PARADE

La suite fut bien plus rock psyché et scotcha les curieux punkoïdes sur place. Il est vrai que SHEETAH et les WEISSMULLER jouaient dans leur propre jungle et qu'ils avaient particulièrement la banane ! Le premier plan claquait un max : gros son d'orgue, clavier caressé ou brusqué, basse ronflante et un Barnabé fakir buvant de la bière, roulant des yeux à l'image d'un dément en crise écoutant du COSTES en boucle ou s'overdosant à la JACKY STAR. Au second, plus calmes, un batteur métronome sûr de lui et de son art et le gratteux, discret mais efficace ... cry baby !. Un bien beau concert et même la Michelle-Ann Dix, taulière d'un week-end, avait quitté son bar.

Cliquer sur l'image - click on the pic

SHEETAH et les WEISSMULLER SHEETAH et les WEISSMULLER SHEETAH et les WEISSMULLER SHEETAH et les WEISSMULLER

Le voilà le Steve DIGGLE, tout seul avec un gratte sèche et un canotier ! Le gratteux des BUZZCOCKS assure en solo, les titres filent, venant des ses propres productions ou puisés dans les hymnes plus anciens tirés de sa première ou de son autre vie. De la pop-punk acoustique ! Au sixième ou septième morceaux, ma glotte était sèche à force de reprendre les refrains des trucs que je connaissais et c'est tout naturellement que je me retrouvais au bar avec des chagrinés à qui, en plus de la bière, manquait l'électricité ! Et honte à moi, c'est là que j'ai terminé le concert ratant un final qui laissa baba plus d'un vieux routard des concerts dopés au 380 volts. Baba, routard... ce n'est pas trop punkoïde mais ça collait finalement assez bien à l'ambiance. A quand le second Curiozone Punkoïde Week End ? Promis, je ne squatterai pas le bar.

Cliquer sur l'image - click on the pic

Steve DIGGLE Steve DIGGLE Steve DIGGLE Steve DIGGLE




Frédéric Loridant / Photorock.com 2008

* : chronique initiale sur COSTES à laquelle vous avez échappé
Samedi matin, tête dans le cul, nuit trop courte, je pose maladroitement le CdR, Vétérans des Rêves Oubliés de COSTES dans le mange cd, allume le rotel et les enceintes explosent, le chat se barre en courant, ma baguette pleine de confiote reste suspendue dans l'air, seule la fraise gélatineuse qui mélasse mes mains semble vivante. Le choc est rude au petit déj. Il a été rude aussi la veille. COSTES ? j'avais ouïe-dire. Show trash, théatropéra sexo-scato et tous les mythes qui rumeurent dans l'underground ou plutôt dans la face noire de la culture. Rien de tout cela à la Zone de Confusion, COSTES donne dans un show nocaca-nonudity, juste un synthé, un cassetteOphone et une bouteille de pinard, vide, elle sonnera la fin du concert. Et voilà le bonhomme, petit derrière son clavier. COSTES commence par une ode au vin, implorant un Bacchus qu'il arrive à jouer son set. Bacchus fut bienveillant et c'est sans arrêt que COSTES implora, cracha, pleura, dansa de tout son corps aidé par sa musique, fruit d'une copulation entre un électro baroque barré bontempi (selon Wolf) et une chanson alternativo-punk mouliné à la distors dans un fracas industriel. Quelque part, COSTES me fait penser au Prophet Qa Sepel (des LEGENDARY PINK DOTS) dans ses délires soniques. Pas de nudité, pas de queue à l'air mais on la sent bien présente, tout semble guidé par elle avant d'être aspiré par l'anus et noyé dans les fluides corporels. COSTES dans ses chansons se délecte de ces mondes souillés selon le code des convenances. Lui, il s'y plaît et réussit juste en pantin désarticulé derrière son clavier à exorciser ses démons.