festival Crescendo 2002
Retour / Back

www.taal.free.fr

Festival Crescendo
Saint-Palais-sur-Mer, le 16/08/2002

Ils sont dix sur scène, nous sommes cent fois plus en face. Curieuse formation que celle de Taal, groupe ou plutôt communauté de Poitiers qui fort d’un premier album remarqué, se plaît à fouler les planches en délivrant une musique fusionnelle multi-styles. Rock et classique sont les bases mais jamais, à l’inverse d’autres groupes s’essayant de ce style bien souvent « casse-gueule », Taal ne tombe dans un easy listenning de supermarché. Au contraire, l’énergie qui se dégage des compositions, les atmosphères crimsonnienes, la violence parfois contenue avec peine, les envolées « métal » des violons soutenus par un violoncelle et une basse (r)assurant la mesure et un trio délirant peu habituel – deux batteries et une guitare – donne à leur musique son originalité dans un monde où le « déjà entendu » est souvent de mise. Au premier chef, la disposition scénique surprend : au premier plan deux batteurs se font face (Loïc Bernardeau et Igor Polisset), se jaugent et construisent des rythmes époustouflants à peine contenus par un bassiste (très) discret (David Dosnon « Stuart »), attentif à suivre les deux énergumènes qui ne se parlent qu’à coups de toms, de cymbales ou de roulements. A leur gauche, un guitariste (Anthony Gabard) qui traverse allégrement la ligne blanche continue entre les sonorités prog et les riffs ou les solos dignes des plus grands hard-rockeux et métalleux. Au second plan, une jolie flûtiste prenant parfois le chant et dont les douces mélopées tempéraient, humanisaient, la hargne des allumés du devant de la scène. Au fond, en surplomb, les cordes et le cuivre. Deux violonistes virtuoses (Gaëlle Deblonde et Emmanuelle Bouriaud) soutenaient sans faille la cadence d’enfer donnée par la section rythmique et faisaient dans un barok and roll fusionnant les genres sans arrêts. A côté et complices, un violoncelliste et un saxo enrichissaient encore l’ensemble avec leurs sonorités si personnelles. Et en face, cent fois plus de monde médusé et ravi par ce malstrom sonique enivrant, riche, humoristique et surtout NOVATEUR. A ce qu’on est loin finalement du combo hongrois After Crying vu l’année précédente au même moment et au même endroit, et si souvent cité comme exemple. Fraîcheur et fantaisie sont sans doute ce qui fait la différence avec la pompe hongroise. Les moins de cette prestation haute en couleur (bravo pour les éclairages qui surent jouer avec la lumière du jour) ne touchent que quelques morceaux où des répétitions se font parfois entendre ou encore, des envolées, des idées qui ont de la peine à se mettre en place ou s’exprimer. Mais tout ceci est très minime et est noyé dans l’énorme masse des plans inventifs du Grand Taal qui se succèdent voire se chevauchent pour le plus grand plaisir des oreilles.


Frédéric Loridant

cliquer sur l'image - click on the pic









fred@photorock.com
Frédéric Loridant ©2002