festival Crescendo 2002
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Festival Crescendo
Saint-Palais-sur-Mer, le 17/08/2002

Méfions-nous des louanges charismatiques ! Imitons Saint-Thomas, ne croyons que ce que l’on entend et voit. White Willow était présenté par bon nombre comme Le Concert du festival. Il est vrai que la première sortie française de ce groupe norvégien valait la peine d’être vue même sans connaître. Une « première nationale » ne se rate pas. White Willow se compose de six musiciens, deux guitaristes, un clavier (le petit nouveau du groupe), un batteur et de deux jeunes filles, la rousse Sylvia Erichsen au chant, la blonde Marthe Berger Walthinsen  à la basse. Le groupe ne se revendique absolument pas du mouvement progressif, classé dans le genre par un groupe de progueux tombé sous le charme de leur musique aux charmes nordiques. Plutôt que progressive, j’aurais tendance à la classer, si classement il y a besoin, dans un style gothico/new age à tendance progressive aux accents scandinaves et pimenté d’une sauce prog métal mélodique. C’est dans l’air du temps et nos voisins allemands connaissent ce genre depuis longtemps avec des pointures chantant dans leur langue comme Mila Mar , belle Valkyrie teutonne à la voix ténébreuse sur fond de percussions voletant sur des nappes de claviers. Pour qui connaît ce nouveau style teinté de new age, White Willow n’étonne pas. Les compositions font la part belle aux break multiples, aux rebondissements inattendus et aux solos de guitares virtuoses. Néanmoins, les constructions harmoniques ne laissent que peu de place à l’inventivité et la note à laquelle on s’attend arrive sans surprise. C’est beau, agréable mais pas révolutionnaire. Il est vrai que le son prog est là avec en prime une voix tout droit sortie des brouillards des fjords tout comme celle de Mila Mar surgit des brumes du Rhin. Mais, péché de jeunesse sans doute, la hardiesse est trop souvent absente malgré une technique irréprochable. Dès que la fumée est colorée par les lights, la magie opère. Des brouillards rouges, bleus, verts, blancs, des vikings blonds ou roux apparaissaient furtivement et Odin, trônant au fond de la scène lançait parfois des roulements de tonnerre sur une foule avide de sensations et subjuguée par la diablesse à la chevelure de feu. Ces vapeurs enivrantes faisaient pour beaucoup car sitôt chassées par la brise marine, la scène surgissait trop nue, trop vaste avec ses silhouettes perdues dans son immensité et la musique avait parfois de la peine à maintenir le charme. Les dithyrambes trop vite distribuées par certains ont malheureusement nui à cette prestation qui bien plus qu’honnête, n’en fut pas moins assez classique et un peu courte de surcroît, le clavier, tout juste arrivé, n’ayant pas encore entièrement assimilé l’ensemble du répertoire du groupe. Que les jeunes White Willow persévèrent, trouvent leur voie et leur son pour nous emmener au Valhalla, c’est tout ce que je leur souhaite.


Frédéric Loridant

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Frédéric Loridant ©2002