Photorock



Saujon / St-Palais-on the beach, 22 au 24 août

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LORD of MUSHROOM - TAAL - PINEAPPLE THIEF

ANGLAGARD - NEMO - CAST - FOCUS


Et voilà Photorock plongé dans la cinquième édition du festival Crescendo organisé par Sébastien et toute son équipe. Le site est toujours aussi magnifique, l'entrée de l'estuaire de la Gironde, l'océan, le phare, les carrés font oublier la route, ses échoppes et ses campings.




LORD of MUSHROOM (Saujon / St-Palais - 22 et 23/08)

Le festival s'est ouvert en version OFF sur la promenade de Saint-Palais, station balnéaire IN sous très haute surveillance vidéo, par un petit concert de LORD of MUSHROOM qui a réussi qu'à nous fourguer des reprises ; du GENESIS post GABRIEL, du QUEEN, du U2 (plus tard, à Saint Georges de Didonne, du Snow de SPOCK's BEARD), du MARILLON post FISH ou du DREAM THEATER, qui à défaut de ravir en disent long sur les influences du groupe. Cette impression néo prog  se dégageant du OFF s'est pleinement confirmée lors de leur première prestation IN à Saujon (le 22/08). La soirée réunissait LORD of MUSHROOM et TAAL. Les premiers, plus forts avec l'arrivée du bassiste, se sont lancés à corps perdu dans un néo prog où s'alignaient des solos virtuoses. Certes c'est bien fait, mais l'absence de cohésion et de mélodie se font trop ressentir bien que visiblement DREAM THEATER doit bercer leur réveil chaque jour de l'année. Cette insuffisance de liant rend difficile l'immersion dans une musique compliquée se voulant sophistiquée. De plus, la voix manque parfois singulièrement de relief, faute sans doute aux tentatives de lier les différents solos entre eux. Un beau final tout en batterie laisse un souvenir toutefois agréable, les gratteux n'étant pas les seuls virtuoses dans cette formation du grand sud. Un retour à une musique moins alambiquées, plus mélodique serait sans doute un bien car il y a des idées qui se cachent et la qualité des musiciens leur offre de belles perspectives.



Lord of Mushroom

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Lord of Mushroom



TAAL (Saujon - 22/08)

Le changement de plateau anime la scène. Deux batteries font face au public et derrière, cordes et cuivre s'installent. C'est TAAL qui nous viens de chez Raffarin mais qui visiblement fait partie de la France d'en bas, voir la souterraine... Dès les premiers coups de grosses caisses, un autre monde s'ouvre à nous. On quitte le progressif pour arriver dans une musique complexe mais si facile à digérer. Et quel goût ! A eux seuls, les cinq en façade, guitare métal, batterie, basse, batterie et clavier suffisent à nous plonger dans leur monde fantastique. L'arrière garde, la plus féminine, vient habiller le maelström du premier plan avec des touches plus ou moins fortes, plus ou moins douces ou agressives, colorant l'ensemble, donnant une consonance baroque parfois rococo à des morceaux qui tiennent admirablement bien la route. Enfin de la musique qui progresse ; on a oublié, fondu, digérer les leçons des anciens ; TAAL marie admirablement le classique, celui du XXème compris (il y a de la puissance à la HOLST), le métal avec un guitariste qui n'hésite pas à se lâcher, balançant des riffs à rendre jaloux un chevelu en cuir, et les musiques progressives et populaires. TAAL, c'est de la fusion. Ne ratez le dernier albul, un must !



Taal

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Taal




PINEAPPLE THIEF (St-Palais - 23/08)

Saujon, c'est fini, place au festival de plein air ! Et place à LORD of MUSHROOM de nouveau, j'en ai vu que la fin. Le soleil peinait à se coucher quand PINEAPPLE THIEF attaqua. J'avais dans mes souvenirs une musique aux forts accents planants / psychédéliques rappelant les expériences de PORCUPINE baignés dans une douce pop pas trop mise en avant. Et bien, c'était des souvenirs. C'est exactement l'inverse qui s'est produit ce soir. PINEAPPLE THIEF s'est complu dans une pop banale, oasisienne agréable à écouter mais sans saveur. Quelques fois, des réminiscences du PINEAPPLE THIEF, no pop version, crevaient la surface. Mais ces instants étaient rares, trop rares pour éveiller un intérêt attentif. Bizarre cette tendance à basculer dans la (néo) pop sirupeuse, PORCUPINE l'a fait, SPOCK's BEARD ancienne version aussi et c'est rarement à l'avantage du groupe. Passeront-ils dans le métal léger comme PORCUPINE ? Qui sait…



Pineapple Thief

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Pineapple Thief




ANGLAGARD (St-Palais - 23/08)

Le plat de résistance arrive enfin. Après une longue attente due à un clavier récalcitrant et grâce à l'aide inespérée des LORDS of MUSHROOM, ANGLAGARD monte sur scène pendant que la pluie se met à tomber. Rien n'arrête nos suédois et c'est sous des parasols et des bâches hâtivement jetées sur le matos, qu'une partie du concert s'est déroulée. J'avais entendu les plus grandes louanges sur ces vikings. D'une part, leur sortie dans le vaste monde sont extrêmement rares et les rater aurait été dommage. D'autre part, leur musique ténébreuse aux accents crimsionniens m'attirait comme une mouche vers une lampe bien que leur CD live ne paraît un peu juste. Toutefois, une légère appréhension me serrait les oreilles... Je n'avais pas oublié l'expérience ANEKDOTEN, groupe largement surestimé à mon avis et faisant dans du sous CRIMSON. Et bien, ce n'est pas une calque que j'ai prise, mais 10, 20, je ne sais plus ! Et je n'étais pas le seul à être estomaqué car malgré la pluie, la majeure partie du public, des vacanciers plus habitués à JENIFER and co qu'aux constructions hardies de cette musique venue du nord, est resté tenant tête aux éléments. La musique d'ANGLAGARD surprend, apaise, se veut mâle et femme à la fois, construit, déconstruit, tout se mélange en parfaite harmonie pour le bonheur des oreilles. Sans jamais tomber dans le copier, modifier, coller, ANGLAGARD  visite avec un œil neuf les pistes explorées par les grands des seventies. Les musiciens sont hors pair avec un batteur complètement dément alignant les contretemps et les ruptures du rythme aussi facilement qu'un belge vide une Jupiler, c'est pas pour dire ! De plus, leur musique suffisait largement à capter en continu nos sens. Pas besoin de mimiques inspirées ou de gesticulations mal venues, cela aurait été trop. Ce show parfait devant un parterre attentif et conquis achève cette seconde soirée. La suivante allait nous faire voyager dans les années 70/80.



Anglagard

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Anglagard



NEMO (St-Palais - 24/08)

Ouvrant le feu, NEMO, formation française de bon aloi, nous a plongé dans un hard rock seventies aux nombreux accents prog, seventies également. Cela frisait le bon DEEP PURPLE, ce qui n'est absolument pas pour me déplaire et les quelques frasques du guitariste allant jusqu'à jouer au pied du podium devant des vacanciers étonnés, ont pimenté ce set qui faisait bouger les fesses. Pour peu, des chevelus auraient balancé la tête, mais y en a t-il encore beaucoup des chevelus des seventies ? Pas moi en tout cas.



Nemo

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Nemo




CAST (St-Palais - 24/08)

La musique des mexicains de CAST, groupe formé autour du clavier, ne surprennent pas comme ANGLAGARD ou TAAL. Il font dans un néo prog à la MARILLON, grande période, avec un clavier, grand fan de Tony BANKS et un batteur, un guitariste et un bassiste fortement influencés par le métal. Entre les deux, un chanteur tout en blanc leur tenait tête ; il s'est quand même fait aidé par une chanteuse imposante. Beau concert, belle musique mais pas très originale en dehors de quelques compos qui sonnaient plus personnelles.



Cast

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Cast




FOCUS (St-Palais - 24/08)

La suite et le final de ce 5ème CRESCENDO nous replongea dans les seventies avec FOCUS dont l'unique représentant d'origine est Thijs VAN LEER, l'imposant clavier à l'énorme Hammond et son leslie tournoyant et aux chaussures rouges. Ce fut une explosion de sons bien typés et entraînants,  frisant parfois avec les hits variétés des seventies, celles de nos parents,  et surtout en fin de concert, le magistral Hocus Pocus avec son chant tyrolien sur hard rock puissant vînt donner un coup de fouet à un public qui ne savait plus où donner des pavillons. Un grand plaisir pour les yeux et les oreilles et le parterre bien chauffé par NEMO puis CAST, s'en donna à cœur joie, un autre n'en croyait pas ses oreilles et ses yeux même à travers son Nikon stabilisé.



Focus

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Focus




Que sera le 6ème CRESCENDO ?

Frédéric Loridant
septembre 2003
fred@photorock.com