FLAMBOROUG HEAD - CABEZAS DE CERA

UNIVERSAL MIND - ENCORE FLOYD - HIGH WHEEL


festival CRESCENDO 2004

Saint Palais-sur-Mer, 20 et 21 août 2004

Le soleil joue avec les nuages qui bien gris, crachent des averses bien drues. Vingt heures, l'esplanade verte du Concié est couverte de tentes, de bagnoles et de "vacanciers" dont la plupart ne savent pas trop ce qui va se passer sur la scène dressée contre la route. Le soleil se fraye un chemin entre les nuées menaçantes, CRESCENDO 2004 peut commencer. Tourné vers le rock progressif, se voulant prosélyte vis à vis des aoûtiens des campings et locations voisines, CRESCENDO 2004 offrait cette année une affiche un peu surprenante, le prog pur et dur n'étant pas vraiment représenté en dehors de FLAMBOROUG HEAD, un combo hollandais travaillant le néo au corps à corps. Suivait le même soir CABEZAS DE CERA dont la musique ouvre des portes vers de nouvelles sonorités en mélangeant hardiment, puissance, musique populaire mexicaine et jazz. Le samedi, les français d'UNIVERSAL MIND donnaient dans un prog métal à la DREAM THEATER ; ENCORE FLOYD reprenait avec brio du PINK FLOYD (qui l'eut cru) et les allemands d'HIGH WHEEL tapait dans un prog franchement hard ou un hard un peu prog, puisant intelligemment dans la fougue de KING CRIMSON. Bref, de rock progressif, il y avait surtout le nom, mais pas de clone de GENESIS ou CAMEL, juste des impressions nouvelles, des bons feelings et un public à mil lieues du rock qui est resté jusqu'à la fin. CRESCENDO 2004 a encore une fois réussi son pari en offrant à l'homme de la rue ou plutôt de la plage, des musiques a priori peu accessibles et surtout pas médiatisées et restera dans les mémoires comme un must.

Le premier soir, trois gouttes annoncent l'arrivée de FLAMBOROUG HEAD. Je les avais déjà croisés et franchement l'impression qui m'était resté n'était pas fameuse, du néo prog comme il en sort 30 Cds par an sans originalité et parfois même gonflant. Bien m'en a pris d'être là ce soir. FLAMBOROUG HEAD a mûri, s'est extirpé de sa gangue de glaise néo prog déjà entendue mille fois et a offert un set certes pas nouveau musicalement mais bien fait et très agréable. Leur musique est toujours colorée de références parfois appuyées à CAMEL, GENESIS, YES voire Mike OLFIELD pour quelques parties de guitare, mais l'impression de quelque chose de plus personnel passe au dessus de ces déjà entendus qui peuvent tant énerver. Voilà pour la partie progressive de la soirée car la suite joue dans d'autres mondes et s'est avérée de très haute volée.

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CRESCENDO outre son public de touristes débonnaires, est aussi le point de rendez vous de mélomanes, de fous de musiques progressives et l'un d'eux ce soir m'a confié que s'il était là, c'était pour CABEZAS DE CERA, trio mexicain venus exprès pour l'occasion. Un guitariste acoustique, un joueur de flûte et autres instruments à embouchure et bec ( :-) ) et un batteur mélangeant toms électroniques et batterie classique ont scotché en moins de 3 minutes les nombreux spectateurs présents, petits et grands avec l'originalité de leur musique, son côté "populaire" et ses envolées complètement déjantées surprenant sans cesse. Difficile de résumer CABEZAS DE CERA avec des mots. En simplifiant, je pencherais pour une sorte de KING CRIMSON Wold Jazz, du UJZ ME DOMA latinos, un starship sonique naviguant entre ces deux extrêmes tout en étant complètement autonome ! Avec un sax qui transforme vos vertèbres en castagnettes, une guitare 12 cordes au son chaud comme la-bas et une batterie traitée un peu à la Stewart Coppeland, les ambiances deviennent vite magiques. CABEZAS DE CERA flirte sans cesse entre une musique expérimentale, des espècs d'improvisations démoniaques, et une world musique rassurante aux sonorités populaires. Le chant est rare et parle d'après mes quelques notions de spanish de la vie de tous les jours, des merdes formatées qui passent à la radio (tiens eux aussi !) et du prix de l'essence ! Souvent, les instruments à bec ou le sax le remplacent, deviennent chœur et humanisent une musique aussi contemporaine et rock que venue du fond des âges. On peut parler de claque, d'effet dévastateur, de cyclone sonique venu d'outre atlantique et d'ailleurs, à 1h30 du mat, on se pressait au stand de vente des Cds pour emporter un peu de leur soleil musical.

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DAY TWO

Le soleil est revenu ! Dix neuf heures, on se presse déjà sur l'esplanade verte. UNIVERSAL MIND, combo auvergnat attaque. Très métal comme intro, le prog pur est loin, oublié jusqu'à la reprise d'Horizons joué assis comme Hackett,. Des bras alors se lèvent, des cris fusent... Manque juste la suite... UNIVERSAL MIND a dépassé de loin le stade amateur, les musicos s'en tirent bien et la chanteuse pointe juste. Leur répertoire, leur influence tape généreusement dans DREAM THEATER et consorts et ne s'en cache pas. Ceux qui aiment ont apprécié, les autres ont suivi sagement. A noter une pêche au CD, le poisson étant le public, l'asticot la galette et le pêcheur, le gratteux. On est à la mer, mais quand même !

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La nuit tombe enfin, le rideau se lève sur ENCORE FLOYD qui comme son nom l'indique, donne dans du FLOYD sans pour autant le cloner. Le groupe avait fait le festival off sur la promenade chic de Saint Palais-sur-Mer deux jours auparavant et m'avait surpris par la qualité des musiciens et de l'interprétation. On est absolument pas en présence d'un clone avec des personnages s'identifiant au quatuor anglais mais à des artistes nous emmenant dans le monde magique et unique de cet énorme groupe anglais. ENCORE FLOYD est l'un des meilleurs tribute band qu'il m'a été donné de voir et leur prestation n'appelle aucune critique. De plus, ENCORE FLOYD a bénéficié pleinement des excellents light show de la scène du festival et les premières nappes de claviers de Shine on You Crazy Diamond remplirent quasi instantanément l'esplanade du Concié. Dommage que le répertoire ne comporte pas les early Floyd, entendre Careful with Axe Eugene ou Astronomy Domine aurait été une expérience rare.

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Après ce bref voyage dans les verts cottages anglais, place à la puissance troll avec HIGH WHEEL et son métal progressif taillé au couteau. Le set commence assez calmement, la mise en place des plans soniques est douce avant les premières attaques qui clouent le public sur place. Puissance et finesse sont deux caractéristiques de leur musique qui convient sans problème aux progeux et aux métalleux. On est finalement loin de la lourdeur qui caractérise un bon nombre de groupes d'outre Rhin. La force est avec eux, les tripes vibrent à chaque coup de basse mais la guitare et les claviers aériens permettent de surnager dans les rafales soniques. Et pour couronner le tout, HIGH WHEEL s'excusant presque, nous a emmené dans des apnées ininterrompues de plus de 20mm sans temps mort. Un, deux, trois rappels, et le public resté nombreux malgré l'heure avancée (suscitant les crainte des organisateurs sur la réaction des voisins peu habitués de rêver au gré des solos de Wolfgand Hierl) en redemandait encore. Une dernière révérence et HIGH WHEEL est relégué d'un coup au rang de souvenirs résonnant encore dans les oreilles. Mais quels souvenirs !

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Et voilà la 6ème édition achevée. La 7ème s'annonce grandiose, on parle de la venue de SPOCK's BEARD et de PAIN of SALVATION, rien que cela..... On va se presser sur l'esplanade du Concié en 2005. Bravo à l'équipe CRESCENDO et à son président missionnaire, Sébastien. Rien à redire pour cette année sauf peut-être (et c'est juste pour chipoter), un excès de fumigènes noyant la scène dans un brouillard coloré opaque. Plus que 363 jours avant le CRESCENDO 2005.





Frédéric Loridant
Royan - août 2004

Frédéric Loridant ©2004