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Festival CRESCENDO

Saint-Palais, le 18 (off), 19 et 20 août 2005

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PEYOTL

UNDERGROUND JAM -- DRAMA -- FIVE-FIFTEEN

VROOOM -- TRIGON -- PAIN of SALVATION

Vingt et une heure trente, on s'affairait autour d'une scène mobile érigée au centre de la promenade de Saint-Palais-sur-Mer. Des instruments trônaient dessus et les familles, plutôt glace à 3¤ que sucette à l'eau à 80 cents à la main, question de standing, se pressaient autour, curieuses d'en savoir plus sur cette animation qui change de l'habituel léchage de terrasse ou du nième coup d'oeil prolongé sur le coucher de soleil. Bref, à Saint-Palais se préparait quelque chose. Et ce n'était que les prémisses d'un événement plus important annoncé par des affiches couleur pink fluide collées un peu partout. Il fallait être aveugle ou vraiment peu curieux pour ne pas deviner que cette petite scène allait devenir bien plus grosse et se transformer d'un coup de riff magique en un festival de rock progressif répondant au nom de Crescendo, le 7ème du nom.

Mais revenons à nos moutons, heu... nos vacanciers. Visiblement, ils n'ont pas l'air d'être des habitués de la musique de sauvages et appartiennent pour la plupart à une génération bercée par les seventies ou tout au plus par les vagissements de U2 ou The CURE. les Star Ac étant réservées à leur progéniture, faut bien qu'enfance se passe... Quant aux ados, ils attendaient sagement, skate dans une main, paluche de l'Amour bronzé de leur Vie dans l'autre... Mais tous n'avaient pas des skates. Et c'est là qu'intervient toute la finesse, toute l'expérience de l'équipe Crescendo menée batterie battante par Sébastien Monteaud pour satisfaire tout ce beau monde qui se faisait de plus en plus nombreux. C'est PEYOTL, formation bordelaise, qui fut judicieusement retenue et disons le tout de suite, le choix fut à la hauteur des attentes de chacun. PEYOTL pourtant amputé ce soir de son chanteur réunit dans de longues compos tous les ingrédients qui ont fait la grandeur du rock seventie, du spatial de FLOYD aux rythmes dansant d'un SANTANA des début en passant par des ambiances DOORS. Bref, à Saint-Palais, on nage dans un océan peace and love et PEYOTL surfe allégrement sur les vagues. Pour le public, c'était parfait et malgré la longueur des morceaux inhabituelles en ces temps surboostés, il a pris plaisir à planer, danser avec sa marmaille ou tout simplement à écarquiller les yeux en flottant dans la musique. Quant aux ados, sûr que plus d'un s'est dit : "mais comment font-il sans ordinateur ???" Au plan des critiques, quelques longueurs et des emprunts un peu trop appuyés à Meddle par exemple. Mais pour une bonne part des spectateurs rien de plus agréable que d'entendre ces sonorités qui ont accompagnées leur enfance. Les sanglots longs du hammond berçaient leur coeur d'une langueur monotone. Ah nostalgie quand tu nous tiens... Mais la réalité a vite fait de les ramener en 2005, "Papa, maman, on peux avoir une glace ?" Une Pink Fluide* de préférence.

* : glace aux fruits rouges crée pour l'occasion.


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Après la belle surprise du festival off, sur l'esplanade du Concié se dressait face à l'océan une vaste scène. L'affiche de la première soirée n'était inconnue : UNDERGROUND JAM, DRAMA et FIVE FIFTEEN. L'heure c'est l'heure et c'est pile à 18h00 qu'UNDERGROUND JAM gravissent la scène. Annoncés comme des passionnés des seventies, ils revisitèrent en autre et dans le désordre DEEP PURPLE, les STONES, HENDRIX et même les STOOGES avec un I Wanna Be Your Dog version yorkchieur ou chihuahua, mais des interprétations sans âme, sans feeling à peine digne d'un groupe de lycée, classe de seconde. Les reprises de rock ne doivent pas se limiter à réciter des partitions, ça se vit que diable !

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Après cet antipasti bien fade, DRAMA se devait de lancer véritablement ce 7ème festival. Rien que le nom donnait le ton. A coup sûr on allait nager dans du YES revu et corrigé à la française et sans doute actualisé. Pas de chance, la formation est incomplète, il manque le pilier de ce genre de musique : le clavier ! Malade le pauvre... YES pourrait-il exister sans Wakeman ou ses remplaçants ? Non bien sûr. C'est toute la pompe et la grandeur qui disparaît ou pour faire local, c'est une éclade sans moule, le récif de Cordouan sans phare ou Saint Palais sans Crescendo. Bien sûr, une bande peut remplacer les sonorités manquantes et c'est ce que DRAMA a choisi de faire et c'est tout à son honneur mais c'est tout le charme du live qui disparaît, les musicos étant bridés, impossible pour eux de s'envoler... Néanmoins, DRAMA s'en est relativement bien tiré avec des compos intéressantes mais rien à voir avec la suite où le festival a réellement décollé.

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FIVE-FIFTEEN, 5-15 pour fäire plus court, nous vient des forêts finländäises ävec des noms à coucher dehors et des trémäs pärtout. Le progrämme les décriväit comme incendiäire et päs de doute qu'ils doivent ävoir froid sur lä Bältique cär 5-15 ä foutu le feu à lä scène ävec son leäder à lä tignässe blonde plus proche de celle du lion que de lä bärbiche du renne. Däns le tiercé des excités, il occupäit säns conteste lä première pläce suivi de peu pär l'äutre grätteux, bien ällumé lui äussi mäis en version diesel, vu qu'il ä pris le temps de se préchäuffer. Musicälement, je m'ättendäis à un prog symphonique à lä scändinäve ävec des cläviers qui envähissent tout comme lä brume ou le blizzärd dans les contrées à trolls, et bien par Odin, j'äväis tout fäux, 5-15 (mäis d'où diäble vient ce nom ?) fäit däns du härd à lä ricäine tendänce Ted NUGENT ävec un chänt féminin. Tout au plus, le clavier et pärfois la flûte räppellent les ämbiances du gränd nord. Le public en ä pris plein les oreilles et les yeux säns oublier les mäins cär notre Mikä Järvinen prenäit pläisir à venir titiller les premiers rängs permettänt même à des chänceux de grätouiller sä fender quänt il ne s'ämusäit päs à äller chänter äu milieu de la foule ou à escäläder les superstructures de lä scène. Avec en prime un finäl avec un hommäge à THIN LIZZY qui rätträpä lärgement le démärräge difficile de cette journée. Après une nuit correctrice, la soirée suivante s'annonçait encore plus grandiose.

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VROOOM ! Non, il ne s'agit pas d'un bruit de ma tire se dirigeant vers l'esplanade du Concié mais du nom du groupe bordelais (encore) qui ouvre la seconde journée. Le soleil tape, les musiciens sont tout jeune : 2 gratteux, un batteur et un bassiste. Ils annoncent d'emblée qu'ils font dans des reprises de KING CRIMSON. Choix hardi car se frotter à cet hydre musical en a laissé plus d'un par terre. VROOOM dès les premières minutes a déployé tous ses talents et n'usurpe pas son nom. Les morceaux des Maîtres sont bien digérés et surtout sont bien restitués laissant pantois plus d'un connaisseur. Bien assis sur le duo basse batterie qui assure, le Fripp aux longs cheveux blonds, sorte de jeune ange au sexe difficilement reconnaissable au premier coup d'oeil (ce qui est logique pour un ange) se joue des difficultés et à l'opposé du tenant du nom, s'éclate littéralement sur scène faisant le show presque à lui tout seul. Son acolyte à la guitare est quant à lui, plutôt caché voire oublié dans son coin et c'est un peu dommage. VROOOM en se jouant des difficultés d'un Discipline ou d'un Elephan Talk sans oublier l'obligatoire 21th Century a montré de réelles capacités à aller plus loin encore. L'avenir le dira...


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La suite grimpa d'un cran au moins pour les amateurs de space rock à l'allemande avec TRIGON. La foule jeune qui s'était amassée au pied de la scène et qui attendait avec impatience PAIN of SALVATION a été surprise par le déferlement de la guitare de Rainer Lange, les rythmes lourds imprimés par son frère Stéphan et de l'étonnant batteur Tihomir. D'autres, des progeux purs et durs jetaient au contraire des anathèmes sur cette peste musicale venue de l'est. Il est vrai que nous sommes loin des ambiances prog et néo-prog qui devraient logiquement flotter sur le festival mais un peu de son neuf est bien nécessaire pour secouer la poussière. Et pourtant TRIGON m'a semblé dans les premiers morceaux beaucoup plus progressif qu'à son habitude où le groupe se plaisait à naviguer dans un space rock quasi industriel avec des rythmes au marteau pilon. TRIGON a gagné en accessibilité et d'ailleurs sa présence à la Baja Prog, le grand festival prog mexicain, souligne que le mouvement se rallie à ces nouvelles sonorités. A la demande même de l'organisateur du festival nouvellement converti à ce rock qui change de l'ordinaire, le groupe a joué longtemps, trop presque. Un clavier aurait sans doute pu éviter quelques longueurs en enrichissant encore leur musique. Et en final, TRIGON s'est fait faire le portrait directement sur scène par un grapheur armé de bombes de peinture. Le résultat fut à la hauteur du cosmic trip : une créature extraterrestre semble honorer le vaisseau TRIGON sur fond de paysage irréel à dominante rouge acier en fusion...

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Le moment tant attendu pour beaucoup est enfin arrivé : PAIN of SALVATION s'apprête à monter sur scène. Quelques instants auparavant, des discussions animées s'étaient élevées pour tenter de savoir si PAIN of SALVATION appartenait au prog ou au métal, chacun restant bien entendu sur ses positions... Seul le concert pouvait départager les protagonistes. Les suédois montent enfin sur scène et dès les premières mesure, les tenants du métal paraissent avoir raison. PAIN of SALVATION peuvent être soupçonnés de dopage car le pêche est là. Rien à voir avec leur prestation de Raismes il y a deux ans où ils avaient brillé par leur statisme. Et en dehors de quelques passages sonnant prog, l'ambiance était franchement aux déferlements d'une puissance bien contrôlée avec bien sûr des cheveux secoués dans tous les sens comme tout métalleux qui se respecte. Finalement la question existentielle est toujours en suspend... chacun pouvant rester ses positions... Prog ou métal ? Mais l'enthousiasme de PAIN of SALVATION était fortement contagieux, il est vrai que le terrain était favorable. Pour ma part, je reste plus réservé. Certes, le show était là mais musicalement, il y a du très bon, de l'excellent même dans certaines mélodies mais aussi du gnangnan bien bourrin sans doute destiné à combler des trous. Il est minuit, la fin s'annonce. Un rappel, puis une foule forçant la voix face au départ des PAIN. Bons joueurs, ils revinrent reprenant un titre déjà joué ; le choix, un morceau de l'avant dernier album, fut magique. Crescendo 2005 avait atteint son but: faire vibrer. Crescendo 2005 pouvait s'arrêter.

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Août 2005

Frédéric Loridant / Photorock © 2005

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