Vingt et une heure trente, on s'affairait autour d'une scène mobile érigée au centre de la promenade de Saint-Palais-sur-Mer. Des instruments trônaient dessus et les familles, plutôt glace à 3¤ que sucette à l'eau à 80 cents à la main, question de standing, se pressaient autour, curieuses d'en savoir plus sur cette animation qui change de l'habituel léchage de terrasse ou du nième coup d'oeil prolongé sur le coucher de soleil. Bref, à Saint-Palais se préparait quelque chose. Et ce n'était que les prémisses d'un événement plus important annoncé par des affiches couleur pink fluide collées un peu partout. Il fallait être aveugle ou vraiment peu curieux pour ne pas deviner que cette petite scène allait devenir bien plus grosse et se transformer d'un coup de riff magique en un festival de rock progressif répondant au nom de Crescendo, le 7ème du nom.
Mais revenons à nos moutons, heu... nos vacanciers. Visiblement, ils n'ont pas l'air d'être des habitués de la musique de sauvages et appartiennent pour la plupart à une génération bercée par les seventies ou tout au plus par les vagissements de
U2 ou
The CURE. les
Star Ac étant réservées à leur progéniture, faut bien qu'enfance se passe... Quant aux ados, ils attendaient sagement, skate dans une main, paluche de l'Amour bronzé de leur Vie dans l'autre... Mais tous n'avaient pas des skates. Et c'est là qu'intervient toute la finesse, toute l'expérience de l'équipe Crescendo menée batterie battante par Sébastien Monteaud pour satisfaire tout ce beau monde qui se faisait de plus en plus nombreux. C'est
PEYOTL, formation bordelaise, qui fut judicieusement retenue et disons le tout de suite, le choix fut à la hauteur des attentes de chacun.
PEYOTL pourtant amputé ce soir de son chanteur réunit dans de longues compos tous les ingrédients qui ont fait la grandeur du rock seventie, du spatial de
FLOYD aux rythmes dansant d'un
SANTANA des début en passant par des ambiances
DOORS. Bref, à Saint-Palais, on nage dans un océan peace and love et
PEYOTL surfe allégrement sur les vagues. Pour le public, c'était parfait et malgré la longueur des morceaux inhabituelles en ces temps surboostés, il a pris plaisir à planer, danser avec sa marmaille ou tout simplement à écarquiller les yeux en flottant dans la musique. Quant aux ados, sûr que plus d'un s'est dit : "mais comment font-il sans ordinateur ???" Au plan des critiques, quelques longueurs et des emprunts un peu trop appuyés à Meddle par exemple. Mais pour une bonne part des spectateurs rien de plus agréable que d'entendre ces sonorités qui ont accompagnées leur enfance. Les sanglots longs du hammond berçaient leur coeur d'une langueur monotone. Ah nostalgie quand tu nous tiens... Mais la réalité a vite fait de les ramener en 2005, "Papa, maman, on peux avoir une glace ?" Une Pink Fluide* de préférence.
* : glace aux fruits rouges crée pour l'occasion.