www.photorock.com Damo Susuki et Zeitloop - 05/07/2003 - Spirit of 66, Verviers, le 11 juin 2003 Photorock


Damo SUSUKI


et

ZEITLOOP


au
Spirit of 66
Verviers, le 11 juin 2003

Ce 10 juillet, le SPIRIT planait sous les rythmes lancinants, répétitifs jouant avec une voix sortie des profondeurs du monde industriel de la vallée du Rhin et du coffre d’un petit homme habillé de jaune dans des ambiances lumineuses également jaunes. On est à mil lieux des riffs métalleux ou des envolées provenant d’un quelconque clavier prog ; on est plongé dans un monde totalement planant, fait de pièces d’une vingtaine de minutes où la voix gagne toute son importance, où les solos virtuoses individuels créent des harmonies collectives hypnotiques qui vous plongent dans une béatitude vibrante. L'interaction entre la voix de DAMO SUSUKI avec ZEITLOOP, son groupe support du moment (l'an dernier, je l'ai vu dans une version beaucoup hard avec JELLY PLANET ) est totale. Le spectateur n'a plus guère le choix de se laisser happer par ces guitares planantes ou déchirées, ces sons de claviers sortis de la six cordes ou le fantastique duo basse batterie qui pourraient sans problème s'écouter en solo tant leur colorations sont attirantes ou de s'enfuir à toute jambe se demandant où se trouvent les FLOWERS KING, SPOCK's BEARD ou les ARK et FREACK KITCHEN pour se raccrocher à des choses rassurantes.

Pour les connaisseurs, on baigne en plein dans les ambiances développées, inventées, sorties tout droit de l'imagination délirante de CAN. Ces géants du rock allemand expérimental dont DAMO SUSUKI fut un temps le chanteur, retranscrivaient dans leur morceaux toute la poésie qui peut s'extraire du monde industriel, cet univers où les machines abrutissent les hommes. Toute la force de CAN et de ses expérimentations presque technoïdes, est d'avoir donné naissance à un collectif où l'inspiration individuelle venait compléter habilement celle des autres musiciens créant ainsi des univers sonores très singuliers. On a constamment l'impression d'être promené dans des suites d'improvisations réussies et surtout envoûtantes liées par la voix ou supportant solidement les dérives vocales multicolores. Et voilà dans quel univers nous ont emmenés DAMO SUSUKI et ZEITLOOP, prolongeant ainsi une musique mille fois copiée, déformée, galvaudée même et oubliée en grande partie. Même si DAMO SUSUKI n'est pas CAN, sa connaissance de leur monde musical a été pour une bonne partie du rare public présent, le moyen d'y voyager, d'y planer et de l'explorer en toute quiétude. Et en final, du CAN, du vrai ! MOTHER SKY, un trentenaire d'une vingtaine de minutes qui n'a pas pris une ride. Le seul défaut de cette soirée : rendre bien fade la musique de nombre de groupes actuels.

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Frédéric Loridant
juillet 2003
fred@photorock.com