PRINCE PO

GOMM - DEAD COMBO


Festival de BOURGES
22 Est - 24 avril 2004


Le festival de Bourges tire sur sa fin. Pour preuve, les rues ultra bondées qui annoncent le week end. Demain, le train. Mais avant de repartir vers de nouvelles aventures rock and rolliennes (BIG JOHN BATES s'annonce avec ses VODOO DOLLS – hum), j'avais capté le nom de DEAD COMBO sur le programme du 22 et revoir ces deux décadents ne tentait. Je fus d'autant plus vite ferré que j'avais rien à faire d'autre que de regarder la foule passer et que mon regard accrocha une affiche alléchante : GOMM, ce soir au 22, 22h30. GOMM, les découvertes dans la programmation officielle. Beau coup de chance pour le groupe nordiste. Il est vrai que leur musique hypnotique cadrait assez avec le thème électro/machines/électro-punk de la soirée du 22 Est. GOMM et DEAD COMBO sur la même scène, une occasion comme celle là ne se rate pas.

GOMM avaient fait forte impression la veille à la Soute lors des Découvertes. GOMM les survolaient d'ailleurs d'assez haut et se démarquaient franchement avec son rock hypnotique halluciné, parfois pop, parfois punk mais toujours efficace. J'ai beau faire, je ne peux pas m'empêcher à l'héritage du rock allemand, celui sorti tout droit des fumées des usines de la vallée du Rhin, celui de CAN puis à leur suite, de KRAFTWERK, voire même RAMSTEIN. Mais avec cette french touch qui humanise la froideur teutonne (remarque absolument pas valable pour CAN, je précise). Cette humanité est d'autant plus marquée que la chanteuse attire les mâles comme des moustiques autour d'un lampadaire un soir d'été (etc...). Elle a un regard fascinant qui l'aurait conduite directement au bûcher il y a quelques siècles. Il faut dire qu'en allemand ou en français, sa voix marque la musique et ses duos, ses conversations musicales avec son pendant à la batterie, ne manquent pas d'intérêt et enrichissent une musique assez complexe pour capter sans tomber dans un obscurantisme hermétique.

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Les GOMM ont sans conteste une dimension européenne, celle des 25. Les DEAD COMBO avaient même quittés leurs flasques rafraîchissantes à forte teneur en degrés pour assister à cette prestation qui fut, on peut le dire, une consécration pour GOMM. Ce succès leur fit balbutier des remerciements sans doute en trop. C'était plutôt à nous de les remercier et l'ovation finale par une salle pleine (alors qu'aux premières mesures, elle semblait bien vide) a montré que GOMM ont marqué de leur musique le festival de Bourges 2004.

Encore une heure avant la mise en route du mini moog des DEAD COMBO et me voilà en plein rap new yorkais avec PRINCE PO, sorte de mastodonte noir bobybuildé excitant en continu les rappeurs présents ; du grand concert sur le plan de l'ambiance et bon entracte avent l'arrivée des martiens.

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DEAD COMBO, nos deux cinglés venus d'un autre temps, nos électro punk tout droit issus des ambiances énergiques de SUICIDE ou METAL URBAIN, prennent place dans une pénombre chargée d'électricité. Une armée de sons étranges sortis du Moog, de guitares saturées déferlent dans la salle balayant sans perte le public qui se pressait curieux. Cette brusque attaque venue de l'ombre, de nulle part ne paraît pas s'achever, certains préfèrent battre en retraite, pas encore prêts à affronter les DEAD COMBO. Les autres se terrent mais peu à peu ils sont happés par cet aspirateur sonique et tressautent dans tous les sens. Nous sommes devenus des épouvantails robotisés ! Des lueurs rouges, jaunâtres fendent l'atmosphère. La folie musicale est à son comble en moins d'une demi heure, on est totalement pénétrés par les délires des DEAD COMBO. Ils ont gagnés ! Jettent un œil sur leur résultat, branchent une machine à bruit et se cassent ! La descente est rude pour une bonne partie des zombies encore présents. Hagards, on sent les interrogations dans les regards. Et non, pas d'interrogation, c'était court, intense, grandiose et combien bon ! Un vrai coït punk. Un grand moment du festival.

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Frédéric Loridant
avril 2004

Frédéric Loridant ©2004