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EINZWEIDREIVIER - Les DECIBELLES

Lille,
La Chimère, le 01 novembre 2009

DECIBELLES ! Non il n'y a pas de faute d'orthographe (de toute façon, MsWord l'a laissé passée, comme quoi), c'est le nom d'un riot grrrl venu de Grenoble faire concurrence à Harry Potter programmé ce dimanche soir. D'ailleurs, la part d'audience a tourné largement en faveur de l'apprenti magicien vu que l'on était 3 pelés, 2 tondus et GrosMath qui passait par hasard. Et elles n'étaient pas seules, un trio mâle les accompagnait répondant au doux nom de EINZWEIDREIVIER ce qui en décomposant les syllabes donne en français 1-2-3-4 ! Nom plus simple à prononcer d'autant plus qu'ils ne sont pas plus allemands que moi javanais. Pas grand monde, une promo pour ce concert quasi inexistante à moins de chercher, une heure farfelue, 19h30, alors que le premier groupe n'a commencé qu'à 21h15, la soirée aurait pu tourner à la catastrophe mais au final personne n'a regretté d'être venu mais je ne sais toujours pas comment Harry Potter s'en sort...

Pour moi et je ne dois pas être le seul, "1-2-3-4" quelque soit la langue, renvoie aux RAMONES et pourtant EINZWEIDREIVIER n'a absolument aucun rapport avec le combo new-yorkais... Ils sont même à l'opposé. Non ils ne font pas dans une pop mielleuse insipide, ils ont sombré dans un trip electro new wave, celle là même qui noya les années 80 dans les rythmes synthétiques et plastiques qui firent la marque de fabrique des DEPECHE MODE et autres dinosaures pas encore tous disparus. Pourtant EINZWEIDREIVIER a des atouts : des musiciens qui touchent leur bille et l'originalité de la formation réduite à une batterie, un Korg et une basse et des rythmes bien pulsés qui suivent parfois des plans bien énergiques à la DEAD SEXY ce qui ne peut qu'éveiller mon intérêt. A l'inverse, certains morceaux sont trop marqués Royco des années 80 avec des plans réveillant en moi de lointains souvenirs lointains entrès en force dans ma mémoire suite à un matraquage intense. Cela n'a pas empêché le public (pas nombreux il est vrai) d'être resté jusqu'au bout malgré un bar qui nous tendait les bras.

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Imaginez trois minettes plutôt mignonnes, propres sur elles, polies et sans tatouage, brailler sur des riffs de Telecaster bien aigus qui tranchent net tout en étant bousculés par une section rythmique énergique et vous voilà en face des DECIBELLES. Elles se définissent comme faisant du power pop post punk... moi je dirais plutôt un rock bien énervé qui prend toute sa dimension quand elles hurlent dans les micros (je sais, les DIG BASTARD hurlent plus fort mais ce n'est pas le même registre). Le début m'a surpris, déçu même, les premières mesures faisaient dans un truc mou proche d'un chamalow resté une journée sur la plage arrière d'une tire en plein soleil, mais dès qu'elles ont vu que l'on pouvait crier dans les micros pour agresser l'auditoire, le concert était parti. C'est terrible une fille qui hurle, je plains celui qui se fera engueuler, il faudra qu'il mette un UNSEEN à fond ou un DIG BASTARD pour étouffer les vélléités des DECIBELLES dans l'œuf et avoir un peu de tranquillité... Le set est assez linéaire, seul le premier morceau avec sa première moitié toute molle dénotait, le reste se laissant écouter et voir avec un certain plaisir. Dommage quand même que la sérieuse bassiste n'est entrée dans le bain qu'assez tard, ne s'énervant vraiment qu'à la fin. Peut-être la timidité de se retrouver devant GrosMath arborant un beau tee-shirt d'AGNOSTIC FRONT. Bon point à la batteuse douce et puissante à la fois et qui a prouvé qu'elle savait se servir élégamment de ses baguettes, et mention spéciale à la guitariste au look BCBG dont pas un cheveu n'a bougé (son gel est plus puissant que celui de Jeanne dont la crête s'est effondrée lors du concert des DIGGER, mais l'environnement était bien différent) alors qu'elle vibrait sous les giclées de riffs que ses doigts agiles faisaient cracher de sa gratte. Finalement, je ne regrette pas de ne pas connaître la destinée d'Harry Potter, les DECIBELLES étaient bien plus excitantes.

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Frédéric Loridant / Photorock.com 2009

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