BAM dans ta Gueule - ASTONES

DIGGER and the PUSSYCATS


Lille, La Malterie, le 25 juin 2005


Les hauts lieux du rock and roll se sont donnés le mot, du rouge, du rose, un peu de bleu. Le seul moyen de s'en sortir est de claquer quelqu'un devant le spot pour faire barrage de son corps à la lumière... Mais je ne vous raconte pas la déshydratation et l'irrésistible besoin d'un apport de liquide et quand on sait que l'eau n'existe pas dans ces lieux... Tout ça pour vous expliquer les ambiances et leurs évolutions lors de cette soirée mémorable de la Malterie qui commença dans le rose pour se terminer dans des tons brun-jaune en passant par le rouge. Les raisons de cette évolution : une ouverture rose avec BAM dans ta Gueule (dit aussi BAM [dtg]), le rock and roll abattoir d'ASHTONES et un saut dans le bush australien avec DIGGER and the PUSSYCATS ; mais pas de PUSSYCATS, que les DIGGER...

L'écrasante chaleur du bush australien se faisait sentir bien avant l'arrivée des DIGGER. La température faisait dans la canicule, d'ailleurs les vieux s'en étaient doutés, il n'y en avait pas ou plus. BAM [dtg] avait déjà bien entamé son set quand je montrais le bout de mon télé et c'est dans une nuée rose que la Gypsie pointait son manche. A sa droite son fidèle bassiste qui soufflait et transpirait mil et une gouttes sous les yeux de la Julie qui avec son calme madone habituel, ses yeux levés au ciel et ses bras croisés dans tous les sens, imprimait des rythmes d'enfer qui faisaient BOUM dans ta Tronche. Dans ma collect de concerts de BAM, c'est l'un des plus réussi. La couleur rose, l'excellent son, l'ambiance rose presque cabaret avec boa et toutytout annonçant les PUSSYCATS, leur zique bien ficelée, bien fluide, glissant toute seule dans les conduits auditifs, la nouvelle compo qui laisse présager du tout bon (rose), tous les indicateurs (ça c'est pour faire savant) étaient au rose. Le public en a largement profité et commença à se tasser et pas seulement auprès du bar.

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Un spot bleu disparaît et hop, voilà le retour du bon rouge tempéré toutefois par des résurrections éphémères du bleu défunt. C'est donc dans un rouge bien soutenu, rose par endroit que les rois du punk row lancèrent leurs premières grenades dans un public déjà bien chauffé. Rien à dire, ASHTONES est l'un de ses rares groupes qui dégage une énergie si prenante qu'elle fout la tremblote, un entrechoquement convulsif interne ; une érection là dessus et c'est l'orgasme... (je vous assure que ce n'est pas à la vue du slip d'Olive). Je les ai croisés au moins 13 fois avec un appareil et je trouve toujours des nouvelles images à faire... ASHTONES, je les ai dans la peau, je soupçonne leur zique d'être subliminale et demande l'ouverture d'une enquête.

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Trêve d'ASHTONES, repos rapide pour permettre aux organes de reprendre leur place et les australiens, les BIGGER and the PUSSYCATS attaquent. A défaut de PUSSYCATS, on a eu droit à un mec look normal et à un barbu chevelu roux sans doute chargé en chromosomes irlandais. Finalement, l'absence de PUSSYCATS fut sans doute bénéfique car après l'orgasme ASHTONien s'ajoutant à la chaleur de plus en plus forte, à l'air de plus en moite style ambiance Tahiti douche, des PUSSYCATS auraient sans doute déclenché des réactions en chaîne incontrôlées... Les DIGGER ne sont que deux mais quelle présence. Ils font dans une sorte de psychopunkbillyblues à base de guitare, de batterie et de chants avec une touche australienne indéniable : le batteur se prend pour un kangourou et n'arrête pas de sauter, non pas à la fin du set comme l'ami Romain des DOMESTICS, mais au cours du set tout en jouant... La chaleur faisait dans le torride, on se sentait kangourou et le vaste troupeau enfermé dans la Malterie s'agitait dans tous les sens sauf quelques koalas qui s'agrippaient au bar.


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Ce n'était plus la Malterie mais une ménagerie parfois refroidie à coup de rafales de jets de bière. Je ne sais pas si l'effet escompté portait mais en tout cas, les DIGGER and the PUSSYCATS sont sortis largement vainqueurs de cette bataille du bush ! On était KO, des corps vacillaient et les CD semblaient partir comme des canettes fraîches face à un troupeau de kangoupunks assoiffés...Là j'exagère un peu, les quelques euros qui restaient étaient déjà investi. Ah Jupiler quand tu les tiens.

Frédéric Loridant © juin 2005