The DOMESTICS

Le Feu Follet

Lille, le 3 décembre 2004

Il n'y a pas de doute, les DOMESTICS sont des branleurs. D'ailleurs, ce cri du cœur n'arrête pas de fuser dès qu'ils se pointent quelque part. Il y avait du monde qui croisait autour du Feu Follet, troquet bien placé, au pied ou au cul (au choix) de l'Opéra, raison de plus pour le crier d'autant plus fort, ce vendredi, veille de braderie de Lille. Des branleurs, c'est sûr, il y en a même un qui, ce soir, se sentait pousser des ailes d'ange avec sa croix autour du cou. On voit que Jean-Polsky a fait des recrues depuis son voyage chez Bernadette. Sans doute que le chevalier croisé des 4 cordes espérait de nouvelle corde pour sa douce maîtresse Fender... Bref, les DOMESTICS sont des branleurs mais au moins ce qualificatif attire les groupies en masse, à se demander si les mecs, les Niko and co ne venaient pas pour cela. Sans doute assiste t-on à un changement dans la bien séance, dans le bon vieux temps, c'était les mecs qui se sentaient aspirés par les femmes de chambre, maintenant sont les filles avec les DOMESTICS...

L'espace est exigu : une petite scène intérieure si on peut appeler cela une scène, est coincée contre les vastes fenêtres, des chaises d'où certains ne bougèrent pas de la soirée et la porte. Sur les murs, des images de concerts, des images de stars œuvrant dans un registre plus classique que le bruit de nos DOMESTICS, veillaient. Le concert commence bruyamment, la sono sature sous les coups de basse. Romain frappe sans relâche explosant ses godets de bibine, Johanne, le gratteux prend des poses de gratteux, mimiques inspirées en moins et Cédric martèle sa basse entre deux gorgées de bière... The DOMESTICS are branleurs hurlaient aussi des ricains tombés là par hasard ! Et bien leur zique aussi. C'est un rock and roll bien lourd, plombant les oreilles, joué sous amphétamines pour pur sang de course. Mais la comparaison s'arrête là ! Nos pur sang du rock and roll énervé, sans doute pour se rassurer, ne causent que de filles, ne jouent que pour les filles qui prudentes, se tiennent hors de portée des fougueuses attaques soniques manches en avant. Et elles frappent juste ces attaques éclairs. Trois minutes par morceaux, un refrain assez simple pour bloquer une partie des neurones et des rythmes époustouflants traumatisants les amplis et transformant les HP en trempoline. Des branleurs, pour sûr c'est sûr ! Mais il y en a plus d'une paire qui a apprécié de faire partie de ce malstrom, de prendre ces baffes sonores et surtout de se sentir branleur ou mieux, DOMESTICS, de toutes façons c'est pareil ! Et on aime.















Septembre 2004

Frédéric Loridant ©2004