ARSENE LUPUNK

3-1 LIVE


le Feu-Follet - Le KiosK

Lille, le 6 novembre 2004

Quel battage autour l'arrivée d'Arsène Lupin au cinéma ! Sans doute qu'avec cette production french pop-corn, Maurice Leblanc se retourne dans sa tombe mais bon, faut bien que certains fassent du profit. Ce n'était absolument pas le but de l'ARSENE LUPUNK TRIO, les purs existent encore, Maurice aurait sans doute apprécié. D'autant plus que ce samedi 6 novembre, les ARSENE LUPUNK TRIO étaient en plein marathon live, 10h00 de concert entre 16h00 et 2h00 en faisant des sauts de puces entre divers troquets lillois. Cette performance de nos militants radicaux les laissa sans voix vers 2h00, donna le temps à photorock d'aller vers une autre live performance, celle des hollandais de 3-1 LIVE, des technoïdes hardcore accompagnés de leur team girls sexo-trash bien provocantes.

La foule était nombreuse au Feu Follet, l'ultime étape du marathon des ARSENE LUPUNK TRIO. Et pourtant, ils n'étaient pas encore arrivés mais des petits malins se dépêchaient afin de trouver la bonne place pour l'ultime barouf sans trop perde de temps au bar pour la bière obligatoire. Et l'impact du liquide jaune mousseux, consommé en très grande quantité sans doute depuis 16h00 transformait le public en une bande de fêtards et fans heureux d'être là, à attendre leurs ARSENE LUPUNK TRIO. Enfin le trio démoniaque (n'est pas Arsène qui veut) prend place et balance sa sauce militante teintée d'un radicalisme sonnant juste. Il ne faut pas chercher la sono, il n'y en a pas. De même les amplis ne sont pas utiles. Les voix devaient suffirent, mais au bout de 7/8 concerts de suite, heureusement que le public chantait car sur les planches, c'était plutôt aphone, quoique... il a fallu attendre le passage des bûcherons des BXN pour assister à la mort des cordes vocales. Au programme, tous les titres qui ont contribué à l'éducation politique d'un bon nombre mais pas à celle des bien-pensants. PARABELLUM, TULAVIOK, les SHERIFFS sont leurs mentors mais s'intercalent des chansons plus anar prises dans les répertoires du début du XXème s. à ce que j'ai compris. Ah la grande époque !!!! Et ils ont tenu le choc. Dix heures de concerts non stop, une performance juste entrecoupé par les transferts entre troquets et des pauses désaltérantes, il fallait le faire. Ils l'ont gagné à la force des cordes vocales le statut de star et comme la sagesse populaire le dit "star d'un jour, star toujours" ! Qu'on se le dise. Et c'est avec un "Mort aux vaches et aux condés" dans la tête et l'envie de renfiler la galette des PARABELLUM dans mon mange-disque que je me dépêchais d'aller au KiosK me plonger dans les trash-performances de 3-1 LIVE.

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Il est 3h00, le KiosK est bien rempli. Ce n'est pas le même public qu'au Feu Follet. D'une part, une bonne partie des adhérents au concept ARSENE LUPUNK TRIO ne devait plus trop être en état de gagner la planète electro-punk ou techno-hardcore et de l'autre, ce sont deux monde différents, deux astres qui ne sont unis que par la musique et leur situation aux confins de la bien séance de la France d'en haut. Le concert commence. Pas d'amplis, pas de gratte, juste une batterie d'I-Book, un mini clavier et des machines avec plein de boutons et de fils ! 3-1 LIVE est un collectif changeant provenant d'Amsterdam et tape dans une musique dite électro-punk selon certains, une sorte de techno hardcore parfois chantée pour moi mais je n'y comprends pas grand chose dans les classifications. Les 3-1 LIVE sonnent forts, très forts même et le public devient une masse mouvante rythmée par les coups. A cette débauche de sons électroniques auxquelles je marierais bien volontiers une guitare hurlante, vînt s'ajouter deux créatures longiformes outrageusement maquillées, revêtues de paillettes et distribuant aux affamés de zique, des boules de coco en déambulant en rythme dans un public jouant parfaitement le jeu. Après les ripailles sommes toutes limitées et deux-trois morceaux plus speed les uns que les autres, place à des vénus callipyges jouant de l'arrière train car c'est bien de cela qu'il s'agit, un peu comme la Vénus hottentote a du le faire avant de devenir une bête de cirque parisienne, dans sa tribu. La débauche sonique devient visuelle, les gens s'écartent, laissent évoluer les deux croupes monstrueuses uniquement recouvertes d'un transparent collant. La chaleur monte. Les bpm aussi. Un break bienvenu voit le retour non plus des deux vénus difformes, mais de deux autonomes à peine vêtues mais casquées et provocantes. Les images parlent d'elles mêmes... La musique remplit toujours chaque espace libre du KiosK. 3-1 LIVE distillent toujours leur boucle aux aficionados qui en redemandent. Il est 4h15... Une escapade au bar et des bavardages qui me font rater la dernière prestation (du moins je crois) des vamps sexo-techno-trash. Zut, de toute façon, il est 4h20, mon lit m'attendait avec impatience.

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Frédéric Loridant
Novembre 2004

Frédéric Loridant ©2004