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ROCKERS STERVEN JONGER

KATALOG - GENJNI - 3-1


La Malterie
Lille, le 27 octobre 2006

Le bal de la sueur ! On baignait dans le bal de la sueur. Non pas dans une aventure de Sergei Wladi* mais tout simplement à la Malterie pour la première soirée 100% electro du lieu. L'ancienne usine allait vibrer au son des machines et on s'était passé le mot. Avant même que les concerts commencent, un papier hâtivement griffonné indiquait "Concert Complet". Dommage pour les retardataires, ils auront manqué les ROCKERS STERVEN JONGER, une des branches du RAID lillois, KATALOG, GENJINI et les 3-1 mais ils auront eu la chance de ne pas terminer trempé, des chaussettes à la tonsure, par un jus de corps d'hommes et de femmes qui rendait les peaux moites et luisantes sous les quelques rares lumières.

L'ambiance, pour me pas changer à la Malterie, coulait plutôt du côté d'une fonderie par nuit noire où des explosion de métal en fusion apportent juste l'éclairage nécessaire pour faire réagir les pupilles que d'une star académie quelconque ayant passé des arrangements avec EDF. Et c'est dans une pénombre parfois difficile à percer que la température s'est mise à monter et les murs à suinter. ROCKERS STERVEN JONGER ! Un groupe lillois dont j'entendais parler pour la première fois. Trois musiciens, deux aux machines, un à la guitare qui nagent dans un SUICIDE / DEVO (période 74-77) qui ne peut que m'entraîner dans les tourbillons soniques qu'ils créent. C'est bon, pas besoin de réfléchir, de jouer à Ulysse résistant au chant des sirènes, il suffit de se laisser aller et de se faire engloutir par les nappes de machines et la guitare ; la voix douce à violente, parfois agressive, vous tenant la tête hors de l'eau dans ce monde cyberpunk. Pas même une heure de concert et nous voilà déjà bien mouillé.

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L'entre concert, la traditionnelle entracte des séances de cinéma d'antan, a permis de souffler un peu. La foule se pressait dehors animant la rue Kulhman, fait rare dans ce quartier peu fréquenté la nuit. Ce fut aussi l'occase de discuter avec un routard teufeur qui au gré de ses voyages a conservé un bon paquet de diapos. Et la bonne idée est qu'une partie de ces images est accessible dans un bouquin (en vente même à la Fnac), Overground, signé par Tomski et Bze. A se procurer, les images plus que le texte étant un témoignage sur ce monde en orbite autour de notre société. Trêve de pub, KATALOG attaqua sec dans la moiteur ambiante avec son electro/techno/clash. Autant l'ambiance un peu cyberpunk du groupe précédent était tendance dark, autant on donne dans une electro fun avec KATALOG. Du tourbillon synthétique des ROCKERS STERVEN JONGER, on passa dans le cycle lavage / battage à grande eau style mère Denis sous amphét ! Tout bougeait de partout, du chanteur au public, le ton était donné, le tempo aussi, la soirée est bien lancée.

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KATALOG KATALOG KATALOG KATALOG KATALOG

Et ce n'est pas GENJINI qui allait la plomber. Le fly indiquait GENJINI, electro-folk !!!! Pour l'electro, pas de souci, on baigne dedans, pour le folk... J'ai eu de la peine à en trouver... Peut-être dans les cheveux longs et la barbe du guitariste. En tout cas, aucune vague odeur de fromage de chèvre, mais de fauve oui ! Dans son île, Ulysse, à ces fourneaux la mère Denis, GENJINI nous entraîna au coeur de la machine, dans le tambour qui tourbillonne dans tous les sens au gré des rythmes hachés à coup de voix nasillardes et de riffs ravageurs. Et pas de lavage à froid, que de la haute température en couleur, il fallait que les tee-shirts en sortent bien humides, qu'ils collent à la peau, il fallait que la sueur goutte...

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GENJINI GENJINI GENJINI GENJINI GENJINI

Après cette séquence lavage, les 3-1 mirent la lessiveuse sur vitesse rapide sur boostant nos pauvres moteurs déjà bien fatigués. Je ne sais pas d'où vient l'énergie, mais après 3 concerts peu reposant, elle était encore bien présente dans la Malterie même si quelques coup de fatigue se devinaient dans des yeux brillants, des peaux luisantes, des vêtements trempés et des attitudes pas toujours nettes... Les 3-1 surent réveiller tout ce beau monde. Mais pas avec de la lumière, il n'y en avait pas. La scène était juste éclairée par un rétroprojecteur, ambiance collant bien à leur electro punk sur lequel deux performeuses s'éclatent en jouant avec le public. Ce fut parfois fort chaud, les poupées ne se laissant pas faire ni attraper facilement par certains irrésistiblement attirés... Plus tard, c'est un tee-shirt qui disparaît laissant une belle poitrine en offrande aux 3-1. Le concert fut hot, une vraie centrifugeuse bloquée sur maxi sans possibilité de couper le courant. A force de baigner dans cette folie, le public était frénétique, tout le monde s'agitait, gesticulait, envahissait la scène obligeant Mika (un des GO de ce délire) à protéger le matos de son corps. Je n'ai pas le souvenir d'une telle folie à la Malterie. A la fin, une partie des spectateurs avaient rendus les armes totalement lessivés, l'autre, les survivants terminant le cycle à peu près debout. On se regardait hagard ne comprenant pas tout, avec comme seule certitude, celle d'être trempé des pieds à la tonsure (le cycle est achevé) sans avoir pris de douche, ni s'être jeté dans une piscine, les odeurs fortes de moiteur étaient là pour nous le rappeler.

* des excellents Cromwell-Raph-Edith et Riff Reb's, Bd chez Glénat.

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Frédéric Loridant / Photorock - octobre 2006

Mél / Mail : f.loridant@photorock.com

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