Photorock

Drumplay
au
Spirit of 66
le 22 mai 2002


English report after the pics

Quand les rythmes deviennent musiques...

Des rythmes endiablés des marins du Ghana aux tam-tams des Sioux ou des pécheurs Indiens en passant par les Polynésiens soufflant dans le buccin (non pas la trompette romaine, mais le coquillage) pour annoncer l’arrivée d’étrangers, ont envahi un Spirit of 66 qui vibrait sous les martèlements hypnotiques de Drumplay. Batterie, djembés, tam-tams et coquillages l’emmenèrent avec les quelques aventurières et aventuriers (dont des archéologues comme Indiana) dans un magnifique voyage aux pays du soleil et de la mer, aux pays d’une liberté sacralisée par des déclamations d'un poète plus fou encore que ces rythmes porteurs.

L'ambiance était quasi religieuse. L'atmosphère était chaude. Les compositions d'une dizaine de minutes au minimum entraînaient un léger tapotement de la main sur le verre ou la table. Très vite, les têtes se mettaient à hocher et les pieds battaient la mesure ou tentaient de la suivre tant les variations rythmiques étaient nombreuses et riches. Pas une minute où l'attention n'était pas en éveil. Les yeux avaient de la peine à suivre les puissants battoirs de Warren caressant ses djembés ou les baguettes magiques de Phil. Peu à peu des paysages multicolores se matérialisaient devant nous au rythme d'une batterie folle animée par Phil Kester mieux connu dans GongZilla, des percussions africano-latino-équatoriales de Warren Levert, des tam-tams ou du vibraphone de James Onysko. A intervalles réguliers, cette musique ancestrale sans guitare ni fioriture, s’effacait presque laissant la première place au poète Daniel Thompson, sorte de doux cinglé, amoureux de la vie, de l'homme et de liberté. Nous, spectateurs, s'accrochions à ses lèvres pour saisir un mot, des sons connus ...Train !...Sailor on the Road...Tell Chief Wahoo... essayant avec l'aide de la musique, de reconstituer la trame de ces déclamations.

Puis, la magie rythmique reprenait le dessus, invitant à la méditation le poète et ses poèmes. De ses sons, elle modelait l’espace du Spirit à sa convenance. Peu à peu les paysages prennent formes, s’humanisent. Drumplay est à la musique ce que fut le peintre Douanier Rousseau à l'exotisme fantastique. Tout devenait lumière, tout était sourire, tout était couleur, tout était finesse. C’était luxuriant mais sans surcharge ; chaque son était défini et pur et n’existait qu’en fonction des autres. Les harmonies se chevauchaient et traversaient la salle comme les rayons d’un soleil matinal triomphant de la nuit. Les rythmes faisaient entrer le corps en transe, le massaient en douceur, le brusquaient parfois ou le laissaient sur sa faim. Ils nous invitaient à un voyage vers les étendues vierges et indiquaient le chemin menant aux sources même de la musique, à ce mode d'expression qui permet la communication vers la reine Terre, vers une Gaia plus vivante que jamais, vers les dieux. Ce retour aux racines, dans un univers où la musique est palpable grâce aux chamanes de Drumplay, reste une expérience inoubliable, fantasmagorique, dans notre monde où "fée électricité" a vite imposé sa loi reléguant dans l’éternité ces rythmes oubliés.

Quand les rythmes deviennent musiques....














Text translates by means of Sonja Willems

When the rhythms become music...


Exciting rhythms from the sailors of Ghana to the tam-tam of the Sioux or the Polynesians blowing in the buccin (not the Roman trumpet, but the shell) to announce foreigners' arrival, invaded the Spirit of 66, which vibrated under the hypnotic hammerings of Drumplay. Drums, djembes, tam-tam and shells took the temple of rock music and some adventuresses and adventurers (among which some archaeologists like Indiana) on a magnificent journey to the countries of the sun and the sea. To the countries where the freedom becomes sacred thanks to the declamations of a crazy, flying poet on these strong rhythms.

The atmosphere was almost religious. The atmosphere was warm. The compositions of at least a dozen minutes, entailed a tapping of the hand on the glass or the table. Quickly, heads began shaking and feet beat the measure or tried to follow it as the rhythmic variations were numerous and rich. One minute the attention was not on alert. Eyes had difficulty to follow Warren's powerful hands caressing the djembes or Phil's magic wands. Bit by bit, multicolored landscapes materialized in front of us, brought to life by a crazy drumkit animated by Phil Kester, better known in GongZilla, african-latin-equator percussions of Warren Levert, the tam-tam or James Onysko's vibraphone. With regular intervals, this music of the previous history without guitar or embellishment left the first place to the poet Daniel Thompson, singing the love of life, man and freedom. Us, spectators, hung on his lips to seize a word, a known sound...."Train !...Sailor on the Road...Tell Chief Wahoo..."... trying by means of the music, to reconstruct the weft of these declamations.

The rhythms, the sounds and the poems transformed the Spirit of 66. Bit by bit the landscapes took form, humanized. Drumplay does for music what the painter Customs officer Rousseau did for the fantastic exoticism. Everything became light, everything made us smile, everything was full of colour, everything was sharpness. It was luxuriant but without excess ; every sound was defined and was pure, existing only for the others. Musical notes overlapped and crossed the room as the beams of a morning sun triumphing at night. The rhythms seized bodies, massaged them slowly or violently, but they were never satisfied... They invited us to travel towards the virgin areas and indicated the road leading to sources even of music, to this mode of expression which allows the communication with queen Earth, with Gaia more alive than ever, with gods. This returning to our roots, into a universe where the music is tangible thanks to the shamans of Drumplay, stays an unforgettable experience, phantasmagoric, in our world where " fairy electricity " fast imposes its law, relegating to eternity these forgotten rhythms.

When the rhythms become music...