DRUMPLAY

Verviers, Spirit of 66,
le 6 juin 2004

English report at the end

On se croirait dans une église un dimanche à 11h00, il y a trois pelés et deux tondus dont moi ! Le Spirit est bien vide, il est vrai que le temple de la musique accueille ce soir une formation peu connue en Europe malgré leur troisième passage au Spirit et les percussions ne semblent pas attirer les foules. Et pourtant, l'affiche est grande ! Les trois lascars de DRUMPLAY se sont acoquinés avec Benoit Moerlen, une étoile de la galaxie GONG qui officie aussi dans GONGZILLA, et son marimba pour la première fois amplifié sur scène. Une grande première pour ce roi de l'acoustique !

C'est Benoit Moerlen qui assura le premier décollage du vaisseau Spirit emmenant ses passagers aux rythmes chauds du marimba qu'il taquine avec 4 baguettes en ouvrant de nouvelles perspectives sonores, enrichissant les textures et multipliant des couleurs. Le marimba sous ses doigts devient un véritable kaléidoscope sonique fleurant bon les lointains rivages, nous offrant l'inaccessible. Trois morceaux d'intro dont des premières jamais gravées sur CD, des hymnes chantant son petit fils, ses amis, la chaleur et la simplicité, engendrèrent un décor multiforme dont ses comparses prendront un évident plaisir à lui donner vie. La scène s'anime avec l'arrivée des DRUMPLAY. Seule ombre à ce tableau coloré où l'on se surprend à chercher des yeux le Douanier Rousseau, l'absence de Daniel Thompson, le poète engagé, emporté vers d'autres rivages par une leucémie... Compagnon de James Onysko, de Warren Levert et de Phil Kester, il mettait en paroles les rythmes échevelés, parfois touffus, de ces percussionnistes hors pair ... avec des mots sans doute pas compris des Bush et compagnies. Tous regan-nisé sans doute, les faits parlant d'eux même. Heureusement la batterie, les congas, les conques et buccins et autres objets musicaux nous font vite oublier les 4 murs du Spirit et le monde auquel ils appartiennent. Seul son nom, "SPIRIT of 66", planant au dessus de Phil Kester matérialisait l'existence du temple. Et nous, fidèles, nous étions happés par tous ces sons venus d'ailleurs.


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Dommage que nous fûmes que 10 à suivre leurs multiples voyages emmenés par ces percussions qui fleurent bon l'exotisme. La curiosité de découvrir de nouveaux mondes, de nouveaux sons et de nouveaux groupes semble devenir une perle rare dans notre société ultra uniformisée et conformiste, voire même conservatrice si l'on suit certaines discussions dans les forums de musique. Bref, notre messe s'est résumée à un grand groupe, à un public restreint, à un concert privé dans lequel je n'osais à peine bouger de peur de casser la magie musicale, à une communion parfaite entre un public attentif et à des musiciens, grand prêtres des sons, visiblement heureux de faire passer leur message et de nous emmener avec eux vers d'autres paysages musicaux. Que demander de mieux ?





English Report - Translate by Sonja - Thanks a lot

One could have thought to be at church on a Sunday at 11 am, with just a handful of people, one of them being me! The Spirit is more than empty. Tonight this temple of music welcomes a band hardly known in Europe, and although it’s their third performance at the Spirit, percussion does not attract a large crowd. Nevertheless, the play-bill is grand! The three blokes of Drumplay have consorted themselves with Benoit Moerlen, a star from the GONG galaxy who also plays in GONGZILLA, for the first time playing on an amplified marimba on scene. A grand première for this king of the accoustic!

It was Benoit Moerlen who assured the first take-off of the ship The Spirit, taking his passengers along on hot marimba rhythms, which he tackled with 4 drum-sticks, opening new sound perspectives, enrichening their texture and multiplying their colour. Underneath his fingers the marimba became a real sonic kaleidoscope smelling of far-off coasts, offering us the unaccessible. Three intro pieces, of which the first never registered on CD, hymns celebrating his young son, his friends, the warmth and simplicity, evoked a multiform scenery with supernumeraries happily giving life to it all. The scene got even more lively with the arrival of DRUMPLAY. The only shadow on this colourful painting is the absence of Daniel Thompson, the committed poet, who was taken to other shores by leukemia... As a companion of James Onysko, Warren Levert and Phil Kester he turned the chaotic and sometimes luxuriant rhythms of these uncomparable percussionists into words... words clearly not taken from Bush and co. Undoubtedly completely Reaganised the words speak for themselves. Luckily the percussion, congas, shells and conches and other musical objects, made us soon forget the four walls of the Spirit and the world they belong to. Only the name ‘Spirit of 66’ above Phil Kester materialised the existence of this temple of music. And us faithful ones, we were touched by all these sounds reaching us from far away.

Such a pity that we were so few to follow these multiple trips, taken by the percussion that evoked the exotic. The curiosity of discovering new worlds, new sounds and new groups seems to become very rare in our uniform, conformistic and even conservative society when we look at certain discussions taking place on the music scene. But what the heck, we celebrate a grand group, a small public, a private concert where I hardly dared move, frightened to break the musical magic. We celebrate a perfect communion between an attentive public and these musicians, priests of sound, clearly happy to bring their message and to take us with them to other musical landscapes. What more could we ask for?
Frédéric Loridant
juin 2004

Frédéric Loridant ©2004