Photorock
Laetitia SHERIFF
et
ELYSIAN FIELDS


Le Grand Mix, 7 septembre 2003

Soirée intimiste, ambiance feutrée, chansons presque tristes, tout a concouru à transformer le Grand Mix en une alcôve feutrée difficile à saisir mais pas désagréable. Soirée féminine aussi et c'est Laetitia SHERIFF qui jette les premiéres lignes de ce tableau aux couleurs affadies par le temps. Commençant seule, puis épaulée par deux excellents musiciens attentifs, j'ai eu l'impression que Laetitia SHERIFF et ses compères se plongeaient dans un bain de jouvence psychélique à grands coups de guitare brossée à la PORCUPINE TREE ou à la PINEAPPLE THIEF sur des lignes de basses soutenues. La rage à peine contenue de Laetitia me rappelle toujours la grande Patti SMITH et je n'en démordrai pas même si ça fait sourire certains (et là je leur conseille d'aller jeter un coup d'oreille à Horses ou Easter) ; mais une Patti SMITH plus branchée sur la pop que sur les excés soniques du CBGB. Au bout du concert, les lignes générales sont dessinées, des atmosphères colorées se dégagent et dessinent un tableau presque achevé, prêt à accueillir les maîtres des Champs Elysée.


cliquer sur l'image - click on the pic








L'attente fut longue, les traits plaqués par Laetitia SHERIFF et ses compagnons de route devant sans doute sécher... La lumière tombe, c'est pire qu'un crépuscule sans lune ; les couleurs habilement composées par Laetitia SHERIFF s'estompent. D'une créature féminine presque provocante sur ses talons à aiguille et à la moue aguicheuse, monte un chant angélique. C'est Jennifer Charles d'ELYSIAN FIELDS. Accompagnée par des musiciens très discrets, presque invisibles dans la pénombre, tout se centre sur une voix superbe et une guitare aérienne ; combinés, ces deux éléments formant la molécule de base de ces Champs Elysée, son noyau dur, son âme. Tout gravite autour. ELYSIAN FIELDS apparaît être une entité à deux têtes planant sur d'autres instrument venus habiller des passages souvent trop nus. C'est doux, c'est beau mais sur la longueur, cette musique quasi religieuse hypnotise l'auditeur le plongeant dans une catalepsie sans retour. L'arrière plan un peu jazzy ne vient pas rompre cette linéarité qui s'est ressentie sur la durée et pourtant ce fut court comme set, une heure pas plus. Malgré la voix quasi divine de Jennifer et sans doute les 4f donn�s par Télérama, ils ne paraissent bien lisses, presque fades, les chemins du paradis ; on est loin de ceux défrichés par LED ZEP, mais si l'on en croit la légende, ils conduisent aussi aux Champs Elysée ; cette route me convient mieux.

cliquer sur l'image - click on the pic












Frédéric Loridant
septembre 2003
fred@photorock.com