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ETHNOPAIRE Lille, Le Rêve d'Herbert, le 9 mai 2007 Les petites bouffes aux Tilleuls ont du bon. D'une part on mange bien et d'autre part on croise toujours des têtes connues. Et me voilà attablé attendant Marie Rose devant un verre quand le patron du Rêve d'Herbert, un paquet d'affiches à la main, vient me sortir de mes pensées profondes. Politesses d'usage, bla bla et cette phrase : "Tu viens ce soir ? - Ce soir ? Oui il y a ETHNOPAIRE ? Quoi ? Ben oui, ETHNOPAIRE, ils traînent depuis une dizaine de jours dans le coin ? Ca je le savais mais je pensais qu'ils jouaient le 9 juin. Et bien non, c'est ce soir, le 9 mai. 'tain, heureusement que je te croise, j'ai du mal comprendre l'info que m'a filé Barbara lors de PUNISH YOURSELF, 'faut dire que mes neurones avaient pris un sacré coup dans la tronche". Ah les petites bouffes aux Tilleuls ! L'info n'avait absolument pas circulé, juste quelques affiches posées cinq heures avant dans le quartier. Et moi qui me préparais à entendre la bonne parole à la télé... Ce sera pour une autre fois. Malgré tout, un peu à la fois, le Rêve d'Herbert se remplit. On y croise des habitués mais aussi des nouvelles têtes visiblement venues de Belgique. ETHNOPAIRE même sans promo rameute... Sans être des habitués des hauts de France, ces défricheurs soniques de l'arrière pays niçois semblent se plaire chez nous et ce n'est pas la pizza croquée sur le coin du bar qui les rebute. On traîne, le Rêve d'Herbert se remplit, la matos est en place, gratte à gauche, claviers au centre et gratte à droite. Le décor est planté, le matos aussi et c'est Violette qui d'un riff puissant bat le rappel. Le premier morceau sonne nouveau à mes oreilles. Plutôt calme, claviers en avant, guitares en retrait, une belle comète pour annoncer la pluie de météores qui arrivent à la vitesse de la lumière toutes guitares hurlantes. Le vaisseau ETHNOPAIRE était en orbite prêt à passer en vitesse de distorsion. Violette riffe rock à tour de bras et imprime une cadence infernale. Zimo surcharge à la seconde guitare tandis que Nilos délire avec ses claviers cosmiques à tendance tempête solaire tout en lançant des boucles technoïdes qui envahissent automatiquement vos cellules. Les fidèles entraient dans des danses saccadées accentuées par une lumière qui s'était mise aussi de la partie. On passait de la sérénité de la vallée des Merveilles du mont Bigo à l'explosion d'une supernova. On nageait dans 2001 Odyssée de l'Espace, nous, pauvres humanoïdes face à un ETHNOPAIRE monolithe. Le trio space punk ne se contentait plus de lancer leurs météorites soniques, des visions venaient habiller le son ; l'ambiance se renforçait d'une dimension cosmo-ethno-mystic-trip et Zimo, transformé en shaman en transes, en profita pour lâcher sa guitare se fondant dans son masque primitif ; la tension positive palpable se transmuta en folles sarabandes libératrices. Impossible d'arrêter les ETHNOPAIRE en furie. Un dernier morceau, puis un rappel, deux, trois... Ce mercredi, un malstrom cosmique avait envahi les Rêves d'Herbert. |
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