TOXIC WASTE - METAL URBAIN - The FLESHTONES

Lille, l'Aéronef,
le 21 mai 2004


TOXIC WASTE dans le décor tout tuyaux et béton de l'Aéronef, une vrai descente dans le cyber punk, ne manquait plus que les mutants, les fumées toxiques et l'alcool frelaté. Des mutants, il m'a semblé en croiser avec des crêtes bleues, rouges ou jaunes ; l'alcool coulait à flot et les bruits de changements de tonneaux résonnaient dans les tuyaux. Pour la fumée, je n'ai pas fait d'analyse mais, les senteurs étaient variées et pas toutes catholiques. Les TOXIC WASTE la méritaient bien cette première partie de deux monstres sacrés du rock and roll et du punk. A savoir les METAL URBAIN, ces SUICIDE punk métalleux de la fin des seventies qui réapparaissent 20 ans après juste pour le fun mais pour aussi tenter d'offrir une alternative non underground à la merde musicale environnante et les FLESHTONES, ces dandys venus des 80's faisant dans la old school bien déjantée. Que demander de mieux comme environnement pour nos DECHETS TOXIQUES lillois ! Sinon que du courant pour que les TOXIC WASTE déchargent leur énergie sans limitation. Et c'est ce qu'ils se sont employés à faire, nous balançant leur punk rock que certains habillent de mélodique, avec un feeling qui fait plaisir à voir. Que des tubes ! On se surprend sans cesse à gueuler en chœur leur refrain et à prendre plaisir à les regarder s'éclater. La route du rock and roll, les TOXIC commencent à la connaître et cela se voit. Tout se fait à fond de 5 et les virages sont bien négociés, sans perte de contrôle. Il manquait quand même un rappel. Pourtant il ne semblaient pas en panne d'essence, Timing oblige sans doute.

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Après le bitume et les métaux lourds ou radioactifs, voilà le métal en fusion ! METAL URBAIN, ce nom résonne encore dans mon crâne et est synonyme des boums de hard dans les MJC dans les années 74/79, ces endroits où l'on dégustait autant LED ZEP, The S. ALEX HARVEY BAND, les SEX PISTOLS, BIJOU, STARSHOOTERS et les METAL URBAIN. Que de souvenirs dans lesquels des braillards heureux hurlaient Paris Maquis. C'était il y plus de 20ans – Urps ! Leur reformation à la suite des BXN accompagne la sortie d'un double CD regroupant leurs œuvres. Plutôt que des CD, je parlerai plus volontiers de pièces de fonderie en fusion d'où sort un punk-électro-métal qui n'a rien à envier aux productions actuelles. Certes, ils ont pris un coup de vieux, certes des keupons sans doute sourds comme des pots (de bière) gueulaient car on n'atteignait pas les 120 décibels et que la bière ne coulait pas assez vite, certes, le chanteur avait un problème personnel grave qui l'empêchait de se donner à fond, mais c'était un putain de concert bien balancé d'une musique très actuelle avec des guitares monstrueuses, des machines à bruit fonctionnant à plein régime et, apport de la modernité, un portable à la pomme. Les pogos allaient bon train mais grand regret, le concert s'est stoppé net après Crève salope nous laissant sur le carreau, dead.

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Après ces maîtres de l'électro métal punk, ce style musical qui trouve d'ailleurs sa plénitude dans des groupes actuels comme DEAD COMBO, le chaînon manquant entre SUICIDE et METAL URBAIN, place au fun, au rock and roll, à une énergie bien brute tout en restant domptée avec ces faux ricains, ces immigrés du Queens que sont les FLESHTONES. Bien que polonais américains, on a l'impression de voir arriver sur scène des dandys anglais look popeux sur le retour à chemise strassée et brushing nickel. Sur le plan musical, rien de neuf, les FLESHTONES font dans un rock and roll sans fioriture ni tendances truc ou machin, mais projettent des skeuds très efficaces qui ont à leur époque, enflammés le CBGB, le Max's Kansas City et les rues new-yorkaises. Les FLESHTONES doivent se voir, leurs fougueux concerts doivent se vivre sous peine de rater une grande part de l'essence même du groupe. Comment imaginer derrière sa platine et ses enceintes que le chanteur et les gratteux (qui en font un max d'ailleurs), peut-être trop à l'étroit sur la vaste scène de l'Aéronef, ont été escalader le bar, laissant le batteur se démerder seul. A NYC, ils terminaient la soirée dans la rue, à Lille, c'est sur le zinc devant un parterre de fans plus ou moins intéressés si on en juge par les distraits qui apparaissent sur les photos (faites gaffe aux intégristes !!!).

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Les FLESHTONES, c'est du rock and roll live sans repos auditif et visuel et la reprise maison d'un Communication Breakdown copulant avec Whole Lotta Love vaut son pesant de décibels. Ce n'est pas pour rien que les spécialistes conseillent surtout leurs CDs live qui retranscrivent en 2D ces délires venus des 80's. J'arrête, la nostalgie risque de prendre le dessus.


Frédéric Loridant
mai 2004

Frédéric Loridant ©2004