SICK LIVERS - ASHTONES - GEE STRINGS

l'Urban Chaos
Lille le 16 avril 2004


Chaque cave/club lillois a sa propre personnalité et leur traduction en pixels varie suivant les lights animant les concerts qui font vibrer leurs murs. La Cave aux Poètes est riche en ocre, le CCL, en jaune ampoule de 60w, le Détour, en noir, la Malterie en rouge et en bleu. Bref, le tout est de découvrir la bonne couleur et de se l'approprier. L'Urban Chaos n'était encore inconnu jusqu'à ce fatidique 16 avril où SICK LIVERS, les ASHTONES, des figures lilloises, et les allemands GEE STRINGS allaient enflammer ce qui tient lieu de scène.

Situé à deux pas du Théatre Sébastopol, ce haut lieu de la culture bien pensante lilloise, la façade de l'Urban tranche net et ne paye pas de mine avec son noir délavé, ses fenêtres grillagées et surtout les gens qui s'y pressent un soir de concert. Le bourgeois voyant cela accélère le pas... Une fois dedans, tout change. Des centaines d'affiches aux noms prestigieux tapissent les murs, le bar est encombré et il faut le longer avant d'arriver au saint des saint avec sa scène débordante de matos. Difficile de faire les 6-7 mètres en moins de deux minutes. Pour en revenir aux lights, ces chers lights qui font tant pour la personnalité de ces temples souterrains du rock, ceux de l'Urban sont idéals pour une soirée lounge propice aux rencontres et plus si affinités. Pour des concerts keupons c'est autre chose au moins pour capter ce plus qui fait que... Et bien, en trois groupes et une idée de Mister R.P., l'âme de l'Urban semble avoir été croquée. SICK LIVERS a essuyé les plâtres, ASHTONES les a séchés et GEE STRINGS a bénéficié (ou plutôt ma boîte à images) du génie du lieu qui planait sur cette soirée.

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Les musicos qui montent sur la scène me sont loin d'être inconnus ; j'ai croisé plus d'une fois leur tête dans les concerts où l'on pogote. Les SICK LIVERS forment un quatuor à cordes, batterie et chanteur. Leur crédo, un rock "pounk" bien soutenu avec un chanteur très rock and roll à banane bien dressée (au moins au début !) qui gesticule dans tous les sens, confondant la scène et la salle, correspond parfaitement au Chaos de l'Urban. Dehors les bourgeois se pressent... à l'intérieur, les SICK LIVERS, comme apéritif, tiennent plus de la Chimay que de la Pils ! Et très vite la température est montée d'un cran, obligeant à de nombreuses libations...sur fond de riffs assoiffés. Les ASHTONES pouvaient pointer leur nez.

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ASHTONES, ce nom résonne souvent dans le virtuel Photorock. Impossible de m'en dépêtrer. Je connais leurs morceaux par cœur, leurs reprises sur le bout des doigts mais à chaque fois, c'est la claque. Leur rock RAMONES s'empare de votre esprit dopant la production de dopamine. Bref, le pied ! En plus, on a eu droit à un ASHTONES modifié, avec Fred 666 d'AMIANTE à la guitare qui faute de place jouait au diablotin avec les pogoteurs parfois soutenus directement par Gérard, ce chanteur au charisme certain. Sur la scène, on se pressait, Deborah coincée entre les amplis et son micro se prenait mes coups de flash sans sourciller, Max se cachait dans le noir absolu sans doute gêné d'avoir oublié son chapeau de scène et au fond, Olive taillait une bavette animée avec sa fidèle batterie la faisant partager aux autres. Bref le pied (bis).



Place aux GEE STRINGS après une pause bienvenue, le temps de faire un peu de place sur le plateau et de désaltérer un gosier asséché à force d'avoir hurler en chœur avec Gérard. Dehors, la nuit tombe, le théâtre Sébasto brille de mil feux. Dans l'Urban, les lights n'ont pas changé obligeant l'emploi du flash mais visiblement le petit écran LCD montrait des progrès dans l'approche de la lumière. Finalement, le choix de la demi seconde associée au cobra fut la solution et ce sont les GEE STRINGS qui servirent de cobayes avec succès. Les GEE STRINGS font dans du punk rock anglais 77 mais traité à la teutonne avec une chanteuse entreprenante. Leur rock dégomme grave et c'est l'ensemble de l'Urban qui pogote, le bar s'étant brusquement (presque) vidé (il y a toujours des irréductibles de la pompe) aux premiers riffs et vociférations de la chanteuse. Celle ci assure pleinement sa tâche en en rajoutant à en faire pâlir même Monsieur Plus. Et elle a ce don d'enflammer les mâles mais aussi les filles dont une, bien armée, s'en souviendra longtemps avec plaisir ! Voilà pour le côté lounge de l'Urban ! Par contre côté descente de houblon sur scène, c'est plutôt limité ! Pas grave, la salle s'est chargée de vider les trop-pleins.

Voilà une série de concerts déchaînant une ambiance que l'on aimerait retrouver plus souvent. Dehors, des gens toujours pressés passaient en face de la terne façade de l'Urban, cette scala du punk ; ils sortaient du Sébasto sans même savoir à quoi ils ont échappé. Pour certains, il est bon de les laisser dans l'ignorance. Pour moi,mes souvenirs m'attendaient, ma voiture aussi.

Bref le pied (ter)

Frédéric Loridant
avril 2004

Frédéric Loridant ©2004