ASHTONES - GEE STRINGS

L'Urban Chaos,

Lille, le 25 septembre 2004

Il est malade photorock, il radote ! Les ASHTONES et les GEE STRINGS, c'est déjà vu, c'est déjà passé, c'était à l'Urban Chaos le 16 avril 2004 exactement. Et bien non. Pour être malade, ça c'est sûr, la succession de concerts plus déjantés les uns que les autres ont eu raison de son équilibre biologique et des batman de virus en ont profité ! Pour radoter, c'est une autre histoire. Car quand on aime on ne compte pas et ce sont bien les ASHTONES et les GEE STRINGS qui occupaient la scène ce 25 septembre 2004 à l'Urban et ceux qui n'étaient pas là ont (encore) raté un grand moment de la scène lilloise et européenne.

Les ASHTONES ne chôment pas en ce moment. Assurant la promo de leur deuxième album non encore sorti et bravant le danger de se faire pirater des œuvres uniquement connues de quelques uns, le combo lillois aligne concerts sur concerts, tous différents, tous aussi prenant les uns que les autres. Ces subtiles variations qui font toute la force d'ASHTONES live attirent toujours et c'est devant un Urban bien rempli et les premiers riffs de Shit in my blood se sont vite immiscés dans tous les recoins des cerveaux qui tentaient de commander des corps de plus en plus désarticulés. Il n'en fallait pas plus pour transformer le public en un magma remuant d'où sortaient parfois une crête, des bras ou des jambes. L'addition des 37°c ajoutée à l'évaporation de la sueur transformèrent les lieux en une sorte de sauna sonique favorisant des jeux éroticorock&rolliens suggestifs d'où Déborah sortit vainqueur. "Sex, drugs and rock and roll", voilà en 6 mots une bonne description de ce qui s'est passé et c'est tout à l'honneur de Ian Dury. Seul nuage noir, un set beaucoup trop court ne comblant pas notre manque... Help ! Comment soigner une dépendance à l'ASHTONES ?

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Un dernier morceau sans rappel, un Gérard allongé au pied d'une Déborah triomphante et le set s'achève, place aux teutons de GEE STRINGS emmenés par Ingi, une chanteuse qui visiblement m'a pas peur de la scène et ni d'exciter les mecs présents même si c'est le batteur qui visiblement avait sa préférence ou avait besoin d'un remontant. Avec les GEE STRINGS impossible de s'ennuyer. Leur rock punk sent bon les expériences anglo-saxonnes du siècle dernier et les refrains sont assez accrocheurs et assez simples à retenir, suffisamment faciles à imprimer dans nos hémisphères bien atteints par les ASHTONES, pour être hurler en choeur avec Ingi. Du moins en théorie car dans la pratique, il y a eu du bourrage ou des pannes de cartouche d'encre, certains étant incapables de chantonner en rythme, sans doute étaient-ils plus habiles à loucher sur les courbes féminines du bas du dos (de la chanteuse bien entendu)... Mais peut-on leur en vouloir ? Le sex drug and rock and roll show entamé par les ASHTONES trouvait parfaitement sa suite avec les GEE STRINGS !

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Le dernier morceau sonne comme la fin d'un rêve, la fin d'un monde où le consensus s'est fait autour de décharges électriques vitalisantes. Les Marshalls se taisent, on se sent tout d'un coup, vide. Un dernier tour au bazar d'Ingi où l'on trouve des tee shirts à 2euros, et leur CD à 10. Mes derniers biftons disparaissent mais je suis content. Je ne suis pas le seul.


Frédéric Loridant
Septembre 2004

Frédéric Loridant ©2004