VEDETT - GHINZU

Le Grand Mix,

Tourcoing, le 2 novembre 2004

"Je suis KING JU, l'épouvantable épouvantail !" martelaient les STUPEFLIP. KING JU, GHINZU, ça sonne presque pareil, surtout en chantant, mais le sens est diamétralement opposé. Eventuellement, le groupe belge répondant au nom de GHINZU aurait pu faire fuir quelques oiseaux avec leur perruques afro, mais de là à être un épouvantable épouvantail, il y une sacrée marge. Mais avant d'en arriver là, VEDETT avait la lourde charge de montrer à un public RTL2 que le rock and roll sans doute écouté par le KING JU des STUPEFLIP existe encore et dérange.

VEDETT, trio baigné dans le rock and roll nous a plongé dans ses pénombres jaune havane, parfois rouge dans lesquelles scintillaient des étoiles. Pour un peu on se serait cru aux confins de la voie lactée et la fumée donnait à la scène des allures de nébuleuse. La salle était pleine et tous et toutes attendaient GHINZU. Et c'est sans doute surpris qu'ils ont découvert VEDETT et leur rock multi têtes. Hormis quelques irréductibles au pois chiche aussi ouvert qu'au moins 51% des ricains, la musique de VEDETT s'est bien infiltrée dans le gras des cerveaux leur permettant sans doute d'accéder pour un certain nombre, à d'autres univers que le triste monde formaté par ceux qui décident ce qui sera bien et Universal. Rock and roll multi VEDETT mais aussi rock and roll morphing car le groupe toujours à la recherche du plaisir s'offre le luxe d'explorer les multiples facettes de genre, les juxtaposant, les malaxant, les imbriquant jusqu'à en déstabiliser les auditeurs. Dans quel monde musical évolue t-on ? Difficilement classable, dérangeant sans doute mais plein d'idées développées par des musiciens de talent, VEDETT a justifié pleinement le slogan de Mère Denis : "VEDETT mérite votre confiance" ! N'en déplaise à la jeune fille de la presse locale.

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Après les riches nuances de VEDETT, place à GHINZU ou plutôt place aux derniers essais de balance, rien n'étant laissé au hasard. Et c'est sans doute là que le bât blesse, GHINZU fait dans une variété-pop-rock bien propre, efficace mais sans surprise. GHINZU appartient bien au genre du moment. Les mélodies sonnent juste et un léger côté rock rebelle vient rassurer les adeptes d'Amélie Poulain et des catalogues Ikéa. Bref c'est bien fait mais c'est bien trop clean, bien trop léché et bien trop produit pour arriver à se démarquer de tous ces groupes qui squattent le monde des médias. Une reprise de PRINCE volontairement cracra, un Purple Rain grincheux à mil lieues de la pensée du créateur m'empêcha de partir trop vite et ... ma curiosité fut récompensée ; le dernier morceau auquel un autre guitariste a participé, fut le seul où l'on a senti un soupçon de culture rock bien déjanté. Il a montré que GHINZU peut faire mieux. Mais bon, les fans ont aimé. Et les voir hurler quand le beau gosse de chanteur montait sur une enceinte pour faire une photo ou lorsqu'il s'adressait aux filles, prêtait à sourire. On se serait cru à SUPERBUS mais sans Jennifer.

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Frédéric Loridant
Novembre 2004

Frédéric Loridant ©2004