Les MAUVAISES LANGUES - GIRLS in HAWAII

Médiathèque de Lens,
le 19 décembre 2003


Les MAUVAISES LANGUES, GIRLS in HAWAII, Lens, mais que fais je donc ce soir à deux pas du stade Bollaert que les footeux connaissent ? En effet, pour ceux qui suivent de près ou de loin PHOTOROCK, mes sorties dans le monde de la pop sont généralement empreintes de déception face à ce genre fourre tout où l'on baigne trop souvent dans une soupe consensuelle estampillée groupe de l'année, avant garde machin ou nouvelle vague truc. Mais ce soir.... En fait c'est à l'invitation de François Delsart, le gourou des concerts de rock lensois (y a pas que le foot), père (avec d'autres) du festival Un Printemps en Hiver et d'autres concerts à la portée de toutes les bourses, voire gratuits, que j'ai délaissé un concert d'ANGE, pour venir traîner à la médiathèque de Lens.

La salle est intimiste, plafond bas, lumières presque tamisées, pas de scène et un contact direct avec le public. Cent cinquante personnes, pas une de plus, pas une de moins, s'était donnée rendez vous et à 20h15, les MAUVAISES LANGUES attaquent. "Attaquent" le mot est un peu fort. Les MAUVAISES LANGUES que j'ai déjà vu deux fois (Rock la Pop 2002, Sebasto 2003) se tiennent toujours à leur chanson française parfois teintée de rock ou plutôt saupoudrée d'un soupçon de rock qui finalement se laisse �couter sans heurt bien que ce ne soit absolument pas ma tasse de thé. Très pro, les MAUVAISES LANGUES se laissent emporter par leur chansons, emmenant avec eux un public tout acquis à leur cause et prêt à aller se noyer dans la fontaine qui sans doute ne m'a pas abreuvé, mais le temps d'un concert m'a désaltéré. Ils aiment ce qu'ils font et le courant passe. Que faut-il de plus pour ceux qui aiment le genre ?

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Le temps de changer de plateau et voilà les GIRLS in HAWAII. Pour les girls, on peut toujours attendre, ce sont tous des mecs ! Pour Hawaii, c'est pareil, à la place du soleil tropical, du ciel bleu et du sable blanc, on a juste eu droit de deviner l'île paradisiaque par une nuit sans lune ! Tout le concert s'est déroulé dans l'intimiste voire le noir total avec en bruit de fond des vidéos sans doute d'avant garde mais surtout sans grand intérêt. Bref, un groupe qui fait dans du GRANDADDY, les musiciens (timides ?) se cachant derrière des films opaques. Et bien cette atmosphère anti photographe, propice aux engourdissements et aux assoupissements pour les spectateurs, ne colle pas à la musique de GIRLS in HAWAII plutôt chaleureuse et intéressante. Et j'ai pris plaisir à ce concert. Soit, on ne baigne absolument pas dans un océan déchaîné de décibels mais plutôt dans un lagon bordé de plages paradisiaques où l'on pourrait croiser les 110 bonnet C des maîtresses nageuses de Sons of the Beach ou éventuellement la moustache de Magnum. Parfois la voix du chanteur a des intonations à la JOE JACKSON et les mélodies sans faille font voyager, tintent agréablement dans les oreilles et produisent de la dopamine. De savants dérapages presque psychédéliques viennent casser les rythmes et animent franchement le concert emmenant le groupe et le public dans des contrées propices aux délires.

Finalement, c'est de la bonne pop non mielleuse, empreinte il est vrai d'un tas de clichés mais on se laisse facilement emporter par ces vagues musicales invitant à la rêverie et aux voyages. Mais que diable, pourquoi habiller ce concert avec des pseudo vidéos artistiques, créations aujourd'hui éculées et sur-explorées/exploitées dans les années 80 dans toutes les écoles et mouvements se disant d'avant garde et qui donnent un look bobo branché consensuel fort déplaisant. Heureusement l'habit ne fait pas le moine et un peu de soleil sonore à défaut d'être visuel, colore un peu la morosité climatique et ambiante de décembre.

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Fred Loridant
D�cembre 2003

Fred Loridant ©2003


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